Tour de France 2026 | Eddy Merckx : "Tadej Pogacar ne va pas se contenter d'égaler le record..."

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Vainqueur de son cinquième Tour de France dimanche, Tadej Pogacar est le nouveau corecordman de l'épreuve. Il rejoint quatre illustres anciens champions, dont Eddy Merckx. Le Belge, toujours aussi impressionné par les accomplissements du Slovène, le voit aller encore plus loin pour devenir seul détenteur du record de victoires. Aucun défi n'est impossible pour lui aux yeux de Merckx.

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Du "Big Four" au "Club des cinq". Eddy Merckx, comme Jacques Anquetil, Bernard Hinault et Miguel Indurain, voit ce dimanche un nouveau membre se greffer à leur petit comité. Tadej Pogacar est des leurs à présent, après avoir conquis son cinquième Tour de France ce dimanche sur les Champs-Élysées. À 80 ans, le Cannibale a suivi de près le dernier sacre en date du Slovène, pour qui il ne croit pas que ce soit la fin de l'histoire. "Je le félicite, mais je ne pense pas qu'il se contente de m'égaler moi et les autres. Il va vouloir améliorer le record de victoires sur le Tour", a-t-il confié dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport.
Ces dernières années, mais également ces trois dernières semaines, Tadej Pogacar a parfois été comparé à Merckx pour l'ampleur de sa domination, sur le fond comme sur la forme. Il est une sorte de lointain héritier. Mais pour l'octogénaire icône belge, comparer n'est jamais une bonne idée. "Chaque époque a ses champions, je n'aime pas les comparaisons, plaide-t-il dans le quotidien italien. Bien sûr, dès son passage chez les pros, il était évident qu'il avait un talent exceptionnel. Enfin, je ne pensais peut-être pas qu'il deviendrait aussi impressionnant."
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Il est pourtant un autre point commun entre Merckx et Pogacar. L'un et l'autre ont parfois suscité une forme de rejet de la part du public au fur et à mesure qu'ils alignaient les victoires, souvent écrasantes. Si le Slovène n'a pas connu d'épisode semblable à celui du coup de poing reçu par l'ancienne star des années 70, il a parfois été sifflé durant ce Tour de France. Un phénomène qui doit peut-être, aussi, aux circonstances. Pour Eddy Merckx, peut-être le public français espérait-il voir le jeune Paul Seixas menacer un peu plus nettement Tadej Pogacar, avant de comprendre assez vite que ce ne serait pas le cas.

Les trois grands tours en une année ?

"Les gens veulent du spectacle, ils s'enthousiasment pour les duels, mais quand il passe à l'attaque, il domine et n'a plus de rivaux, donc tout ça manque un peu de suspense, souligne Merckx. Mais c'est ce qui m'est arrivé aussi quand j'ai défié Anquetil et Poulidor, les favoris locaux, et cette année, les Français ont Seixas en tête : peut-être s'attendaient-ils à ce qu'il soit plus proche de Pogacar." En réalité, personne n'était capable d'être proche de lui et l'abandon de Jonas Vingegaard n'a fait que renforcer ce sentiment.
Et maintenant, quelle suite pour "Pogi" ? Non seulement le Cannibale le voit dépasser ses cinq maillots jaunes et ceux d'Anquetil, Hinault et Indurain, mais il le croit capable d'écrire d'autres pages de légende. Y compris ce pari un peu fou, sorte de fantasme ultime du cyclisme : remporter les trois grands tours dans une même année. Rappelons tout de même qu'à ce jour, Tadej Pogacar n'a toujours pas remporté la Vuelta, qu'il n'a disputée qu'une seule fois, en 2019. Il avait alors pris la troisième place. Il ne fait donc pas encore partie de cet autre club très fermé, celui des vainqueurs des trois grands tours… sur l'ensemble de sa carrière. Contrairement à Jonas Vingegaard, Chris Froome ou, bien évidemment, Eddy Merckx.
Pour ce dernier, rien n'est inaccessible par principe au talent slovène. "S'il y a bien quelqu'un qui peut arriver à remporter les trois grands tours, c'est lui, juge-t-il. Je pense que si les conditions sont réunies, il peut le faire. Le Giro a lieu en mai, il a donc deux mois pour se préparer pour le Tour et presque deux autres pour être prêt pour l'Espagne. S'il n'a pas de problèmes de santé, il peut maintenir sa forme trois fois trois semaines. Mais il aurait absolument besoin d'être soutenu par une équipe très solide, avec un effectif de coureurs variés, qui savent bien gérer les courses pour éviter une fatigue inutile sur des étapes qui paraissent faciles." Pas sûr tout de même qu'il ait l'envie de se lancer dans une telle aventure.
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