Tour de France 2026 | En quête d'un 5e sacre record, Tadej Pogacar peut écrire l'Histoire en marchant (ou presque)

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Ce samedi, Tadej Pogacar entamera, plus que la défense de son titre, la conquête d'un cinquième Tour de France évidemment historique. Une victoire dans un peu plus de trois semaines et il serait l'égal de Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Personne n'imagine une autre issue tant sa marge semble grande et même les obstacles dans sa préparation ne changent rien.

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A force de n'avoir d'yeux que pour Paul Seixas, on en oublierait presque que le Tour de France 2026 peut permettre à Tadej Pogacar d'entrer dans un club fermé depuis 32 ans et l'ultime sacre du grand Miguel Indurain. Un certain Américain a bien tenté d'y entrer par effraction et même de s'y construire un coin juste à lui mais il fut bientôt éjecté à grands coups de pied. Le club reste select et c'est avec l'Histoire que Pogacar a rendez-vous. Sa domination autant que sa saison donnent pour autant une tout autre impression.
Le double champion du monde n'a ni le caractère de Bernard Hinault, ni l'aura d'Eddy Merckx, ni le mysticisme qui entoure un peu Jacques Anquetil. Le temps fera son œuvre et donnera à la sienne la valeur qu'elle mérite, et que l'on mesure déjà un peu par certains aspects au gré d'accomplissements que l'on a, pour certains jamais vus, pour d'autres seulement dans la gueule d'un Cannibale. Pogacar est le champion ultime de notre époque, l'homme du XXIe siècle et le successeur, au moins, de Merckx. En ajoutant Milan-Sanremo à son palmarès, il a rêvé des cinq Monuments la même saison mais Paris-Roubaix se refuse encore à lui et c'est tant mieux.

A peine a-t-on eu le temps de hausser le sourcil

Les classiques dessinent les courbes de sa saison avant qu'il ne soit forcé d'entrer dans une période que le Slovène aime moins, celle des grands tours et de leur monotonie. A qui devrait-il reprocher la longueur de ces jours, si ce n'est à lui ? Il a pris le départ du Tour de Romandie, y a gagné quatre étapes sur six et le général. En Suisse, ce fut trois succès et 6'32'' (!!) d'avance sur Richard Carapaz au bout des cinq étapes au programme. 
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Si ces dix victoires en autant de jours de course ont choqué qui que ce soit, la personne est priée de se faire connaître. A peine a-t-on eu le temps de hausser le sourcil face à un corps qui trahissait peut-être un ou deux kilos de trop, et des chiffres qui ne disaient pas encore tout, que Pogacar soufflait les doutes. Le voilà plus fit que jamais, tout aussi destructeur que depuis deux ans. Si l'on devait résumer sa saison jusqu'ici, on passerait vite sur la Romandie et la Suisse pour se concentrer sur Sanremo, les Flandres, Roubaix et probablement un peu de Paul Seixas en Toscane ou dans les Ardennes belges.

La chute d'Urka Zigart l'a bousculé

En l'absence de confrontation avec ce dernier depuis Liège-Bastogne-Liège, la fin de printemps de Pogacar a manqué de sel. Privé de son alter ego Jonas Vingegaard concentré sur le Giro, le leader d'UAE Emirates-XRG n'a même pas eu ce duel à se mettre sous la dent. Il a fallu, et c'est bien triste, un événement extérieur pour venir perturber sa deuxième partie de saison. La chute violente d'Urska Zigart, sa compagne, sur la 2e étape du Tour de Suisse, l'a évidemment bousculé.
Non pas qu'elle l'a empêché d'écraser la course donc, mais on connaît assez l'importance de celle avec qui il partage sa vie monégasque pour comprendre que Pogacar a dû connaître quelques mauvaises nuits. Pour passer du temps à ses côtés, le Slovène a même séché l'ultime stage en altitude de son équipe. "Et alors ?" serait-on tenté d'ajouter puisque si, enn d'autres circonstances, et pour un autre coureur, on se poserait la question des conséquences, on sait que pour lui cet accroc n'en aura pas.
Tadej Pogacar a supprimé l'échec de son logiciel, et du nôtre en passant. Quand il s'agit de lui, on connaît d'avance le résultat et l'on en vient même parfois à ignorer la manière tant elle est, elle aussi, sans surprise malgré les folies qu'il entreprend de temps en temps. Sans nouvel accroc de type chute, nul n'imagine qu'il ne triomphera pas d'un cinquième Tour de France. Ce serait aussi historique qu'incroyablement banal.
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