Tour de France 2026 I 1re étape I La règle qui change tout : pourquoi ce chrono par équipes à Barcelone est si attractif

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Il n’avait plus été revu sur le Tour de France depuis 2019. Le contre-la-montre par équipes fait son retour sur la Grande Boucle et par la grande porte, puisqu’il ouvrira la plus grande course du monde ce samedi à Barcelone. Avec un nouveau format qui valorise à la fois l’individuel et le collectif. Et qui promet déjà, sur un tracé idéal, une première explication à distance entre les favoris.

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Les puristes ont déjà eu un avant-goût du menu savoureux qui les attend ce samedi à Barcelone. Pour les autres, ce sera peut-être une découverte, et elle ne devrait pas leur déplaire. Le contre-la-montre par équipes est l’une des grandes attractions du Tour de France 2026. Ou plutôt son nouveau format, déjà testé depuis 2023 sur Paris-Nice, et encore expérimenté récemment sur le Tour Auvergne – Rhône-Alpes. C’est difficile de ne pas le trouver séduisant, au-delà de son aspect télégénique.
Parce que la règle a changé. Il n’est plus question de prendre le temps sur le quatrième ou cinquième coureur qui franchit la ligne et de l’attribuer à toute l’équipe. Désormais, "le classement de l’étape s’établit pour chacune des équipes sur le temps réalisé par le premier coureur de chaque équipe. Au classement général individuel, le temps réel de chaque coureur (sera) pris en compte", comme l’indique l’article 24 du règlement du Tour de France.
Concrètement, il ne faut plus s’attendre à voir les équipes s’attacher à conserver un maximum de coureurs jusqu’à la ligne d’arrivée, ou réguler leur allure si certains de ses éléments sont en difficulté. L’idée, c’est d’économiser son leader sur l’essentiel du parcours afin de le placer sur orbite pour qu’il parte seul dans le final, et tenter de réaliser le meilleur temps possible pour son classement général. La stratégie est donc un peu plus tournée vers l’individuel. Mais elle repose aussi sur la qualité collective.
Ce chrono de Barcelone devrait parfaitement mettre en valeur ce nouveau format. "On a d'abord 15 kilomètres très plats où le travail d'équipe va être primordial avec des grands rouleurs pour prendre de la vitesse, détaille Thierry Gouvenou, responsable du parcours, pour l’AFP. Et puis la deuxième partie où on a deux côtes. Une première de 1 km à 5% où il faudra garder de la main d'oeuvre pour la descente. Et une seconde de 800 mètres à 7% pour lancer les leaders. On va avoir quelque chose de très dynamique, difficile à gérer pour les équipes. Mais c'est un peu ce qu'on souhaite."

Un format qui "représente vraiment ce qu'est le cyclisme"

Car ça favorise, déjà, une explication à distance entre les têtes d’affiches de ce Tour de France. Bien plus que sur le chrono par équipes du dernier Paris-Nice, où l’arrivée à Pouilly-sur-Loire n’était pas suffisamment sélective pour permettre aux leaders de faire des différences sensibles. "Pour que ce soit visuel et bien compris, il faut qu'il y ait une vraie côte à la fin où les leaders s'arrachent pour aller chercher quelques secondes", explique Thierry Gouvenou.
Les écarts étaient déjà un peu plus importants sur celui du Tour Auvergne – Rhône-Alpes avec la bosse finale de Perreux (800 m à 6,3%) au bout d’un tracé de 28,4 kilomètres. Celui de cette 1re étape du Tour de France sera plus court (19,6 km), mais pas moins exigeant. "Il y a aussi beaucoup de passages sinueux avant les deux bosses, souligne Steve Chainel, consultant pour Eurosport. Il faudra être assez groupé, il ne faudra pas qu’un coéquipier fasse une relance trop vite parce que ça peut mettre à mal son leader. C’est vraiment un très bel exercice, et il peut déjà y avoir quelques petits écarts."
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Un exercice minutieusement préparé par toutes les équipes. En particulier la Netcompany Ineos, victorieuse du chrono par équipes sur le Tour Auvergne – Rhône-Alpes, qui pourra s’appuyer sur des spécialistes avec Filippo Ganna, Joshua Tarling ou Thymen Arensman. "On a les plus gros rouleurs dans notre équipe, c’est sûr qu’on est en haut de l’affiche, reconnaît le leader Kévin Vauquelin, qui devrait être le dernier étage de la fusée et pourrait ainsi prendre le premier maillot jaune. Probablement... Le mot d’ordre, c’est de couper la ligne d’arrivée le plus vite possible. Si c’est moi, tant mieux."
Tous les prétendants pour le classement général auront le même objectif, à commencer par le grand favori, Tadej Pogacar (UAE Emirates – XRG). Parce que ce format est l’occasion de marquer le coup face à la concurrence. Mais aussi de valoriser ses équipiers au-delà du succès individuel. "J'adore cette version parce qu'elle représente vraiment ce qu'est le cyclisme : un sport individuel qui se pratique en équipe, résume Christian Prudhomme le directeur du Tour. On n'aurait jamais remis un contre-la-montre par équipes s'il n'y avait pas eu cette règle-là." Et Barcelone ressemble à l’endroit idéal pour lui donner ses lettres de noblesse.
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