Tour de France 2026 I Le Tour du Jour : Un Ballon d’air frais

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Le week-end est bien lancé. Les attaquants ont obtenu leur bon de sortie et assuré un beau spectacle sur la route de Belfort vendredi, lors de la 14e étape du Tour de France. Un scénario atypique et rafraichissant appréciable de bout en bout, assez trépidant dans le Ballon d’Alsace, jusqu’à la victoire de Mauro Schmid au terme d’un final indécis. Les favoris ont suivi ça de loin. Tant mieux.

Schmid plus fort que Tejada au sprint : l'arrivée à Belfort

Video credit: Eurosport

Le fait du jour : Un vent de fraîcheur, ça fait du bien

Comme l’ensemble de la France, le peloton respirait un peu mieux aujourd’hui. Une fraîcheur plus prononcée dans les températures qui s’est traduite dans l’étape du jour. Après les scénarios relativement classiques des deux dernières journées, c’est parti dans tous les sens, comme prévu, sur une course que les attaquants avaient coché avec la bienveillance de favoris définitivement tournés vers le week-end. Voir 57 hommes à l’avant dans une étape du Tour de France, c’est rare et appréciable.
Il y en avait pour tous les goûts. Même pour les sprinteurs. Jasper Philipsen, Biniam Girmay et Mads Pedersen ont pris part à l’échappée du jour pour se disputer les points du sprint intermédiaire. Il restait quasiment 25 kilomètres avant la ligne quand on a vu Philipsen rouler à bloc en tête d’un premier groupe pour éviter le retour de Pedersen, relégué dix secondes derrière. Sans succès, mais il est quand même passé en tête à Mélisey. Surtout le côté atypique de la situation était déjà réjouissant.
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Une poursuite de 60 km : Pedersen et Girmay rejoignent Philipsen pour former une échappée XXL

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Et puis il y a eu cette course de mouvements, des offensives incessantes dans le Ballon d’Alsace, des coureurs qui bluffent, d’autres qui tentent d’en profiter, un suspense jusqu’au bout de la dernière ligne droite. Les favoris ont regardé ça de loin. UAE l’a bien voulu. Ça laisse tout de suite beaucoup plus de place à l’incertitude quand les équipiers de Tadej Pogacar restent sages. Comme un bon bol d’air bien frais pour mieux savourer l’explication attendue samedi et dimanche. 

Le(s) grand(s) perdant(s) : Le coup d’épée dans l’eau des Bleus

Ce n’est vraiment pas faute d’avoir essayé. Les Français savaient qu’il y avait une opportunité à saisir sur cette étape favorable à une échappée. Ils étaient nombreux à l’avant de la course. On en totalisait 12 dans l’échappée de 57 formée quand les deux qui avaient faussé compagnie au peloton se sont rejoints. Et encore trois parmi les dix rescapés au sommet de la dernière difficulté du jour, le Ballon d’Alsace : Kévin Vauquelin (Netcompany Ineos), Jordan Jegat (TotalEnergies) et Clément Braz Afonso (Groupama FDJ United).
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Vauquelin : "Quand le coup part avec Schmid et Tejada, je n'ai pas la vitesse"

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Mais comme toujours depuis le début de ce Tour, il a manqué un petit quelque chose pour qu’un Tricolore lève enfin les bras sur cette Grande Boucle. Vauquelin et Jegat ont bien tenté un baroud d’honneur, mais c’était trop tard. Harol Tejada (XDS Astana) et Mauro Schmid (Jayco AlUla) avaient déjà faussé compagnie au reste des fuyards pour de bon. À l’arrivée, les Français n’ont signé qu’un tir groupé : Vauquelin 6e, Jegat 7e et Braz Afonso 8e. Un maigre butin pour récompenser leur initiative. 

L’image du jour 

Mauro Schmid y a mis la manière pour signer sa toute première victoire sur le Tour de France. Jusqu’à son passage sur la ligne d’arrivée, célébrée par une petite figure de style en levant sa roue.

On a aimé

Mads Pedersen. Parce qu’il a encore pris la bonne échappée pour aller jouer les points du maillot vert au sprint intermédiaire, où il n’a été battu que par Jasper Philispen. Et il ne s’est pas relevé après avoir été repris par le peloton. Il a continué à rouler avec les Lidl-Trek, prenant même la tête du peloton dans le Ballon d’Alsace. La tête, le cœur et les jambes. Un état d’esprit exemplaire. C’est l’équipier modèle, et tellement plus que ça.
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Philipsen vainqueur d'un sprint intermédiaire royal face à Girmay et Pedersen

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Voir les UAE Emirates-XRG enfin laisser filer une échappée. Nous ne mentirons pas, nous avons eu un peu peur en les voyant rouler sur tout le monde ou presque en début d'étape. Se sont-ils faits piéger quand les 37 sont sortis, ont-ils accepté de laisser un groupe sortir avec Tim Wellens et Brandon McNulty ? Eux seuls le savent mais en 2026, nous en sommes un peu réduits à ça : apprécier quand UAE laisse un peu de liberté aux fuyards.
Le bon coup de Pidcock. On n’avait pas exclu quelques mouvements au classement général, mais on n’envisageait pas vraiment que Tom Pidcock se retrouve au pied du podium à l’arrivée à Belfort. Et il ne s’en est fallu que de 9 secondes pour qu’il en occupe la troisième place. Le Britannique a parfaitement exploité le scénario de la journée pour signer une magnifique opération.
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Pidcock : "Le classement général, ce sera du bonus"

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On n’a pas aimé

Alaphilippe a sauté trop vite. C’est vrai qu’il avait fait sa part d’efforts pour constituer l’échappée. Julian Alaphilippe était parmi les attaquants, et cela ne laisse jamais insensible. Mais cela n’a pas duré assez longtemps. Le Français a été distancé dès la première difficulté du jour, le Col de la Croix (3e cat.). Et laissé les fuyards poursuivre l’offensive sans lui. Dommage.

Le chiffre : 60

Cela faisait un petit moment qu’un Suisse n’avait pas remporté une victoire d’étape sur le Tour de France. La dernière fois, c’était en 2020, avec le succès de Marc Hirschi à Sarran. Mauro Schmid a mis fin à six ans de disette et permis à sa nation de s’imposer pour la 60e fois sur la Grande Boucle.
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"Schmid et Tejada ont bien joué le coup, ils ne se sont pas arrêtés"

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La décla : Tadej Pogacar (maillot jaune du Tour de France

C’était un avantage pour nous d’avoir Tom [Pidcock] à l’avant, car cela obligeait les autres équipes à rouler en poursuite. Nous avons pu rester dans les roues durant les 30 derniers kilomètres.
Juste pour savoir
On se demandait pourquoi la Jayco AlUla avait multiplié les attaques et condamné un retour de Michael Matthews, son élément le plus rapide, dans le Ballon d’Alsace. Qu’aurait-on dit si Schmid n’avait pas coupé la ligne d’arrivée en premier ?
Kévin Vauquelin à l’avant de la course. Sans souci mécanique. Et avec de très bonnes jambes. Et si la roue avait enfin tourné pour le Français, franchement maudit depuis le début du Tour ?
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