Tour de France 2026 I Les débats du Tour : Paul Seixas sera-t-il le dernier coureur à suivre Tadej Pogacar sur les pentes du Tourmalet ?
Mis à jour 09/07/2026 à 00:00 GMT+2
La Decathlon CMA CGM a décroché sa première victoire sur cette édition de la Grande Boucle grâce à Olav Kooij à Pau. Pour autant, peut-on dire que l’équipe française a d’ores et déjà réussi son Tour de France ? Le scénario du jour indique-t-il qu’on est condamné à l’ennui sur les étapes de plat ? Et Paul Seixas sera-t-il le dernier à suivre Tadej Pogacar jeudi ? Voici nos débats du Tour.
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Video credit: Eurosport
Decathlon CMA CGM a-t-elle déjà réussi son Tour ?
Par Vincent Brégevin
Le pari Kooij est gagnant. Pour moi, Decathlon CMA CGM avait d’autres options que d’aligner le Néerlandais, dans le sens où elle n’a pas les atouts dont dispose la Soudal Quick-Step ou l’Alpecin - Premier Tech pour entourer son sprinter. Elle pouvait choisir un coureur plus polyvalent, ou un grimpeur, pour épauler encore davantage Paul Seixas en montagne, quitte à faire une croix sur les sprints. Le choix me semblait ainsi assez audacieux. Et je constate qu’il est déjà fructueux.
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Evidemment, c’est surtout Paul Seixas qui est attendu dans cette équipe. Mais je n’oublie pas qu’il a 19 ans, qu’il n’a jamais fait de Grand Tour, et qu’il est là pour apprendre. Et au fond, cela symbolise assez mes attentes pour Decathlon CMA CGM, même si son succès appelle l’exigence. Elle a beaucoup d’ambitions mais sa stratégie n’était pas sans risque. Pour moi, une victoire d’étape aurait déjà été un bon bilan. Je l’attendais plutôt de Seixas. Elle est déjà venue grâce à Kooij. En ce sens, je considère que son Tour est déjà une réussite. Même si, au fond, je sais qu’elle peut faire encore mieux.
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Par Jean-Baptiste Duluc
Decathlon CMA CGM est-elle venue pour jouer les étapes sur le Tour de France ? Non. Partant de là, gagner une étape au sprint avec Olav Kooij valide leur choix – logique - de prendre le Néerlandais sur la Grande Boucle, oui, et il est toujours positif de gagner, encore plus sur le Tour, évidemment. Mais pour réussir son Tour, Decathlon CMA CGM va surtout devoir accompagner Paul Seixas vers les sommets, et se montrer à la hauteur du prodige tricolore.
Qu’il finisse sur le podium ou dans le top 10, ou même qu’il craque complètement en dernière semaine, ce Tour de France est une prise de marques pour l’avenir, pour Seixas comme la formation française. Decathlon doit montrer qu’elle a les épaules et les hommes pour l’entourer sur la plus grande course du monde, qu’il soit dans un grand jour ou dans un jour sans. C’est là qu’on voit une grande équipe comme est en train de le devenir Decathlon CMA CGM. Si elle y parvient, et que Seixas évite une grosse défaillance, alors oui elle aura réussi son Tour. Peu importe que Kooij gagne une étape. Après s’il en gagne trois ou quatre…
Est-on condamné à l’ennui sur les étapes de plat ?
Par Jean-Baptiste Duluc
Ce n’est pas une nouveauté : plus personne n’ose partir en échappée sur les étapes de plaine. L’intérêt n’y existe plus, avec des étapes encore plus taillées pour sprinteurs et donc encore moins susceptibles de favoriser une échappée victorieuse. Les équipes de sprinteurs sont trop nombreuses, trop centrées autour de leur sprinteur, pour qu’il y ait aujourd’hui la moindre chance d’aller au bout.
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Video credit: Eurosport
Pourtant, si les équipes qui n’ont pas le moindre sprinteur – à savoir EF Education Easy-Post, Movistar, Pinarello Q36.5, Groupama-FDJ United, Tudor - s’associaient à l’inusable Baptiste Veistroffer, le débat serait peut-être différent. Mais l’absence de volontaire résume aujourd’hui les étapes de plaine à une longue procession jusqu’au sprint, sauf à avoir un coup de pouce météorologique. Vu le climat actuel, ça n’est pas la tendance et l’ennui parait garanti. En tout cas dans cette première semaine. La fatigue aidant, le scénario pourrait changer ensuite. Mais, en attendant, les étapes de plaine se résumeront au sprint final, à rien d’autre.
Par Emile Pawlik
Je suis globalement assez d'accord avec la réponse de Jean-Baptiste. Mon caractère résolument optimiste me pousse à croire que l'on aura sûrement droit à des étapes un peu plus animées que celle de ce mercredi. Ça arrivera sûrement à nouveau dans les trois semaines, car il faut aussi penser aux coureurs qui ramassent des températures caniculaires depuis le départ de Barcelone.
Mon espoir de voir un autre scénario réside dans le discours volontaire de Baptiste Veistroffer. Le Breton clame haut et fort son respect de la course, et surtout son envie de se porter à l'avant. Aussi, l'équipe Total Energies – pour ne citer qu'elle – est en recherche de sponsors et aurait tout intérêt à se lancer dans des échappées fleuves pour montrer le maillot. J'espère que l'on aura un scénario comme celui de Châteauroux avec des coureurs forts qui se portent vers l'avant pour lancer le bras de fer, c'était Mathieu van der Poel et Jonas Rickaert. Mais lorsque l'on a vu Fred Wright et Kasper Asgreen lancer une contre-attaque, on a eu quelques frissons. Espérons voir des gaziers de la sorte nous sortir de la sieste. Sinon ça va être long, et il faudra s'y résoudre.
Seixas sera-t-il le dernier à suivre Pogacar sur la 6e étape ?
Par Vincent Brégevin
J’en rêve, même de le voir finir devant Tadej Pogacar à l’arrivée à Gavarnie-Gèdre. Mais je n’arrive pas à croire à ce scénario. Il n’y a pas de repère pour ça. C’est le premier Tour de Paul Seixas, sa première grosse étape de montagne sur la course la plus exigeante du monde. Pour moi, c’est compliqué d’imaginer qu’il puisse être le dernier à suivre le Slovène. Dans le Top 5, oui. Mais deuxième, je pense que c’est tout simplement trop tôt pour le Lyonnais.
Déjà parce qu’il y a Jonas Vingegaard. Jusqu’à preuve du contraire, c’est le meilleur des autres. Et le Danois a une équipe habituée à lutter contre UAE quand les équipiers de Pogacar ont décidé de tout faire exploser en haute montagne. Il est mieux armé que Seixas, individuellement et collectivement. Et si ce n’est pas Vingegaard, je vois peut-être plus Isaac Del Toro que Seixas pour finir derrière le Slovène, même s’il sera mis à contribution dans le travail collectif. J’imagine le Français terminer devant Remco Evenepoel et Juan Ayuso. Et franchement, ce serait déjà une très grosse performance.
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Avec l'enchaînement Aspin-Tourmalet, un deuxième Tour commence : le profil de la 6e étape
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Par Emile Pawlik
Je le crois, oui. Parce que, déjà, j'ai envie de rêver. Que l'on suit le sport pour ça et que comme nous le disions en avant-Tour, ce coureur invite au songe. Ensuite, si l'on sort de notre léthargie et que l'on redescend les pieds sur terre, il y a des raisons objectives de pouvoir penser que Paul Seixas sera le dernier à laisser partir Tadej Pogacar. Jonas Vingegaard a prévu son pic de forme pour la dernière semaine et a confié qu'il savait qu'il serait un poil en-dessous en ce début de course. Paul Seixas, lui, sur l'excitation de son premier Tour a déjà prouvé à Liège être en mesure de suivre le Slovène et pourrait être le plus à même à se mettre dans le rouge pour accrocher la roue de son insaisissable adversaire.
Alors, attention je le dis d'emblée : il y aura un monde d'écart ce jeudi entre Tadej Pogacar et le reste du peloton. Mais je peux volontiers imaginer le quadruple vainqueur du Tour attaquer après un ultime relais d'Isaac Del Toro, et voir le Français être le dernier à accrocher sa roue. Ça ne durera pas longtemps, mais la promesse de Decathlon CMA CGM va envoyer un message sur les pentes du Tourmalet, qu'il connaît comme sa poche. Jeudi, nous saurons, mais personnellement j'y crois et j'ai hâte.
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