Tour de France 2026 | Il y a 6 ans, l'avènement surprise de Pogacar : "Son objectif, c'était le… Top 5"

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En conservant son maillot jaune mercredi à l'issue de la 11e étape du Tour de France, Tadej Pogacar a enfilé la tunique pour la 61e fois, une de plus que Miguel Indurain. Il y a six ans, le Slovène l'endossait pour la première fois à l'issue du chrono de La Planche des Belles Filles. Alexander Kristoff et Davide Formolo, ses coéquipiers en 2020, racontent cette victoire inattendue, même pour eux.

Pogacar : "Je me suis chié dessus, je me voyais déjà au sol"

Video credit: Eurosport

Primoz Roglic doit encore se demander ce qu'il a bien pu se passer entre les 19e et 20e étapes du Tour de France 2020 et comment la victoire a pu lui glisser entre les doigts. Sans doute lui a-t-il plus d'éléments que nous mais de ce côté-là des barrières, la réponse tient en un prénom et un nom : Tadej Pogacar. Désormais le troisième homme à avoir porté le plus souvent le maillot jaune, le Slovène a marqué l'histoire de la Grande Boucle mais au départ de l'édition 2020, il n'est personne, ou presque.
Devenu directeur du Tour de Norvège qu'il espère bien pouvoir relancer en 2027, Alexander Kristoff nous a livré, quelques semaines avant le Tour de France, un aveu que l'on a peine à croire quelques années plus tard. "Nous étions nerveux parce que nous avions connu un sale Tour l'année précédente", confie le Norvégien. En effet, ni Dan Martin, ni Fabio Aru n'avaient réussi à peser sur le général. Heureusement, la pépinière émiratie couvait alors un sacré talent.
J’avais déjà signé pour UAE fin 2019 et ils m'avaient parlé de ce garçon
"J’avais déjà signé pour UAE fin 2019 et ils m'avaient parlé de ce garçon très prometteur, remet Davide Formolo. Sur la Vuelta, je me souviens que je voyais le peloton le poursuivre, c’était vraiment quelque chose d’incroyable (Pogacar terminera 3e du général)". Entre-temps, le Covid passe par là et met le monde à l'arrêt. Deuxième de l'UAE Tour avant la pause forcée, "Pogi" revient avec une 13e place aux Strade Bianche et une 12e à Milan-Sanremo avant de terminer 4e du Dauphiné derrière Daniel Felipe Martinez mais aussi… Thibaut Pinot et Guillaume Martin. Du très prometteur pour un coureur de 21 ans mais rien qui permettait d'imaginer la suite.
"Au départ, l’objectif de Tadej était de terminer dans le... Top 5 du classement général", raconte d'ailleurs Alexander Kristoff. La présence de ce dernier trahit d'ailleurs les ambitions éclatées d'UAE à l'époque. Sa victoire et son maillot jaune sur la Promenade des Anglais le premier jour valide le choix et enlève un peu de pression au reste du collectif, Pogacar compris, si tant est que celui-ci, surtout à l'époque, ait pu connaître la définition du terme.
Même la bordure dans laquelle il fut pris vers Lavaur n'avait pas changé grand-chose au bonheur qu'avait "Pogi" d'être sur le Tour de France. "On prenait les choses au jour le jour, on s’amusait, avoue Kristoff. Il n’était pas vraiment stressé, même s’il perdait du temps." On ne le saura que plus tard mais la grosse minute perdue ce jour-là sera, paradoxalement, une bascule dans son Tour de France. Après d'excellentes Pyrénées, notamment marquée par la première de ses 24 victoires de juillet, le Slovène est revenu à 44 secondes de Primoz Roglic mais il est toujours 7e du général.

Prudence et volonté de se cacher

À l'intérieur de l'équipe UAE, l'appétit vient en mangeant et l'on commence à penser au podium et peut-être même à mieux. Car aux Emirats, on a un plan. C'est, du moins, ce qu'assurent ses coéquipiers. "Il y avait beaucoup de prudence et de volonté de cacher le plus longtemps possible la vraie force de Tadej", dit Davide Formolo. Le Tour avançant, Pogacar élimine un à un les coureurs qui se trouvent entre lui et le maillot jaune jusqu'à se livrer de jolis duels avec Primoz Roglic. 
Plus âgé que son compatriote, sûr de sa force, le futur battu ne se méfie pas. Peut-être l'issue aurait-elle été différente si son plus proche rival avait été d'une autre nationalité. "Peut-être qu’ils (l'équipe de Roglic, ndlr) l’ont un peu sous-estimé", estime Alexander Kristoff six ans plus tard. Chez "Pogi" et UAE, on aurait pu prendre ombrage de ce manque de considération mais bien au contraire, on remerciait secrètement Roglic et ses hommes.
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Primoz Roglic et son bourreau Tadej Pogacar sur le Tour de France 2020

Crédit: Getty Images

"Notre objectif était de ne pas prendre le maillot avant la 19e ou la 20e étape car il y avait des équipes plus fortes que nous, et nous ne voulions pas prendre cette responsabilité", poursuit Formolo. L'Italien avait déjà quitté la course (abandon sur la 11e étape), tout comme Fabio Aru (9e étape). À mi-Tour, le collectif UAE autour de Pogacar était composé de Kristoff, Jan Polanc, Vegard Stake Laengen, David De La Cruz et Marco Marcato, loin de la dream team dont il dispose en 2026.
Pour ainsi dire, le leader fait tout, tout seul ou presque. À la Loze, il ne réussit pas à reprendre du temps à Roglic et semble avoir enterré ses derniers espoirs. La suite, ce sera le chrono de la Planche des Belles Filles. Un jour que tous les plans du monde n'auraient pu anticiper. "C’était vraiment parfait, s'enthousiasme Kristoff. Nous avons remporté la première étape puis l’avant-dernière pour récupérer le maillot jaune à la veille de l'arrivée. Ça n’aurait pas pu se passer plus facilement pour l’équipe, en fait."
Avec Guillaume Pacini
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