Tour de France 2026 | La mort, les impôts et Tadej Pogacar

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Voilà deux ans sur le Tour de France, deux ans et demi ailleurs que Tadej Pogacar a supprimé de son vocabulaire le mot défaillance. Alors qu'il avait souffert le martyr jusqu'à laisser Jonas Vingegaard le battre au Lioran en 2024, il s'y est cette fois imposé avec la manière. Son succès, le troisième sur le Tour 2026, dit beaucoup de ce qu'il est devenu et son équipe UAE Emirates-XRG avec.

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Vous pouvez mettre un point final, refermer le chapitre et ranger le livre sur l'étagère où trônent les histoires de défaillances, petites et grandes, de Tadej Pogacar. En l'emportant au Lioran ce mardi sur la 10e étape du Tour de France 2026, le maillot jaune a lavé l'affront de sa défaite de 2024 face à Jonas Vingegaard et si vous voulez savoir pourquoi l'on s'accrochait autant à ce qui fut un épiphénomène au cœur du troisième succès de "Pogi" sur le Tour, la réponse tient en un mot : faiblesse. Depuis ce jour, le Slovène n'en a plus connu en un peu plus de 80 jours de course. 
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Il y a dix ans encore, ce genre d'étape aurait souri à un baroudeur, un courageux et d'ailleurs, quand en 2016, le Tour avait d'ailleurs visité le Lioran, Greg Van Avermaet y avait fait coup double, succès et maillot jaune depuis l'échappée. Au général, Chris Froome, le futur vainqueur, se trouvait à 5'17''. Et alors ? Une décennie plus tard, il y a bien eu des audacieux, beaucoup même sur la route du Lioran mais personne n'a été surpris de voir UAE Emirates-XRG tout faire pour envoyer Pogacar vers la victoire, pas plus qu'on ne fut étonné de voir Nils Politt tenir seul en respect un groupe de 31 bonhommes où figuraient Mathieu van der Poel, Ben Healy, Thymen Arensman ou encore Kévin Vauquelin.

L'inéluctabilité des choses

Rien, ou si peu, de ce qu'entreprend Tadej Pogacar depuis deux ans échoue. Il a même enfin triomphé de Milan-Sanremo après une chute qui aurait condamné les chances de n'importe qui d'autre que lui. On rappellera bien qu'il a été deux fois battu à Paris-Roubaix mais on ne saurait qualifier deux places de dauphin d'échecs, même pour lui, pas plus qu'on ne saurait le faire avec sa 4e place sur le chrono des derniers Mondiaux. Et sur le Tour, Pogacar a gagné quand il voulait, 13 fois sur les trois dernières éditions, soit plus que des sprinteurs comme Mario Cipollini, Peter Sagan ou Erik Zabel.
Fut un temps, son équipe était sa faiblesse. Il faut se rappeler qu'il a remporté son premier Tour de France avec David De la Cruz et Marco Marcato comme équipiers et se dire que, quand même, le scénario dingue de cette édition 2020 fut une bénédiction pour lui tant il n'avait pas le collectif pour maîtriser la course. Ce temps est évidemment révolu et si le boss ne connaît jamais de coup de mou, il en va de même pour Nils Politt, Florian Vermeersch, Tim Wellens et consorts. De la 10e étape du Tour 2026, l'on ressort une nouvelle fois sonné. Sonné par ce que l'on a vu, sonné par l'inéluctabilité des choses.

Pourquoi se priver d'un énième grand bonheur ?

Qu'est-il arrivé à Tadej Pogacar à l'hiver 2023-2024 pour qu'il se transforme en cette bête à rouler, jamais à court de jambes ? Son physique a fini par se mettre à la hauteur de sa tête puisqu'on ne saurait lui enlever son esprit aventureux. Si parfois celui-ci l'envoyait vers des entreprises un brin irréfléchies, plus rien n'est désormais impossible pour lui. Pourquoi UAE devrait-elle se priver, et lui avec, puisque tout ce petit monde est assuré qu'au bout de la somme des efforts, il y aura un énième grand bonheur ?
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Voilà deux ans sur le Tour, deux ans et demi ailleurs, que le peloton prend claque sur claque et qu'il ne peut que tendre l'autre joue ou espérer que le patron se lasse, comme ce fut le cas dans les Alpes l'année dernière sur le Tour. Deux ans que le Slovène est trop au-dessus de la meute pour qu'existe un brin de suspense. Si l'on a tant parlé de cette étape du Lioran en 2024, ce n'est pas tant pour la défaite de Pogacar elle-même mais plutôt pour ce que l'on en avait tiré de conclusions, à savoir que le Tour n'était pas joué et que lui et Jonas Vingegaard pouvaient encore se battre dans la même catégorie.
Il ne reste que les souvenirs, trop forts pour totalement disparaître, trop lointains pour ne pas souffrir de la patine du temps. Imaginer voir Pogacar à l'agonie dans un col relève du fantasme pour la partie des suiveurs qui ne peut plus voir ce coureur. Pogacar a supprimé du vocabulaire cyclisme le mot défaillance alors que c'est précisément parce que les champions évoluent sur un fil, quelque part entre l'exploit et la déchéance, qu'ils sont adulés. Depuis deux ans, lui se balade tranquillement du côté de la montagne où il fait toujours beau.
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