Tour de France 2026 | Paul Seixas avait une idée, il est allé au bout de lui-même pour elle
Eurosport sur GooglePour son premier Tour de France, à 19 ans seulement, Paul Seixas devra se contenter de la quatrième place du classement général. Le podium s'est envolé quand il a laissé Isaac Del Toro et les autres partir dans le Col de Sarenne après avoir tenté de bousculer l'ordre établi. Le leader de la Decathlon CMA CGM a une nouvelle fois prouvé qu'il n'était pas tout à fait constitué comme les autres.
Seixas : "A la fin j'ai craqué, explosé ; quatrième on va s'en satisfaire"
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Au bout du plan, au bout de lui-même aussi. Après trois semaines à survivre à tout, Paul Seixas voulait se lâcher sur la 20e étape du Tour de France et par-dessus tout savoir pour ne pas nourrir de regrets, savoir s'il avait en lui ce qui ferait craquer Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG) et lui permettrait de monter sur le podium. Le leader de Decathlon CMA CGM ne l'avait pas et pour ainsi dire il n'avait plus grand-chose si ce n'est son caractère, celui d'un coureur têtu qui n'abandonne pas sans mener le combat.
Essayer, tester, repousser ses limites, c'est un peu l'histoire de Paul Seixas depuis un an et demi, depuis que son aventure professionnelle a commencé avant que l'heure ne sonne. Il n'avait que 18 ans, six mois de plus quand il achevait son premier Critérium du Dauphiné complètement rincé. Treize mois et demi plus tard, il a encore fini vidé, cette fois au bout de trois semaines de course, au bout du Tour de France le plus rapide et le plus chaud de l'histoire.
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"A 19 ans, Seixas bouscule tous les codes en place depuis un siècle"
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Aux Strade Bianche ou à Liège-Bastogne-Liège, le Français fut le seul à tenter de suivre Tadej Pogacar, non tout à fait car il pensait pouvoir défier les yeux dans les yeux le meilleur coureur du monde, mais plutôt car c'est son horizon dans une, deux, trois ou quatre années, quand son corps aura grandi et fini de rattraper toute la force dont son esprit dispose. Il fallait se souvenir quel genre de jeune coureur est Paul Seixas pour se convaincre qu'il irait au bout de ses forces pour espérer achever son premier Tour à la troisième place, derrière un futur quintuple vainqueur, Tadej Pogacar, et un double champion olympique, entre autres, Remco Evenepoel.
Ce que j'avais en tête c'était d'aller au plus profond de moi-même
"Ce que j'avais en tête c'était d'aller au plus profond de moi-même, d'aller chercher plus loin encore que ce que je pouvais, lâchait-il devant les micros. À un moment, j'ai atteint mes limites. J'ai craqué. J'ai essayé d'être plus fort que d'habitude et au final j'ai explosé." Parce qu'il a un exceptionnel talent, l'erreur serait de croire que Seixas les découvre, ses limites. Tout au contraire, il ne cesse de les apprivoiser tout en les repoussant. Jamais le Lyonnais ne refuse un combat qui vaut la peine. Pour aller chercher sa troisième place, il a même mis en danger sa quatrième. Tout Seixas est là.
"Nous étions 24 secondes derrière le podium et 2'54'' devant (Lenny) Martinez, a rappelé Luke Rowe, son directeur sportif. Finalement, nous nous sommes retrouvés dans le pire des scénarios. Del Toro n'a pas craqué, il était fort. Paul disait qu'il se sentait bien donc on y est allé". A voir la tête que faisait le leader de Decathlon CMA CGM au moment où ses hommes ont pris le manche en tête du groupe maillot jaune, à le voir souffrir dans la roue d'un Nicolas Prodhomme une nouvelle fois en feu, on avait pourtant un peu entrevu la fin du film.
D'autres auraient pu rentrer dans le rang, pas lui
D'autres auraient pu s'arrêter là, se contenter de ce qu'ils avaient, rentrer dans le rang, bref accepter leur sort. Pas lui. Seixas a pris ses responsabilités, se portant en tête avec ce qu'il lui restait d'énergie, celle du désespoir tout au plus.
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Des chutes et des couronnements : le résumé d'un dernier acte alpestre éprouvant
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"C'est ce qu'on s'était dit dans l'équipe, on n'avait rien à perdre. Je suis quatrième, j'étais quatrième hier. On a tenté le tout pour le tout pour faire craquer Del Toro. Il était juste plus fort aujourd'hui." Et beau joueur en plus. "Pendant un instant, on a cru qu'on allait perdre la 4e place, avouait Rowe, l'ancien gregario de Chris Froome devenu guide pour le Français. On ne peut pas quitter cette course en se demandant ce qu'une attaque de plus aurait pu avoir comme conséquence."
Seixas est venu, il a vu et il a perdu. Aux yeux de tous, moins les égarés qui font de ses trois semaines une déception, son Tour de France est une réussite. Et probablement qu'aux siens, il le sera aussi, mais pas tout de suite, pas encore. Avant tout, le Français de 19 ans est un compétiteur : "Dans quelques jours, quand je regarderai en arrière, ce sera une fierté mais manquer le podium, c'est tellement décevant…". Ce samedi vers l'Alpe d'Huez, le coureur prudent, l'homme sage n'étaient plus là, ne restait qu'un gamin avec une idée en tête. Il reviendra pour faire mieux.
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