Tour de France 2026 | Richard Carapaz, maillot jaune de la dernière semaine
Par Laurent Vergne
Mis à jour 25/07/2026 à 17:53 GMT+2
Exceptionnel Richard Carapaz. Dans la lignée de ses derniers jours, l’Équatorien a encore sorti le grand jeu samedi lors de la dernière grande étape de montagne. Il est allé chercher à l'Alpe d'Huez son deuxième succès d'une semaine où il aura constamment été à l'attaque et où personne n'aura été plus performant que lui. Paul Seixas, lui, a vu le podium s'envoler pour de bon. Sans regrets.
Carapaz est bien le roi de la montagne : sa victoire à l'Alpe d'Huez
Video credit: Eurosport
Le fait du jour
Quand Christian Prudhomme avait envisagé cette dernière étape et sa monstrueuse difficulté, le patron du Tour l'avait rêvée en journée décisive et en mère de toutes les batailles. Rien de rien. Tadej Pogacar avait réglé de longue date son compte à cette édition 2026 et à son suspense. Il n'y avait plus qu'un micro-bout d'enjeu, la troisième place sur le podium, entre Isaac Del Toro et Paul Seixas. Le Mexicain aura donc pris l'ascendant, nettement, sur le jeune Français, un brin au bout du rouleau, ce que personne n'aura (espérons-le en tout cas) l'audace de lui reprocher.
C'est donc ailleurs, à un autre étage de la course, que l'intérêt de ce 20e acte se sera niché. On a suffisamment regretté durant trois semaines que les cadors, le principal d'entre eux surtout, laissent trop peu de place aux échappés, pour ne pas savourer le fait que par-delà la Croix de Fer, le Galibier, le combo Sarenne – fin de l'Alpe d'Huez, un garçon comme Richard Carapaz ne soit venu rafler la mise, après un dénouement dramatique avec Sepp Kuss (voir ci-dessous).
Le triomphe de l’Équatorien est non seulement le fait du jour, mais aussi celui de cette dernière semaine, dont il aura été le très grand monsieur. Songez plutôt : vainqueur à Orcières-Merlette jeudi, tout près de la victoire vendredi à l'Alpe d'Huez et vainqueur pour de bon au même endroit le lendemain avec, en cerise sur le gâteau la quête du maillot à pois.
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Carapaz complète sa collection au Galibier, Pogacar travaille pour Del Toro et le met dans le rouge
Video credit: Eurosport
Le grimpeur de chez EF Education – Easypost a été à l'attaque tout le temps, partout, et personne ne finit ce Tour 2026 plus fort que lui. Incroyable mais vrai : sur l'ensemble de la dernière semaine, Carapaz aura repris deux minutes et huit secondes à Pogacar et plus de trois minutes trente à Remco Evenepoel. Le maillot jaune de la dernière semaine, celle des hommes forts, c'est lui. Pour un peu, il regretterait presque qu'il n'existe pas une quatrième semaine sur le Tour…
Le grand perdant : Sepp Kuss
Meilleur second rôle de la Visma depuis des années sur le Tour, Sepp Kuss rêvait à peine secrètement d'une grande victoire de prestige, depuis que Jonas Vingegaard a quitté le Tour le week-end dernier sur abandon. Ce samedi, lors de l'étape dite la plus difficile de l'histoire de la Grande Boucle, cela n'aurait pas été la pire journée pour gagner.
L'Américain est passé tout près, à une poignée de kilomètres, avant sa double chute dans la toute dernière portion de descente qui précédait la (re)montée finale de l'Alpe. La seconde aurait même pu prendre un caractère absolument dramatique. Heureusement, le filet était là. Derrière, Kuss n'avait plus la tête ni les jambes pour revenir sur Richard Carapaz. Dur pour lui.
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Un final chaotique : victime de deux chutes en 1,4 km, Kuss laisse Carapaz filer vers la victoire
Video credit: Eurosport
L'image du jour
40 ans après Bernard Hinault et Greg LeMond au même endroit, l'image ne restera certes pas autant dans la grande histoire du Tour, mais elle est au moins celle du jour. Tadej Pogacar a joué les équipiers de luxe pour Isaac Del Toro, lequel n'en avait même pas besoin sur la fin, Paul Seixas étant loin et donc plus une menace pour sa place sur le podium. Mais le maillot jaune tenait visiblement à couper la ligne avec le maillot blanc, son coéquipier, lieutenant et ami, en se tenant par les épaules. C'est cette image que voulait Pogi, pour couronner ces trois semaines.
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Des chutes et des couronnements : le résumé d'un dernier acte alpestre éprouvant
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On a aimé
L'attitude Paul Seixas. Oui, il a pris un bouillon, son seul du Tour, en terminant à 2'55" de Richard Carapaz et à près de deux minutes de Tadej Pogacar et Isaac Del Toro. Mais, d'une part, il termine 10e de cette étape-reine, ce qui est loin d'être catastrophique, et il avait en prime fait travailler en amont ses coéquipiers de la Decathlon CMA CGM pour tenter de mettre en difficulté Del Toro afin d'aller chercher le podium. La manœuvre n'a pas fonctionné, et sans doute était-elle destinée à l'échec car le jeune leader n'avait pas les jambes, mais elle était légitime.
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"A 19 ans, Seixas bouscule tous les codes en place depuis un siècle"
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Dans une journée évidemment éreintante pour les coureurs, mais finalement assez avare en grande bagarre entre les principaux acteurs du classement général, c'est de… Mads Pedersen qu'est venu le vrai moment fort de cet 20e acte. L'attaque du Danois dans la Croix-de-Fer pour se mettre en position de passer en tête du sprint intermédiaire et ainsi verrouiller son maillot vert, c'était quelque chose.
On n'a pas aimé
Nous avons compris, et assez tôt, que Tadej Pogacar n'avait qu'une envie dans cette 20e étape, à savoir de sécuriser le podium d'Isaac Del Toro. Une fois Paul Seixas écarté de la lutte, le maillot jaune voulait même arriver avec son pote, au point de laisser filer Remco Evenepoel. Pas tout à fait ce que la course réclamait. Mais ce que Pogacar veut…
"La 20e étape la plus dure de l'histoire", 5 600 mètres de dénivelé positif, trois cols hors catégorie, on nous promettait monts et merveilles pour cette immense journée alpestre qui n'aura finalement pas accouché sur grand-chose, si ce n'est d'une souris. Parmi les favoris, il a fallu attendre Sarenne pour que Decathlon CMA CGM tente quelque chose. De suspense il n'y a pas eu, de spectacle pas tout à fait non plus.
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Carapaz complète sa collection au Galibier, Pogacar travaille pour Del Toro et le met dans le rouge
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La stat : 2
Un gamin de 19 ans, un coureur à peine plus vieux (23 ans) qui ne venait pas pour le classement général, qui aurait pu prédire il y a trois semaines que la France placerait deux représentants dans le Top 5 ? Avec Paul Seixas 4e et Lenny Martinez 5e, la France fait aussi bien qu'il y a douze ans quand Jean-Christophe Péraud (2e) et Thibaut Pinot (3e) avaient eux aussi trusté le Top 5, et même le podium. Romain Bardet finissait lui 6e.
La décla : Lenny Martinez
Sur Eurosport, à propos des critiques que le Français a pu recevoir suite à la 19e étape, vendredi.
"Même si je ne regarde pas les réseaux, j'ai ouvert Instagram car je fais moi-même les posts. J'ai reçu beaucoup de messages de haine. Des gens regardent la télé et ne sont pas forcément sur le vélo, c'est compliqué. Je me devais d'expliquer un petit peu. Peut-être que les gens sont jaloux. Vingegaard est critiqué, Remco (Evenepoel) aussi. Je suis contre ça. La meilleure façon de répondre, c'était à la pédale."
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Martinez : "Je ne suis même pas venu pour le général !"
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Juste pour savoir...
. Comme dirait l'autre, Richard Carapaz, mais jusqu'où va-t-il chercher toute cette énergie ?
. Si Pogacar avait voulu le doublé à l'Alpe, il aurait eu le doublé à l'Alpe, non ?
. Est-ce la dernière année avant longtemps où on ne verra pas Paul Seixas sur le podium ?
. Et si on raccourcissait définitivement la dernière étape, histoire de s'épargner la longue procession jusqu'à Paris ?
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