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Tour de France | Les débats du Tour : Pedersen ou Carapaz, pour le super-combatif ? Martinez, vainqueur de grand tour ? Pogacar ou un autre dimanche ?
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Mis à jour 26/07/2026 à 15:12 GMT+2
Qui de Mads Pedersen ou Richard Carapaz doit être élu super-combatif du Tour de France 2026 ? On en parle dans nos débats du Tour où il est aussi question de Lenny Martinez et de son potentiel de futur vainqueur de grand tour. Enfin, nous nous demandons qui est le plus grand rival de Tadej Pogacar sur la 21e étape, dimanche entre Montmartre et les ChampsÉlysées ?
Des chutes et des couronnements : le résumé d'un dernier acte alpestre éprouvant
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Pedersen ou Carapaz, qui est le super-combatif du Tour ?
Jean-Baptiste Duluc
J’ai adoré les échappées et la résilience de Richard Carapaz dans cette troisième semaine, surtout samedi vers l’Alpe d’Huez, mais Mads Pedersen évolue pour moi dans un tout autre domaine. J’évoquais ici-même mercredi le fait qu’il avait probablement perdu le maillot vert avec cette erreur, due à sa générosité, vers Voiron. Mais j’avais oublié sa combativité hors norme.
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Lunaire : Pedersen attaque seul dans la Croix de fer pour revenir dans l'échappée
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Car Mads Pedersen ne s’échappe pas seulement sur les étapes de baroudeurs, il part à l’avant sur tous les terrains, gagne à Foix sur une étape taillée pour lui, s’arrache dans les sprints, mais, surtout, s’est échappé sur toutes les étapes montagneuses de la dernière semaine. Toutes ! Vers Orcières-Merlette, malgré 11km d’ascension d’entrée. Vers l’Alpe d’Huez, en accrochant le bon coup dans Bayard et le Noyer (7,3km à 8,4%). Et sa 20e étape, où il est distancé dans la Croix-de-Fer, revient sur le peloton et attaque pour revenir sur l’échappée et assurer le maillot vert, m’a complètement bluffé. J’adore Mads Pedersen, mais je n’aurais pensé voir ça dans aucun monde. Sa combativité va même au-delà du prix qu’il doit évidemment recevoir.
Laurent Vergne
Je l'accorde à Jean-Baptiste, Mads Pedersen correspond sans doute mieux à la définition du "super-combatif" ou à son esprit, tel qu'il a été désigné ces dernières années. D'un autre côté, cette distinction ne revêt pas à mes yeux un enjeu colossal, donc autant que chacun y mette les critères qu'il veut ! Chacun dans son registre, Pedersen et Richard Carapaz sont les deux formidables animateurs de ce Tour, donc que l'un ou l'autre soit honoré répondra à une forme de justice. Et je pense que ce sera le Danois.
Pour autant, puisque l’on parle ici de choix, je me tourne vers le champion olympique, dont j'ai beaucoup aimé le Tour. Il a été le prototype du coureur rapidement distancé au classement général et qui transforme cette apparente déception en une bénédiction. Ce qu'il a fait dans les étapes de montagne, c'est phénoménal et sa dernière semaine restera un modèle du genre. La quête du maillot à pois l'a sans doute incité encore davantage à passer à l'attaque, mais c'est aussi dans son tempérament. Et compte tenu du terrain sur lequel il évolue, il est moins "facile" d'être constamment à l'attaque qu'un baroudeur / puncheur. Chapeau à lui, vraiment.
Martinez a-t-il le potentiel d'un vainqueur de grand tour ?
Christophe Gaudot
Paul Seixas, et d'autres mais surtout lui, ont changé notre vision des choses mais à 23 ans tout juste - il les a fêtés sur ce Tour de France -, Lenny Martinez est encore un très jeune coureur. Sur cette Grande Boucle, il disputait déjà son quatrième grand tour. Comme son compatriote, on a très tôt lancé Martinez dans la fosse aux lions. Il a pris des coups mais il a surtout beaucoup appris, ce qui lui permet de terminer 5e du Tour cette année.
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Martinez : "Je ne suis même pas venu pour le général !"
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En fin de Tour, le Français était même le quatrième homme en haute montagne. Autant j'ai du mal à l'imaginer vainqueur du Tour de France un jour, autant je peux assez facilement me projeter sur un succès de Lenny Martinez sur la Vuelta. Le coureur de Bahrain-Victorious est un formidable grimpeur et en plus il sait gagner, ce qui peut toujours être utile pour collectionner les bonifications. Même sa faiblesse sur le chrono n'en est une que toute relative. Martinez a déjà sorti d'excellentes performances dans le domaine, il a la panoplie (presque) complète d'un vainqueur de grand tour.
Laurent Vergne
J'aimerais beaucoup répondre moi aussi par la positive et, après tout, Lenny Martinez est encore un tout jeune coureur. Il ne faut jamais l'oublier, même si Paul Seixas a tendance à modifier notre perception de ce qu'est la jeunesse pour un leader. A tort. Il est l’exception, pas une norme. Ce qui est certain, c'est que le grimpeur de chez Bahrain Victorious peut ressortir de ce Tour de France renforcé dans ses convictions et son potentiel. Mais de là à l'imaginer en vainqueur d'un grand tour à l'avenir, c'est tout de même une autre histoire. Même ailleurs que sur le Tour.
Lenny Martinez le dit lui-même, il est arrivé à Barcelone sans même avoir l'idée de jouer le classement général. Ce n'est pas ce qu'on lui demandait. Il s'est remarquablement adapté aux circonstances et s'est découvert plus fort qu'il ne l'imaginait, et nous avec lui. Mais c'est une autre affaire que de démarrer un Tour, un Giro et une Vuelta avec un rôle de leader à qui on demande de viser la victoire finale. Ça, ce n'est pas qu'une simple question de jambes, mais aussi de nerfs et de tronche. A mes yeux, on ne peut donc pas encore répondre à une telle question tant qu'on ne l'a pas vu pleinement dans ce rôle et avec une ambition et une attente de cet ordre.
Qui est le plus grand rival de Pogacar pour la 21e étape ?
Christophe Gaudot
L'an dernier, sur les pavés de Montmartre, il n'y avait eu que Wout van Aert pour empêcher Tadej Pogacar de s'imposer sur les Champs-Elysées. Sans le Belge, le Slovène est probablement le favori logique. Il est le nôtre en tout cas. Et pour contrecarrer ses plans, je pense que Mathieu Van der Poel est la plus grande menace. Le Néerlandais a tout ce qu'il faut en magasin pour jouer l'empêcheur de tourner à rond, à commencer par la liberté.
Avec le show Mads Pedersen sur la 20e étape, le maillot vert est joué. Jasper Philipsen ne pouvant plus y croire, "VDP" n'aura pas à se freiner dans Paris. C'est tant mieux pour le spectacle, peut-être un peu moins pour Tadej Pogacar. Le Néerlandais aime les pavés et même s'ils sont un peu différents de ceux qu'il connaît sur les classiques du nord, il faut de la force dans la hanche, notamment s'il pleut, pour les maîtriser. Van der Poel est le portrait-robot du vainqueur possible ce dimanche et Pogacar s'en méfie probablement.
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Alaphilippe : "Il ne faut pas s'attendre à me revoir sur le Tour"
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Jean-Baptiste Duluc
Je suis d’accord avec Christophe sur le fait que Mathieu Van der Poel sera au rendez-vous de cette 21e étape. Il a une revanche à y prendre par rapport à l’an dernier (il avait abandonné avant) et aux JO 2024. Des Jeux Olympiques qui avaient vu la victoire d’un certain Remco Evenepoel, dont je fais mon principal outsider de dimanche. Le Belge termine ce Tour de France sur coussins d’air, à une 2e place qui est son meilleur résultat final sur la Grande Boucle et un vrai soulagement après les critiques qu’il subissait depuis deux ans.
Dans Montmartre, il devrait retrouver un scénario de course débridé qu’il aime tant et, jouer à la pédale avec Van der Poel et Pogacar, il a souvent montré qu’il en était capable. Peut-être aura-t-il du mal à suivre les accélérations violentes des deux hommes, mais il reviendra toujours et sa capacité à contrer et à sortir sur le plat me pousse à en faire le plus gros danger pour Pogacar. Le Slovène se méfiera plus de Van der Poel sur un tel parcours, et Evenepoel n’en sera justement que plus dangereux.
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