Tour de France | Tadej Pogacar pense déjà au sixième : "Je n'aime pas les clubs, je vais essayer d'en sortir"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 27/07/2026 à 08:08 GMT+2
Le fameux club des cinq. Tadej Pogacar tient sa "manita", comme Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain avant lui. Le désormais corecordman des victoires sur le Tour de France a écrit une page d'histoire importante dimanche sur les Champs-Élysées, où il a tout tenté pour conquérir une victoire de prestige. Mais il a eu son compte. Et il voit déjà plus loin. Il veut son propre club.
L'hymne slovène résonne sur les Champs
Video credit: Eurosport
Il ne lui restait plus grand-chose dans le réservoir, mais Tadej Pogacar a tout de même trouvé la force de montrer sa main et ses cinq doigts en franchissant la 21e et dernière ligne d'arrivée de ce Tour de France, dimanche. Le voilà officiellement quintuple vainqueur de l'épreuve, même si personne n'en doutait plus depuis longtemps, peut-être même depuis le départ il y a trois semaines. Il ne lui a pas manqué grand-chose pour poser une fantastique cerise sur son gros gâteau, car il a tout fait pour devenir le premier maillot jaune à triompher sur les Champs-Élysées depuis Bernard Hinault en 1982. En vain.
Mais il n'avait pas le cœur aux regrets. Loin de là. Il a pris son pied, jusqu'au bout. "C'était une journée incroyable, a jugé le Slovène dimanche soir à propos de ce dernier acte. Je suis sans voix. C'était une journée vraiment extraordinaire, l'ambiance était incroyable." Sportivement, l'essentiel était évidemment ailleurs, dans la quête de ce cinquième sacre. Dans l'histoire, plus personne ne peut donc désormais le toiser, puisqu'il revient à la hauteur de Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Le voilà dans le club des cinq, doublement bien nommé, puisqu'ils sont cinq à en faire partie et qu'il regroupe les quintuples vainqueurs du Tour.
Mais il ne le cache pas, il a aussi hâte de ne plus en faire partie qu'il est aujourd'hui fier de l'intégrer. Dans un grand sourire, Pogacar a annoncé sans le dire ainsi qu'il entendait bien aller plus haut et plus loin que cette cinquième victoire : "Je n'aime pas les clubs, je vais essayer d'en sortir". Malheureusement pour les autres, l'homme fort de l'équipe UAE Emirates XRG n'entend donc pas s'arrêter là. Compte tenu de la marge qui a été la sienne sur la concurrence cet été, on peut effectivement penser qu'il n'est pas encore au bout du chemin ni de son histoire sur le Tour.
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"Une journée incroyable" et Pogacar valide son quintuplé : "Je suis heureux que ce soit fini"
Video credit: Eurosport
La Vuelta ? "On verra, on verra…"
Cette histoire, c'est une histoire d'amour. Sept participations, cinq victoires, sept podiums. Surréaliste. Lui-même assure avoir du mal à y croire. "J'ai déjà participé à sept Tours et j'ai toujours terminé sur le podium, dit-il, incrédule. Vous pensez peut-être que c'est un conte de fées, et c'est incroyable pour moi aussi. Même pour écrire un roman, on aurait du mal à l'imaginer. C'est incroyable." Il devient au passage le premier coureur de l'histoire à monter sept années consécutivement sur le podium de la Grande Boucle.
La clé de sa réussite exceptionnelle ? "Je ne sais pas comment j'ai fait, a développé le double champion du monde, flirtant avec la limite de la fausse modestie. Le plus important, c'est d'aimer ce que tu fais et d'avoir des gens autour de toi à qui tu peux faire confiance, qui t'aident et qui sont là pour toi quand t'es au plus bas. Sur cette base, tu peux construire et chasser tes rêves. Pour gagner le Tour de France, il faut souffrir beaucoup, déjà juste pour y être, et ensuite pour affronter tes plus grands rivaux, tous en super forme, donc, oui j'ai souffert".
Son palmarès, ici et ailleurs, ne cesse de prendre des allures affolantes, alors qu'il ne fêtera que ses 28 ans dans deux mois. Pas encore rassasié, notamment pour ce qui est du Tour, on l'aura compris, "Pogi" éprouvera très vite la nécessité de se tourner vers d'autres objectifs. Il veut tout conquérir et cocher les cases qui lui manquent encore. Paris-Roubaix, par exemple, le seul Monument qui lui résiste. Le Tour d'Espagne, aussi. Là encore, un trou dans sa collection. Il pourrait y remédier rapidement, dès le mois prochain.
Alors, viendra, viendra pas sur la Vuelta ? "On verra, on verra", a-t-il laconiquement botté en touche sur les Champs-Élysées. Ce n'était ni le lieu le ni le moment de parler de ça. On le sent tenté, mais les jambes et la tête parleront. Le cœur, lui, dirait probablement oui tout de suite. "Ce soir, faisons la fête !, a-t-il évacué pour passer à autre chose. Maintenant, j'ai besoin d'un nouvel objectif. On vient de réaliser un rêve, ne nous précipitons pas, savourons d'abord".
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Pogacar ébloui : "Merci à tous les gars, cette fois-ci c'était d'un autre niveau, fantastique"
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