Tour de l'Avenir 2025 | "Même à 90%, j'ai été capable de gagner" : l'injouable Paul Seixas au-dessus de tous ses adversaires

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Il était tout simplement le plus fort. Même diminué par une préparation tronquée, Paul Seixas a réglé la concurrence du Tour de l'Avenir, ce vendredi, sur son exercice de prédilection : le contre-la-montre. Avec cette performance, le Français confirme qu'à seulement 18 ans, il est déjà au-dessus de la mêlée et que le futur s'annonce brillant pour lui.

Un chrono de haut vol et Seixas remporte le tour de l'avenir - L'arrivée du Français en vidéo

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Paul Seixas a un peu le syndrome du surdoué. Vous savez ce camarade en classe qui déclare avoir raté totalement son contrôle et qui au final obtient un 18/20. Un brin énervant, il faut en convenir. Mais quand c'est un Français qui n'est pas au meilleur de sa forme qui s'impose sur le Tour de l'Avenir, on lui concède volontiers cet écueil. Ce vendredi, le Lyonnais est devenu à 18 ans et 339 jours (il fêtera ses 19 ans le 24 septembre prochain), le plus jeune coureur de l'Histoire à remporter l'épreuve. Rien que ça. Tout juste entré dans la catégorie des Espoirs, il ne s'y éternisera définitivement pas puisque ce n'est tout simplement pas son niveau.
Freiné dans sa préparation par des soucis de santé, lui ayant fait notamment manquer le Tour de l'Ain début août, le Français a tout de même infligé une claque à ses adversaires en les repoussant à 27" sur le contre-la-montre final pour le plus proche d'entre eux. Sur seulement 10 km entre Montvalezan et La Rosière, les écarts sont énormes et montrent la marge qu'a le prodige français sur la concurrence. "Il est tout simplement au-dessus. Il rivalise avec des coureurs du général sur le Critérium du Dauphiné en faisant top 8, en juin. Là, il est une jambe au-dessus des autres", remarque Gabriel Berg, consultant Eurosport qui a couru avec le lauréat du Tour de l'Avenir. Mis en difficulté par le punch de Jarno Widar la veille et le matin même pour les deux grosses étapes de montagne, on pouvait se montrer inquiets pour le chrono de l'après-midi.
Ca me permet de me dire, dans les moments difficiles, que je peux essayer d'aller chercher la victoire
Mais les aptitudes du champion du monde juniors sont tout simplement impressionnantes et personne n'a réussi à rivaliser. Pourtant à l'arrivée à La Rosière après sa 2e place derrière son rival belge, il n'était pas satisfait de sa forme. "J'ai vraiment senti que je n'avais pas le niveau espéré. Par rapport aux dernières courses que j'ai pu faire, ça n'a rien à voir. Mais ça me permet de me dire, dans les moments difficiles, que je peux essayer d'aller chercher la victoire", a-t-il confié à DirectVélo. Quelques heures plus tard, il a balayé tous les doutes d'un revers de la main et s'est même surpris lui-même de cette victoire "magnifique", selon ses dires.
"Je ne pensais pas gagner avec autant d'avance. L'objectif est réussi. Ça montre que même à 90%, j'ai été capable de gagner le Tour de l'Avenir", a-t-il lâché entre deux quintes de toux, un mal qui le poursuit d'ailleurs depuis deux semaines. Arrivé sur la pointe des pieds le plus discrètement possible au départ à Tignes dimanche dernier, Paul Seixas était trahi par l'immense pancarte qu'il arborait dans le dos aux yeux de tout le monde, de ses adversaires, de ses supporters et des suiveurs. Malgré ce statut lourd à porter, il n'a jamais flanché et a couru comme il sait si bien le faire. Et ce, malgré son manque de condition. Mais la pépite de Decathlon-AG2R La Mondiale en était bien conscient etl'a pris en compte pour contrarier les plans de ses rivaux.

La meilleure défense, c'est l'attaque

"J'ai adopté une stratégie plutôt offensive parce que je me suis dit que la meilleure défense c'était l'attaque. En tant que favori, mes adversaires allaient sûrement essayer de me piéger. J'ai décidé d'être toujours à l'offensive pour ne jamais me faire piéger. J'en ai peut-être fait beaucoup. C'est peut-être ce qui m'a coûté un peu dans les étapes de montagne, aussi le fait que ma prépa ne s'est pas bien passée et que je n'ai pas fait d'altitude", revenait le Français dans son sourire qui ne l'a pas quitté de la ligne au podium, où il a été porté en triomphe par tous ses coéquipiers. Son manque de jours de course l'aurait d'ailleurs desservi par rapport à Jarno Widar, plus saignant dans les derniers hectomètres.
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Tour de l'Avenir : Widar domine Seixas, Decomble reste en jaune

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"Les efforts de punch, courts et intenses, ce sont des efforts de course, précise Gabriel Berg. Ce sont des efforts qu'on ne retrouve qu'en courant, et ce manque de compétition a fait qu'il était moins habitué à ce genre d'efforts, qu'il avait moins de rythme que les autres et donc qu'il était moins à l'aise sur les autres étapes." Bon joueur, Seixas a tout de même salué la performance de Jarno Widar, son rival annoncé, qui lui a donné du fil à retordre. "Jarno a été extrêmement fort, il m'a surpris. Je savais qu'il était très costaud. Il m'a vraiment impressionné, il a gagné deux étapes et il les a méritées. Il a très bien couru, il avait une équipe très forte."

Vers une participation aux Mondiaux chez les grands ?

L'équipe de France avait donc un formidable chef de file, mais aussi un superbe collectif symbolisé notamment par Maxime Decomble. Encore porteur du maillot jaune au départ du chrono final, le rouleur qui passera dans la World Tour de Groupama-FDJ l'an prochain s'est offert un joli top 5, malgré son dernier chrono où il a craqué, après s'être tant accroché. "Maxime a été un allié extrêmement puissant. Il était vraiment très, très fort. Il m'a permis d'en faire un peu moins et de laisser mes adversaires travailler. Il mérite sa place dans le top 5, je suis presque déçu qu'il n'ait pas pu faire podium et c'est comme ça, c'est le vélo, c'est dur. Mais si on lui avait dit qu'il ferait top 5, il aurait été fou."
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Diminué mais vainqueur, Seixas jubile : "Même à 90%, j'ai réussi à remporter le tour de l'avenir"

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Nul doute que l'ambiance sera à la fête ce soir dans le camp des Bleus. Le champagne coulait d'ailleurs déjà à flots sur le podium entre le sélectionneur, Pierre-Yves Chatelon et le directeur sportif, François Trarieux. Paul Seixas, lui, se dirige déjà vers un autre quotidien avec le Tour de Lombardie et peut-être même les Mondiaux élite. Que ce soit en Italie ou au Rwanda, il retrouvera Tadej Pogacar. Là, il sera peut-être un peu plus à sa place. Le Français vise haut, mais il fallait bien succéder à David Gaudu et Warren Barguil au palmarès des Tricolores pour confirmer tout son potentiel.
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