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Cunego comme à la parade

Cunego comme à la parade
Par Eurosport

Le 18/10/2008 à 20:00Mis à jour

En s'imposant avec une facilité déconcertante sur les rives du lacs de Côme, Damiano Cunego a fait montre d'une incroyable supérioté physique et tactique sur ses adversaires. Fort de ce triplé en Lombardie (2004, 2007, 2008), le petit prince peut ravaler

Au départ de Varèse dimanche matin, tous les regards étaient braqués sur Damiano Cunego. Trois semaines plus tôt, dans la même ville, le Véronais avait dû se contenter d'une deuxième place lors des championnats du monde. Certes la victoire de son coéquipier Alessandro Ballan atténuait sa déception mais Cunego, malgré un triomphe total de la squadra azzurra, ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait laissé passer une occasion en or d'aller conquérir la tunique arc-en-ciel.

A l'arrivée à Côme, en ce gris après-midi d'automne, les regrets de Cunego n'étaient plus qu'un lointain souvenir. En triomphant pour la troisième fois en Lombardie, celui que l'Italie avait surnommé le "petit prince" après son succès sur le Giro 2004 terminait sa saison en trombe, sur une ultime victoire. Soulagé de s'être rattrapé, Cunego avait surtout fait, tout au long de la journée, la démonstration de sa capacité à répondre présent lors des rendez-vous qu'il se fixe.

Le sacrifice de Ballan

Dans l'ascension de la Madonna del Ghisallo, Gilberto Simoni (Serramenti PVC) puis son coéquipier Michele Scarponi accompagné de l'épouvantail Stafano Garzelli (Acqua & Sapone) tentèrent bien de tromper la vigilance des hommes de Giuseppe Saronni mais leur fugue, comme celle de l'échappée matinale, était vouée à l'échec. A l'avant du peloton, l'élégant champion du monde Alessandro Ballan ne ménageait pas sa peine pour ramener son leader sur la tête de la course.

Un final tactiquement maîtrisé

Sanchez à ses côtés, Cunego n'était pas assuré de l'emporter au sprint. Alors que l'on aurait pu s'attendre à le voir passer à l'offensive dans la montée de San Ferma della Battaglia, le Petit Prince prit la décision d'anticiper son accélération si bien que lorsqu'il attaqua sur le plat, à 12 kilomètres de l'arrivée, l'effet de surprise joua à plein. Le reste ne fut plus qu'une formalité pour le Véronais qui, en plus d'être le plus malin, était aussi manifestement le plus fort.

Sur la ligne, malgré l'improbable tentative de rapproché de Rigoberto Uran (Caisse d'Epargne) et de Janez Brajkovic (Astana), Cunego signait son troisième succès en Lombardie. "Je visais cette victoire. L'équipe m'a remarquablement aidé. La descente du Civiglio me convient tout à fait, je m'y suis lancé comme si je faisais un rallye. Je me suis offert des sensations fortes. Gagner de cette façon, c'est de toute beauté. Je suis profondément heureux", déclarait-il satisfait au terme de la course. Quelques mois après s'être imposé au sommet du Cauberg dans l'Amstel Gold Race, le petit prince s'affirme comme l'un des plus grands coureurs de classique de sa génération. De quoi passer l'hiver sereinement pour revenir plein d'ambition la saison prochaine.

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