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Mollema, la surprise qui n'en était pas une

Mollema, la surprise qui n'en était pas une

Le 12/10/2019 à 19:53Mis à jour Le 12/10/2019 à 20:07

TOUR DE LOMBARDIE - Vainqueur en solitaire sur les bords du lac de Côme, Bauke Mollema s'est offert ce samedi son premier Monument, au nez et à la barbe des cadors. Le Néerlandais de la Trek-Segafredo, pas forcément cité parmi les favoris, est pourtant lui aussi une référence sur les classiques. Même s'il ne gagne que rarement. Et c'est d'autant plus mérité.

Roglic, Woods, Valverde, Nibali et même Bernal. Voici les noms qui revenaient le plus vite et le plus souvent lorsqu'il était temps d'évoquer les favoris du 113e Tour de Lombardie. Bauke Mollema, lui, ne semblait pas vraiment invité à la même table que ces coureurs-là. C'est pourtant bien lui qui s'est imposé dans les rues de Côme, 16'' devant un trio composé de Valverde, Bernal et Fuglsang. Une victoire comme un symbole de la carrière du Néerlandais, sous-estimé et même moqué (pour son manque d'esprit offensif sur les Grands Tours où il roulait pour protéger une 7e place) régulièrement mais dont les résultats en font l'un des grands du peloton.

Un classicmen des plus réguliers

S'il ne compte que dix-sept succès chez les professionnels, à 32 ans, le natif de Groningen a souvent décroché des succès de prestiges. On parle tout de même d'un coureur vainqueur chez les jeunes du Tour de l'Avenir, d'étapes sur la Vuelta (17e étape en 2013) et le Tour de France (15e étape en 2017) et entré à deux reprises (7e en 2017 et 5e cette année) dans le top 10 du Giro, à trois reprises (6e en 2013, 10e en 2014 et 7e en 2015) dans celui du Tour de France et surtout 3e de la Vuelta en 2011. Mais, surtout, Bauke Mollema est un des coureurs de classiques les plus réguliers.

Bauke Mollema

Bauke MollemaGetty Images

Jusqu'à ce samedi, son principal fait d'arme était bien sûr la Clasica San Sebastian, remportée en 2016. Une épreuve sur laquelle le Néerlandais a régulièrement brillé, puisqu'il a toujours fini dans le top 10 depuis 2012. Il est même passé tout près de la victoire en 2017 et 2018, battu au sprint. Rajoutez à cela des top 10 sur Liège (9e en 2016), les Grand Prix de Québec (6e en 2015) et Montréal (5e en 2017), sur la Flèche Wallonne (6e en 2018), l'Amstel Gold Race (7e en 2014) et le Tour de Lombardie (7e en 2012) et vous avez un des coureurs les plus réguliers sur les courses d'un jour. Mais un coureur souvent oublié au moment de citer les favoris.

" Surpris de vite prendre 20 secondes"

"Le Lombardie, c'est une course que j'apprécie, expliquait-il après l'arrivée. Je n'étais pas l'un des plus grands favoris de cette course mais je me sentais vraiment bien ces dernières semaines, depuis les courses au Canada. J'attendais juste mon moment et, heureusement, c'était aujourd'hui." Ce moment, il est venu à un peu plus de 18 kilomètres lorsque Valverde s'est fait reprendre par le groupe des favoris. Le Néerlandais, conscient que le timing serait idéal, a placé une attaque puissante sur laquelle personne n'a bougé. "J'ai été surpris de prendre très vite 20 secondes quand j'ai attaqué sur le Civiglio, avouait-il après coup. Valverde, Roglic, Latour, m'avaient semblé forts dans la montée." Très fort, oui, mais surtout cruellement désorganisés. Personne ne semblait vouloir l'effort derrière Mollema, et surtout pas Roglic. Une erreur à ne pas commettre derrière le natif de Groningen.

Bauke Mollema (Trek-Segafredo) lors du Tour de Lombardie 2019

Bauke Mollema (Trek-Segafredo) lors du Tour de Lombardie 2019Getty Images

Il faut dire que Bauke Mollema est un spécialiste du genre. Il sait qu'il n'a pas d'autre choix pour espérer s'imposer. "Je manque sans doute d'explosivité pour faire la différence dans le final des classiques, dans la dernière montée, à l'Amstel ou à Liège", concède-t-il. Mais quand on sort seul et au bon moment, pas besoin d'explosivité. Le Néerlandais l'a déjà prouvé dans le passé. Sa Clasica San Sebastian, c'était déjà en solitaire qu'il l'avait gagnée. En profitant du marquage derrière entre les favoris, là aussi. Visiblement, il était le seul à s'en souvenir. "Après, j'ai fait un contre-la-montre, raconte-t-il. La dernière montée n'était pas très dure. Les deux derniers kilomètres ont été très émouvants". Ils l’ont mené à la plus grande joie de sa carrière. Et franchement, c'est mérité.

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