Tour de Lombardie – Paul Seixas découvre son premier Monument avec déjà des hautes ambitions
Mis à jour 11/10/2025 à 09:57 GMT+2
Paul Seixas va vite, très vite. Si vite qu'il devance même les prévisions les plus optimistes sur le plan de bataille imaginé depuis très jeune, alors qu'il martyrisait déjà les catégories inférieures. Leader de Decathlon AG2R La Mondiale à seulement 19 ans pour son premier Monument, le Tour de Lombardie, le Lyonnais débarque avec le plein de confiance, prêt à continuer à faire rêver.
Decomble : "Seixas ? Ce n'est même plus étonnant"
Video credit: Eurosport
On a déjà beaucoup écrit sur Paul Seixas. Le nom du Lyonnais fleurit depuis quelques années déjà la verve enjouée des exégètes les plus assidus du milieu, mus par ce désir si vibrant de dénicher de leur vivant le prochain prodige français. Ces quelques privilégiés ont vite vu accourir une marée bigarrée de suiveurs béotiens venus apprécier la pépite, le prochain marchand de rêves. Le Tour de l'Avenir en poche, Seixas (Decathlon AG2R La Mondiale) a haussé le curseur d'un bon gros degré pour se retrouver au milieu des cracks, des grands de son sport.
13e à Kigali pour sa première aux Mondiaux chez les élites, sur un parcours historiquement dur et une distance jamais effleurée jusqu'ici par le Français de 19 ans (270 kilomètres), Seixas a tapé encore plus fort une semaine plus tard, conquérant le bronze derrière Tadej Pogacar et Remco Evenepoel, en Ardèche lors des Championnats d'Europe. Le "phénomène Seixas" a gagné chaque grain ciré du bitume ardéchois, les pancartes autant que les encouragements n'ont cessé de pleuvoir sur celui qui courait encore chez les juniors l'an passé. En avance sur son plan de bataille – et ce n'était pas gagné à l'aune des fantasmes charriés par sa précocité affolante -, le Lyonnais va maintenant découvrir son premier Monument, le Tour de Lombardie. Là encore, règne le sentiment que tous les rêves sont (déjà) permis.
Promesses tenues et comme prévu… avec une belle marge de progression
"Paul fait une première année chez les pros qui est non seulement remarquable et remarquée, mais qui le positionne d'entrée comme quasiment le meilleur Français, avance le jeune retraité Romain Bardet à l'AFP. On ne peut jamais comparer ni les époques ni les athlètes, mais il est vraiment bluffant. Non seulement physiquement, mais dans la manière dont il court. Il a déjà une maturité assez exceptionnelle."
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Exceptionnel Seixas : Le bronze arraché comme un grand et une immense joie à l'arrivée
Video credit: Eurosport
Venu sans son paquetage aux Championnats d'Europe, Seixas répond aussi brillamment même une fois le pied posé à terre. Le Lyonnais est conscient de l'attente, qu'il juge toujours moins envahissante que celle qu'il s'impose à lui-même. Pour autant, le Français ne s'interdit aucune célébration fiévreuse, à l'image de sa troisième place fêtée avec presque plus de zèle que le vainqueur de la course. Capable de jongler avec la pression et le plaisir de pratiquer, Seixas déroule sa jeune carrière entre sérieux et ingénuité, une recette gagnante qui ne surprend même plus ses équipiers.
"C'est vraiment incroyable le niveau qu'il a, mais ce n'est même pas étonnant avec ce qu'il montre depuis le début d'année (avec notamment une 8e place au général du Critérium du Dauphiné), avoue sans ambages Maxime Decomble (vice-champion d'Europe Espoirs) dans notre émission Bistrot Vélo après les Championnats d'Europe (disponible sur HBO Max et la chaîne youtube d'Eurosport.fr). C'est ce qu'il mérite." Si d'aucuns s'inquiètent d'un éveil tonitruant sans lendemain, Bruno Armirail confirme la marge de progression dont dispose Seixas : "Paul n'est pas au millimètre comme certains à son âge", renseigne le Bigourdan dans des propos relayés par l'AFP.
Digestif salé pour un Remco à chasser
Au rythme où Seixas avale les paliers, il n'est pas incongru de voir le Lyonnais nous épater samedi sur la classique des Feuilles mortes, crépuscule romantique de la saison. Le seul Monument estampillé pour grimpeurs sera paradoxalement la course la moins dure comparée aux deux dernières. Le leader de Decathlon AG2R La Mondiale retrouvera ses deux prestigieux compères du podium ardéchois. Derrière l'intouchable Tadej Pogacar, promis à un cinquième triomphe de rang, la place de dauphin n'est pas un sommet inatteignable.
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"Evenepoel est orgueilleux, il veut affronter Pogacar en face-à-face"
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Le redoutable Passo di Ganda (9,2 km à 7,3%, sommet à 31 bornes du but), si vertigineux à sa pointe, offre une rampe de lancement idéale si le Français conserve les "meilleures jambes de sa vie". Derrière, la descente escarpée en direction de Nembro ne sera pas un terrain hostile face à Remco Evenepoel, principal rival pour la place de vizir. Le final plat siéra indubitablement au style ramassé du Brabançon, mais après 241 kilomètres, Seixas a prouvé qu'il avait le moteur et les ressources pour résister. Passé ces suppositions, le scénario, on l'espère, ne sera pas aussi lisible. Dans tous les cas, préparez-vous, car avec Seixas, vous n'avez pas fini de rêver.
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