TOUR DE ROMANDIE - De Wiggins à Bernal, neuf ans de règne (presque) sans partage pour Sky

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TOUR DE ROMANDIE - Si le nouveau maillot de Team Ineos sera officiellement dévoilé à l’occasion du Tour du Yorkshire jeudi, les coureurs du Team Sky aboreront dès mardi un maillot floqué du nouveau sponsor pour le Tour de Romandie. Après neuf années ponctuées par six Tours de France, le Team Sky engage sa révolution de velours.

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Crédit: Eurosport

Bradley Wiggins, Christopher Froome, Geraint Thomas. Ce sont sans doute les trois principaux noms qu’on retiendra des neuf années passées par le Team Sky dans le peloton. Cette semaine, le célèbre sponsor à la bande dans le dos passera la main en deux temps à Ineos, géant de la pétrochimie et propriété de Jim Ratcliffe, plus grande fortune du Royaume-Uni.
Prévue symboliquement pour le Tour du Yorkshire jeudi, la passation débutera finalement dès mardi sur le Tour de Romandie, calendrier et course par étapes oblige. Un changement sans grand changement ? Depuis 2010, la formation britannique écrase le Tour de France, et l'arrivée d'un nouveau sponsor aussi puissant devrait pérenniser les ambitions.

Six Tours de France en sept ans

Que retiendra-t-on de ce Team Sky ? L’image d’un ogre des Grands Tours qui n’a laissé que des miettes, assurément. Depuis sa prise de fonction en 2010, la formation britannique a remporté 8 des 27 Grands Tours disputés, dont cinq des neuf derniers. Depuis 2012, année du premier Tour de France estampillé Sky avec Bradley Wiggins, la formation britannique n’a laissé passer qu’une année sans s’imposer au moins une fois sur trois semaines, en 2014. L’année où Chris Froome abandonne sur les pavés du Nord lors de la 5e étape du Tour de France.
Sur le Tour de France, chasse gardée de l'équipe, la marque a été bien répartie : un pour Bradley Wiggins (2012), quatre pour Chris Froome (2013, 2015, 2016, 2017) un pour Geraint Thomas (2018). Dave Brailsford a changé les hommes et les stratégies, mais n’a jamais bien longtemps lâché son emprise sur les Grands Tours, notamment la Grande Boucle.
Au-delà des classements, c’est l’impression visuelle qui a souvent été saisissante. Celle d’un train presque robotique, une fusée à plusieurs étages qui asphyxie par l’arrière avant de mettre sur orbite le leader désigné. Grâce à des coéquipiers à-même d’être leaders dans d’autres grandes équipes (Richie Porte, Sergio Henao, Wout Poels, Mikel Landa), le train Sky a tout essoré pendant sept ans sur le Tour de France. De quoi forcément amener la lassitude du public et l’éveil des soupçons devant une telle domination.

Un changement dans la continuité

Critiqué par beaucoup, adulé par certains, le Team Sky a clivé le peloton et le public depuis bien longtemps. L’heure est donc au changement. Exit Sky, welcome Ineos et la fortune de Jim Ratcliffe, estimée à 25 milliards d’euros. L'image de la formation aux six Grands Tours et deux Monuments (Liège-Bastogne-Liège 2016 avec Poels, Milan-San Remo 2017 avec Kwiatkowski) changera-t-elle pour autant ? Sur les résultats, elle ne devrait en tout cas pas y perdre au change.
En adepte du détail et du gain marginal, elle ne cesse de préparer l’avenir. Chris Froome (33 ans) et Geraint Thomas (32 ans) ont largement dépassé la trentaine ? Qu’importe. Egan Bernal (22 ans, 15e pour son premier Tour en 2018 et vainqueur de Paris-Nice 2019) est déjà prêt. Pavel Sivakov (21 ans, récent vainqueur du Tour des Alpes) commence à confirmer. Team Sky n'est plus, mais ni Ineos, ni les hommes de Dave Brailsford ne sont prêts à lâcher leurs ambitions.
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