Patrick Lefévère, le grand manitou de la Deceuninck-Quick Step, aime ça. Les anciennes gloires sur le déclin, c'est son truc. Alessandro Petacchi et Philippe Gilbert peuvent en témoigner. Avec eux, le pari avait fonctionné. Mieux pour Gilbert, qui avait remporté le Tour des Flandres avec le maillot bleu. Le sprinteur italien, lui, avait décroché un seul succès avec la bande à Lefévère. Le dernier de sa carrière, le 150e à l'occasion du Grand Prix Cerami 2014. Trois ans après sa dernière victoire. Trois ans, c'est aussi ce qui sépare Mark Cavendish de son ultime succès professionnel, le 146e. Deceuninck-Quick Step peut-elle encore faire un miracle ?

Gagner avec Cavendish à tout prix… au risque de perdre ?

Mercredi à l'occasion du Grand Prix de l'Escaut, l'équipe belge en avait tellement envie… qu'elle a fini par perdre. Alors que le train bleu menait le peloton, que rien ne semblait pouvoir le faire dérailler, la tactique qui a consisté à placer Cavendish dans la roue de Sam Bennett, le meilleur sprinteur du début de saison, a mené au succès de… Jasper Philipsen. Les Deceuninck-Quick Step se contentant des deuxième et troisième places puisque Bennett, parti finalement trop tard, n'a pu remonter son dernier adversaire et que Cavendish, pourtant idéalement placé, n'est jamais revenu ne serait-ce qu'à hauteur de son coéquipier irlandais.
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"La déception de ne pas avoir gagné aurait été plus grande si nous n'avions pas déjà gagné cette saison", s'est épanché Wilfried Peeters, le directeur sportif, auprès du Het Nieuwsblad. Une déclaration qui accrédite une thèse qui sautait aux yeux mercredi : sur une course qu'il a déjà remportée trois fois, Deceuninck pensait permettre à Cavendish de lever les bras. Et était prête à sacrifier un succès avec Bennett pour cela. Le gain d'un succès avec le Cav' aurait été plus important. Émotionnellement, déjà, mais aussi en termes de communication. Ce n'est pas par hasard que Lefévère a fait revenir le sprinteur britannique en fin de saison dernière.
Deceuninck-Quick Step cultive une image à part dans le peloton. Le "Wolfpack" ou la "meute de loups", met en avant le collectif avant les individualités, mais gagner avec Alaphilippe ou Cavendish n'a pas la même résonance que le faire avec Asgreen ou Bennett. Le sprinteur britannique avait ému le monde du cyclisme en évoquant, en larmes, sa retraite en octobre dernier. Le voir retrouver une équipe après ça était déjà beau. Pour que l'histoire soit magnifique, il faudrait qu'il gagne. Mais en est-il encore capable ?

Le Tour de Turquie, épreuve libératrice pour Cavendish ?

"Nous avons ajouté Mark à l'équipe en dernière minute. On ne peut pas le blâmer. Il était dans le premier groupe après tout. Il a fait exactement ce que nous lui avions dit", relativise-t-on du côté de Wilfried Peeters. Cette saison, Cavendish a frôlé deux fois la victoire. Sur le GP Jean-Pierre Monseré où Tim Merlier l'a battu, et sur la première étape de la Semaine Internationale Coppi et Bartali, quand le modeste Jakub Mareczko l'a frustré. "Je veux conserver une note positive. Cav' est désormais tout proche de gagner", juge Peeters. Dès le Tour de Turquie, auquel le sprinteur de 35 ans prendra part à partir de dimanche ? "Ça va se jouer à des détails mais oui, c'est possible."

Mark Cavendish | Deceuninck-QuickStep

Crédit: Getty Images

"Le Tour de Turquie cette année a beaucoup d'étapes qui pourraient s'achever avec un sprint massif. Il y aura des possibilités pour nos gars rapides qui pourront compter sur une équipe solide capable de contrôler la course et de les emmener parfaitement dans le final", embraye Rik Van Slycke, autre membre de l'encadrement sportif de Deceuninck-Quick Step. En Turquie, l'équipe belge se présente avec trois sprinteurs : Cavendish donc, mais aussi le revenant Fabio Jakobsen et Alvaro Hodeg. Le Britannique est-il la meilleure carte ? Pas évident, surtout face au Colombien.
Que vont faire les hommes en bleu ? Difficile à dire, mais miser une nouvelle fois sur un Cavendish pourrait créer des remous au sein même du collectif. Si Fabio Jakobsen, sans doute très heureux d'être là huit mois après sa terrible chute en Pologne, ne demandera rien d'autre que reprendre ses repères dans le peloton, difficile d'imaginer un Hodeg d'accord pour se sacrifier tous les jours. Mais comme le cœur a ses raisons que la raison ignore... Non, Cavendish ne sera pas le meilleur atout sportif de son équipe, mais l'histoire serait trop belle. Alors...

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