Tour des Flandres | Mathieu Van der Poel, un immense défi face à Tadej Pogacar et des records à la pelle

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Co-favori du Tour des Flandres avec Tadej Pogacar, Mathieu Van der Poel s'élancera avec à l'horizon quelques morceaux d'Histoire. Il peut évidemment devenir seul recordman de victoires sur le Ronde mais ce n'est pas tout. Il faudra pour cela battre le champion du monde slovène qui est le seul à l'avoir battu dans les Flandres ces trois dernières années.

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On le sait amateur de grandes victoires, de belles voitures et du soleil espagnol, Mathieu Van der Poel aime-t-il aussi les chiffres et les statistiques ? Sur le Tour des Flandres, il est monsieur 50%. Six participations, trois victoires qui font de lui le co-recordman de succès sur le Ronde avec Achiel Buysse, Fiorenzo Magni, Eric Leman, Johan Museeuw, Tom Boonen et Fabian Cancellara. Une palanquée de légendes où ne figure pas Eddy Merckx et qu'il peut reléguer au second rang s'il venait à battre Tadej Pogacar et les autres, dimanche. Rien que ça.
Avec son arrivée tardive sur la route (2019 pour une première saison "complète"), l'âge déjà un peu avancé qui est le sien (30 ans depuis janvier) et l'idée qu'on se fait qu'il ne fera pas de vieux os dans le cyclisme, on ne prend pas trop de risque en annonçant que "MVDP" n'ira pas chercher le record de participations dans les Flandres (20 pour Briek Schotte). On se demande même s'il ira chercher la quinzaine de participations qu'il avait fallu à Museeuw, Boonen ou Cancellara pour décrocher leurs trois victoires. Le temps devrait s'occuper de faire baisser son incroyable ratio d'une victoire tous les deux ans (2020, 2022 et 2024) mais en attendant, Van der Poel est aux portes de l'histoire. 

Le Tour des Flandres, sa classique préférée 

Des cinq Monuments, le Tour des Flandres est celui où le Néerlandais a connu les meilleurs résultats. S'il n'était pas devenu l'alpha et l'oméga de Milan-Sanremo, il n'y aurait aucun débat sur celui qui lui convient le mieux car outre ses trois succès, le leader d'Alpecpin-Deceuninck y compte deux deuxièmes et une quatrième place. De sa première participation en 2019, on aurait déjà pu tirer toutes les leçons qui se sont confirmées par la suite. 
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Dans une course rocambolesque qui l'avait vu connaître un tas d'ennuis dont une grosse chute à 60 kilomètres de l'arrivée, Van der Poel avait quand même réussi à terminer quatrième en arrivant dans le groupe qui avait disputé la place de dauphin d'Alberto Bettiol. Était-il déjà le plus fort ? Peut-être. "C’est ma classique préférée, confiait-il en 2024 après sa victoire. Je suis tombé amoureux dès ma première participation. Et c’est celle qui me convient le mieux aussi." Parce que courir sur les pavés nécessite une belle dose de technique et que le cyclo-cross met en valeur les efforts courts mais violents, on avait imaginé qu'il s'y plairait. 
Dans les monts courts des Flandres, Van der Poel est dans son élément avec l'alliage d'explosivité et de force qui est le sien. Sa capacité à appuyer fort sur les pédales tout en restant assis sur sa selle grâce à des hanches ultra-puissantes font des ravages sur les pourcentages dingues du Koppenberg ou du Paterbeg. Face à 99% du peloton, Van der Poel n'a pas grand-chose à craindre dans les Flandres. Il n'y a qu'un Tadej Pogacar (UAE-Emirates) pour le mettre en difficulté et encore, pas partout. Le Néerlandais a récemment lui-même reconnu que le Vieux Quaremont, plus long que les autres, était le plus grand danger pour lui face au rouleau-compresseur qu'est son rival Slovène. 

Battre Pogacar dans les Flandres : son plus grand défi 

Pour le reste, Van der Poel est comme chez lui dans les Flandres. Sa technique lui permet d'éviter les pièges nombreux et son équipe a grandi avec lui devenant une référence. Dimanche, Van der Poel ne sera pas seul face à l'armada autour de Tadej Pogacar. Lui pourra compter sur Gianni Vermeersch, Silvan Dillier ou Xandro Meurisse même si, au final, tout devrait se résumer à un affrontement en un contre un dans le tourniquet flandrien. 
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Tout le paradoxe réside ici pour Van der Poel. Il est le maître de cette course et pourtant y dominer Pogacar semble être son plus grand défi en attendant de savoir ce que le champion du monde a dans le ventre sur Paris-Roubaix. En 2022, il lui avait fallu convoquer des trésors de résilience pour résister au Slovène, ce qu'il n'avait pas su faire l'année suivante. Pour sa troisième participation, Pogacar devrait encore être l'agresseur et Van der Poel fera tout pour accrocher sa roue avant de, peut-être, tenter le contre comme sur Milan-Sanremo. 
Remporter une quatrième victoire synonyme de record en battant ce Tadej Pogacar-là aurait une forme de prestige rarement égalée pour Van der Poel. Si un succès lui permettrait de devenir seul au monde dans l'histoire du Tour des Flandres, il lui permettrait aussi de remporter un quatrième Monument pavés de suite, ce que personne n'a jamais fait et de faire grimper sa série à quatre années de suite avec au moins l'une de ces courses à son palmarès. Là aussi, ce serait unique. Enfin, cerise sur le gâteau, une victoire et il repasserait devant Pogacar avec huit Monuments contre sept.
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