Tour des Flandres | Valentin Madouas, tellement fort, tellement frustrant
Eurosport sur GoogleMeilleur Français de l'édition 2024 (16e), sur le podium en 2022 (3e), Valentin Madouas (Groupama-FDJ) devrait une nouvelle fois représenter la meilleure chance tricolore ce dimanche sur le Tour des Flandres. Aussi cinquième d'un Liège-Bastogne-Liège et deuxième lors des JO de Paris 2024, le Breton adore ces courses longues et a probablement une très grande victoire dans les jambes.
Madouas sur le dilemme du placement : "Parfois, il faut faire des paris"
Video credit: Eurosport
Comment qualifier un coureur qui possède à son palmarès une troisième place sur le Tour des Flandres, une cinquième à Liège-Bastogne-Liège, une médaille d'argent sur la course en ligne des Jeux Olympiques mais dont les plus belles victoires sont la Bretagne Classic et le championnat de France ? C'est là tout le paradoxe de Valentin Madouas (Groupama-FDJ), machine à écraser les pédales, capable de tout, comme briller sur les Flandriennes ou les Ardennaises mais aussi sur une étape de montagne du Tour de France, mais parfois si peu conscient de sa force qu'il en oublie qu'il peut, et doit, viser encore plus haut.
- Le Tour des Flandres est à suivre sur Eurosport et MAX !
- Duel Pogacar-Van der Poel, horaires, chaîne : comment voir le Tour des Flandres ?
Son style de rouleau-compresseur, Madouas le revendique. Il est plus Mads Pedersen que Mathieu Van der Poel et c'est ainsi. Ces qualités-là lui permettent d'être encore en vie quand l'air se raréfie, une fois la barrière des 230 kilomètres franchie. "C'est le métabolisme qui fait ça", résumait-il le plus simplement du monde en début de saison pour Eurosport. Madouas accepte ce qu'il est, prend les avantages et les inconvénients, mais n'oublie pas qu'une carrière professionnelle passe à toute vitesse et qu'il convient d'en tirer le maximum.
Le défi de Madouas : répondre aux "coups de fusil"
C'est peut-être pour ça qu'il a demandé à changer d'entraîneur l'hiver dernier. Tout se passait pour le mieux avec David Han, par ailleurs également coach de David Gaudu, mais le Breton avait besoin d'autre chose. Anthony Bouillod, qu'Eurosport a joint dans la semaine précédant le Ronde de dimanche, est conscient de la tâche qui lui incombe et des demandes de son nouveau poulain. "Il avait besoin d'un peu de nouveauté, dans la relation, les séances, dit l'entraîneur. Parfois, ça apporte un peu de motivation."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/01/10/4080257-82742788-2560-1440.jpg)
POV : Madouas dans la roue d'Evenepoel lors des JO
Video credit: Eurosport
Surtout, Madouas voulait travailler à nouveau ses qualités de puncheur, conscient que son côté diesel allait s'accentuer avec les années qui passent (28 ans). Or, si celui-ci lui a permis d'obtenir ses meilleurs résultats, il est aussi un piège dans le cyclisme des années 2020. Bouillod toujours : "Pour schématiser les Monuments, il y a un ou deux coups de fusil qui sont vraiment très violents. Une fois que c'est parti et qu'on est dans le bon groupe, ce n'est pas le plus dur, c'est ce coup de fusil. Donc on a vraiment essayé de travailler sur des efforts violents avec de la fatigue." Une manière d'aller contre la nature du coureur.
Il est "carrément frustrant !"
D'une certaine manière, on effleure ici le plus grand défaut de Valentin Madouas, celui qui cause quelques tempêtes dans les crânes des dirigeants de son équipe : une agressivité un peu défaillante parfois. A la question, "est-il frustrant ?", son entraîneur répond sans l'ombre d'une hésitation : "carrément frustrant !". Autour du Breton, on est sans doute plus conscient que lui qu'il a les qualités pour remporter une très grande course. Encore faut-il régler un problème ciblé depuis des années et critique quand on parle du Tour des Flandres : le placement.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/04/01/image-9e74cd31-d69d-4030-bcc5-723eb4861836-85-2560-1440.jpeg)
Pogacar vs Van der Poel dans le Vieux Quaremont : deux duels, deux issues
Video credit: Eurosport
"Je fais des paris, se défend l'intéressé. Se placer avant chaque mont, ça utilise énormément d'énergie. Face à Van der Poel ou Pogacar, il faut que je joue sur quelque chose de différent. Quitte à me prendre une relance ou deux en plus, mais ça me permet peut-être de faire un effort en moins pour le placement." Du côté de son entraîneur actuel, et du précédent probablement, on ne voit pas les choses de la même manière et on considère que Madouas grille à l'inverse des cartouches en n'allant pas frotter à l'avant.
Du gâchis
"Je pense même que parfois, ça peut être apparenté à du gâchis, ose Bouillod. Tu sais qu'à quelque chose près, il est à deux doigts d'un gros résultat." Derrière les extra-terrestres que sont Van der Poel ou Pogacar, un peu en retrait aussi par rapport à Pedersen, on peut légitimement mettre Valentin Madouas dans un groupe d'outsiders sérieux. À condition que le Breton se fasse un peu violence, qu'il assume peut-être un peu plus des ambitions très élevées. On l'espère en tout cas chez Groupama-FDJ où on loue un homme agréable, mais qui gagnerait peut-être à s'affirmer davantage.
Au sein de l'équipe française, on prie pour que les planètes s'alignent et que, porté par un objectif qui le transcende, Madouas puisse se dépasser et devenir ce qu'on l'imagine être. Bien sûr, on ne lui prête pas la force nécessaire pour suivre Mathieu Van der Poel et Tadej Pogacar, même s'il fut le dernier à lâcher la roue du duo il y a trois ans dans le Vieux Quaremont (3e), mais il n'est pas interdit d'avoir des idées et de penser qu'anticiper les grandes manœuvres pourrait s'avérer payant un jour.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/03/28/3670953-74727988-2560-1440.jpg)
Rétro 2022 - Van der Poel finisseur racé, Pogacar animateur piégé, Madouas proche d'être sacré
Video credit: Eurosport
Si j'arrive à prendre un coup d'avance...
"Si j'arrive à prendre un coup d'avance et qu'ils reviennent sur moi, je donnerai tout pour m'accrocher et essayer de les suivre, se projette l'intéressé, interrogé à deux jours de l'épreuve. La tactique a l'air assez simple quand il y a Tadej Pogacar au départ. Son but, c'est de durcir la course (...) Le problème, c'est qu'il faut trouver un moment pour anticiper son mouvement." Et se donner l'opportunité de flirter avec le sacre. "L’objectif de l'équipe est un top 5", ajoute le 16e de l'édition 2024 (meilleur Français), citant son compère Stefan Küng comme autre prétendant à un tel résultat.
Son dessein, individuel, est profond. "Ces courses-là me font rêver, confiait Madouas en début de saison. Franchement, c'est assez incroyable. Donc moi, mon objectif, c'est vraiment d'aller en chercher une de ces longues." Paradoxal Madouas qui aurait le talent pour se forger un palmarès solide, mais qui vibre tellement pour les grandes courses et pour elles seules qu'il en oublie parfois qu'il est plus fort que la majorité des coureurs du peloton qui l'accompagne.
Sur le même sujet
Plus de détails
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/sport/timejudgesports/competition/logo/300/20490.png)
Course en ligne | HommesBeernem → Oudenaarde / 268.9 km
1
T. PogacarTerminé
Commenté
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/06/02/image-762153d1-43fe-47bc-a55b-87dd5e59fbfc-68-310-310.jpeg)