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Les Français attendus
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Publié 02/04/2005 à 10:30 GMT+2
Dernier vainqueur français du Tour des Flandres, il y a 13 ans, Jacky Durand attend un successeur. Car après les retraites de Richard Virenque et Laurent Jalabert, le peloton français se sent orphelin et se cherche un leader. Quel tricolore peut gagner di
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Le Tour des Flandres attend depuis 13 ans le successeur français de Jacky Durand et tout laisse penser, malheureusement, que l'édition 2005, dimanche, ne le connaîtra pas.
Les Français à la peine
La faiblesse du cyclisme national à haut niveau est criante depuis quelques années et cette course, très particulière, ne lui a jamais convenu. Il y a toutefois une poignée de coureurs, et notamment le champion de France Thomas Voeckler, qui se font une joie d'y participer.
Créé en 1913, le Tour des Flandres a connu trois vainqueurs français seulement : Louison Bobet en 1955, Jean Forestier en 1956 et Jacky Durand en 1992. La difficulté des Français à s'y illustrer, à bien franchir les monts pavés, à frotter toute la journée pour conserver un bon placement, à accepter de prendre tous les risques sur des routes sinueuses, étroites et balayées par un vent changeant, conforte le sentiment qu'ils inspirent à nos voisins flamands.
"Les cyclistes français sont des coureurs de salon qui n'aiment que le Tour de France !", entend-on souvent de l'autre côté de la frontière. Une gentillesse qui repose sur le manque d'intérêt pour ce qui est considéré en Belgique comme la plus belle course du monde. Elle repose aussi sur les exemples de champions de l'envergure de Bernard Hinault qui la considérait comme "une loterie".
En manque de confiance
Le règlement incitait le Breton à en prendre le départ mais il faisait rapidement demi-tour et parfois regardait l'arrivée assis dans un fauteuil, devant un poste de télévision.Il est aussi des exemples contraires avec Marc Madiot ou Gilbert Duclos-Lassalle dans les années 80, Laurent Fignon et Charly Mottet un peu plus tard, qui aimaient cette course mais qui n'ont jamais su s'y imposer.
Jacky Durand avait mis fin, en 1992, à une disette de 36 ans mais sa victoire, aussi belle fut-elle, avait été permise par un peloton qui s'était trop longtemps désintéressé de son échappée en compagnie du Suisse Thomas Wegmüller et du Belge Hervé Meyvish.
Dans le contexte actuel d'un cyclisme français en crise de confiance et en manque de résultats, il faut se demander lequel dimanche, et peu importe le scénario, est capable de briller dans les Flandres. Ils seront une grosse vingtaine de coureurs français au départ, la plupart pour faire le nombre, quelques-uns avec l'envie de se frotter aux costauds dans les monts, peut-être en nourrissant le rêve de s'y imposer.
La carte Brochard
Le toujours jeune Laurent Brochard, vainqueur de Paris-Camembert mardi, meilleur représentant français depuis le début de saison et dans l'ensemble des classiques l'an dernier, veut y obtenir le meilleur résultat possible. Et s'il se rend compte que la victoire est impossible, il s'accrochera jusqu'à Meerbeke pour obtenir une place d'honneur comme il l'avait fait le 19 mars à l'arrivée de Milan-San Remo (13e).
La Française des Jeux misera sur son Autrichien Bernhard Eisel, sur l'Australien Baden Cooke, mais aussi sur son trio de trentenaires Ludovic Auger-Christophe Mengin-Frédéric Guesdon. Ce dernier semble avoir d'aussi bonnes jambes qu'en 1997, l'année de son triomphe dans Paris-Roubaix, mais il sait aussi devoir recevoir le le coup de pouce du destin pour créer la surprise.
Voeckler n'y croit pas
Enfin, le champion de France Thomas Voeckler ne cache pas sa difficulté à progresser dans ces courses d'un autre temps mais il ne feint pas non plus son bonheur de les disputer.
"Je n'ai rien pour gagner une course comme celle-là. Je n'ai pas le gabarit, je n'aime pas frotter et je ne suis pas fou mais je ne laisserais ma place pour rien au monde parce que, selon moi, le vrai cyclisme, il est là, sur cette terre" assure-t-il avec son éternel sourire et son habituel lucidité. "Il y a de la tension, du spectacle, une impressionnante ferveur du public. C'est beau tout simplement. Je vais vous faire un aveu, entre une victoire d'étape dans le Tour de France et un succès dans les Flandres, je n'hésite pas, je choisis le deuxième !"
Pour autant, Thomas Voeckler le sait bien : pour gagner ici, la connaissance du terrain est primordiale. Et si, comme cela est annoncé, il pleut dimanche entre Bruges et Meerbeke, il y a une chance sur mille pour que la victoire échappe à un Flamand ou un Néerlandais.
Toutefois, la défaite d'un coureur français en Flandres n'a jamais été humiliante. Dimanche, elle serait logique comme c'est hélas devenu le cas partout ailleurs depuis la retraite de Laurent Jalabert.
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