"Un scénario parfait"

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Tom Boonen était sûr de lui avant le Tour des Flandres. La seconde victoire consécutive du champion du monde dans le Ronde est venu donner un poids certain à ses certitudes. Un succès aux allures de chef-d'oeuvre, tant le Belge a donné le sentiment de dom

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Tom, la course est apparue limpide aujourd'hui. Eprouvez-vous le même sentiment?
Oui, j'étais très fort. J'ai fait ce que je devais et ce que je voulais faire et personne n'a pu m'en empêcher. C'était limpide en effet.
L'attaque de Leif Hoste a-t-elle fait vos affaires ?
Peut-être mais sur le coup, j'ai été un peu surpris. Attaquer à seulement cent mètres du sommet (du Valkenberg), c'était un drôle d'endroit. Mais quand j'ai vu que le trou se faisait et que seul (Karsten) Kroon tentait de s'accrocher, j'ai décidé de rouler à bloc pendant un kilomètre pour lâcher le Néerlandais. L'écart était fait... Et derrière, Paolo (Bettini) a bien freiné la poursuite. Mais si Leif n'avait pas attaqué au sommet du Valkenberg, j'avais prévu de faire un truc dans le mur de Grammont.
Tout de même, les Discovery n'ont-ils pas fait un mauvais choix en lançant Hoste plutôt qu'Hincapie, plus rapide au sprint?
Mais j'aurais battu Hincapie aussi, de la même manière ! C'est le problème avec moi Même si vous essayez de me suivre, vous ne pouvez courir que pour la deuxième place.
Avec Leif Hoste, vous vous êtes parlé sous la flamme rouge. Pour quoi dire ?
C'était de l'intox! Je lui ai dit qu'il pouvait tout essayer, je le battrais quand même. S'imposer au sprint requiert d'être le plus fort psychologiquement. Je l'étais.
Vous n'avez donc jamais douté de votre succès ?
Je n'avais pas peur de perdre la course. J'étais sûr de moi. Mais j'avais peur de tomber ou d'être victime d'une stupidité. Et tout s'est déroulé comme dans un rêve. Avant et pendant la course. Avant parce que j'ai effectué une préparation idéale. Et pendant, parce que la course s'est déroulée selon un scénario parfait. Je dois d'ailleurs remercier mes équipiers qui ont fait un travail fantastique. J'étais le seul leader de l'équipe et ils m'ont tous fait confiance.
Tout semble très facile avec vous...
(Il coupe...) Cela semble facile mais ça ne l'est pas. Gagner n'est jamais facile. Aujourd'hui pas plus qu'un autre jour. J'étais le favori, je ne pouvais pas me cacher, tout le monde m'attendait au tournant. Il faut savoir répondre présent dans de telles circonstances. Ce n'est pas facile à gérer, malgré les apparences.
Vous êtes le premier depuis Merckx en 1975 à remporter le Ronde avec la tunique arc-en-ciel sur les épaules. Est-ce une fierté ?
C'est vraiment très spécial, oui. Vous n'avez pas l'occasion de gagner le Tour des Flandres avec le maillot de champion du monde sur le dos. Toutefois, ce n'est pas le plus important. Seule la victoire est belle et me rend heureux. Peut-être que je me rendrai compte du reste, des anecdotes, du palmarès, une fois ma carrière terminée.
Dimanche prochain, au départ de Paris-Roubaix, serez-vous à nouveau l'homme à battre ?
Laissez-moi d'abord savourer mon succès. Je n'ai jamais caché que réaliser une nouvelle fois (comme en 2005) le doublé Tour des Flandres / Paris-Roubaix était un réel objectif. On verra... Dans l'Enfer du Nord, je ne serai pas le seul leader. Filippo Pozzato et moi, nous partirons fifty-fifty. Il a gagné Milan-Sanremo et moi le Ronde. Paris-Roubaix pourrait nous départager (rires).
Vous devrez quitter votre maillot arc-en-ciel pour mettre celui de leader du pro Tour...
Oui, je sais et je n'aime pas trop ça. Ça m'énerve un peu. Le maillot arc-en-ciel est tellement plus beau.
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