Tous à pied !

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Cela restera comme l'image de ce Tour des Flandres 2006: la moitié du peloton contraint d'achever l'ascension du Koppenberg à pied a marqué les esprits, et relancé la polémique sur l'opportunité de mettre ce terrible mont au programme du Ronde.

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Crédit: Eurosport

"Après, il n'y a plus eu de course !", s'est emporté Marc Madiot, directeur sportif d'une équipe (Française des Jeux) qui a perdu toutes ses chances dans ce secteur pavé de 682 mètres seulement, situé à plus de 70 kilomètres de l'arrivée, dans le décor paisible des Ardennes flamandes. Il a suffi d'un coureur en travers, dans cette côte pentue bordée de peupliers sur sa partie finale, pour bloquer la plus grande partie du peloton.
En tête du peloton, une demi-douzaine de coureurs -la quasi-totalité des favoris- avaient échappé à l'hécatombe et allaient se disputer entre eux la victoire, avant le succès attendu du Belge Tom Boonen. Pour désarmer les contestataires du Koppenberg, jadis abandonné par le Tour des Flandres à cause d'incidents à répétition avant d'être proprement rénové, les organisateurs avaient soigneusement préparé le terrain.
En nettoyant le chemin, avec l'aide d'engins motorisés, et en sauvegardant le secteur interdit aux voitures quarante-huit heures avant la course, selon les explications d'un membre de l'organisation. Pourquoi le Koppenberg s'est-il transformé en gigantesque embouteillage, cimetière d'ambitions pour nombre de coureurs ? Le Norvégien Thor Hushovd, pourtant bien placé au pied, a expliqué qu'il avait d mettre pied à terre après avoir été poussé: "Je me suis retrouvé sur la partie mouillée et glissante. Il fallait grimper au milieu, sur la partie sèche."
Lelangue: "On a eu de la chance..."
La principale victime, le Néerlandais Erik Dekker, a râlé après ce chaos qui a anéanti ses derniers espoirs de remporter un jour le Tour des Flandres. Comme tant d'autres avant lui ont protesté au soir de Paris-Roubaix après avoir perdu toute chance dans la tranchée d'Arenberg, l'équivalent médiatique et stratégique du Koppenberg. "Bien sûr, les costauds ont été devant, a admis Marc Madiot. Mais ça a mis la course en l'air". Et de prôner un changement dans l'ordonnancement du parcours afin que le redouté Koppenberg intervienne plus près de l'arrivée, au moment où le peloton s'est effiloché.
Son homologue de l'équipe Phonak, John Lelangue, qui a vu ses huit coureurs retardés à cet endroit précis, a pris les choses avec philosophie: "On a eu de la chance, c'était plutôt sec. Le Koppenberg fait partie de la course. Un jour, cela nous sourira peut-être !" Hushovd lui-même a admis la part d'aléas représentée par cette côte qui comporte en son milieu un passage à 20 pour cent: "C'est la course ! Il faut connaître le parcours mètre par mètre. Les Belges, eux, connaissent même les trous sur la route."
Dans les colonnes du journal belge La Dernière Heure, l'ancien champion belge Walter Godefroot, directeur sportif de l'équipe T-Mobile jusqu'à l'année passée, avait rappelé par avance: "Il y a deux classiques spéciales dans le cyclisme, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Les coureurs le savent. Mais ce sont aussi des courses qui apportent plus que les autres." En tout cas, elles font parler...
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