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Greg Van Avermaet et l'équilibre incertain de la victoire

Van Avermaet et l'équilibre incertain de la victoire

Le 01/04/2018 à 10:03

TOUR DES FLANDRES - Au printemps 2017, il raflait tout sur son passage. En 2018, Greg Van Avermaet cherche encore l’ouverture sur les pavés. Le vainqueur sortant de Paris-Roubaix montre peut-être mieux que personne dans le peloton que le succès n’est jamais garanti, malgré toutes les qualités qui font un champion comme lui.

La recette du succès regorge d’ingrédients secrets, participant d’une émulsion particulièrement instable. Demandez à Greg Van Avermaet (BMC Racing Team). L’an dernier, il était le roi des pavés, l’homme d’un hallucinant quadruplé Nieuwsblad - E3 - Wevelgem - Roubaix. Mercredi, Golden Greg se démenait en vain sur les routes d’À travers la Flandre, un terrain de jeu a priori idéal pour le champion olympique.

Van Av’, comme disent les amis belges (GVA renvoie plutôt à la Gazet Van Antwerpen, paraît-il), avait pourtant dessiné un beau coup avec son cadet Tiesj Benoot, mais le duo de Flandriens a été revu et Van Avermaet est resté fanny sur les pavés. Yves Lampaert, beau coureur mais certainement moins talentueux, offrait lui un vingtième succès cette saison à la Quick-Step. Comme quoi certains connaissent bien les ingrédients secrets du succès.

Les hommes de Pat’ Lefevere comme Greg Van Avermaet signent un début d’année 2018 en dehors des standards, mais sur deux trajectoires opposées. Vainqueur d’une étape sur le Tour d’Oman, le champion olympique n’a fini que deux fois dans le top 10 de courses d’un jour. Voilà trois ans que Van Avermaet n’a pas bouclé un printemps sans victoire sur les pavés. Ses compatriotes le surnommaient alors “Net Niet” (“juste pas”).

"On minimise trop la dimension mentale du sport cycliste"

Immense favori d’un Tour des Flandres qu’il avait finalement perdu sur chute l’an dernier, Greg Van Avermaet repasse au second rang des pronostics pour dimanche, derrière l’aimant Sagan, un Gilbert qu’on espère aussi flamboyant que l’an dernier, voire le prodige Benoot, dont l’heure doit vite venir. "Je me sens aussi fort, voire plus fort que l’an dernier", a pourtant régulièrement expliqué le vainqueur sortant de Paris - Roubaix depuis le début de l’année. Mais les bouquets ne fleurissent pas.

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"Je pense que les analystes minimisent trop la dimension mentale du sport cycliste", expliquait-il en février à un confrère de Vélo Magazine, sans se douter alors que la victoire allait ensuite le fuir. "Ces deux dernières saisons, j’ai levé les bras à chaque fois sur le Circuit Het Nieuwsblad, le premier rendez-vous d’envergure de l’année pour un coureur belge comme moi. Un succès dès le mois de février a le pouvoir de vous débarrasser de toute forme d’incertitude quant à votre condition. Sur la saison des classiques, un coureur de mon profil se voit offrir cinq ou six chances de s’imposer. Saisir à pleines mains la toute première vous aspire dans le tourbillon d’une spirale positive.”

Se maintenir au-dessus de la meute ? Une gageure

Cette fois, c’est une 50e place sur le Het Nieuwsblad qui a lancé Van Avermaet dans une spirale d’autant plus incertaine qu’il a quelque peu révisé sa préparation cet hiver. Lui assure ne pas s’inquiéter. La saison dernière était une exception, pas un étalon sur lequel calquer de nouvelles ambitions d’archi-domination sur les classiques, justifie-t-il. Après tout, il n’a qu’un Monument au palmarès et court toujours après son cher Ronde (il a fini sur le podium en 2014, 2015 et 2017).

Après sa moisson printanière, des pépins physiques l’avaient déjà un peu ramené dans le rang. Ses dernières sorties mitigées rappellent aussi à quel point il est difficile de dominer durablement et avec constance la meute des chasseurs de classiques. Sur les onze derniers Monuments, on compte autant de vainqueurs différents ! Les règnes comme ceux de Tom Boonen et Fabian Cancellara sur les Flandriennes et Alejandro Valverde dans les Ardennaises tiennent de l’anomalie.

L’Espagnol est, avec Philippe Gilbert, le coureur en activité avec le plus grand nombre de succès sur les Monuments : quatre chacun, étalés sur une dizaine d’années. À bientôt 33 ans, Greg Van Avermaet n’a pas tout ce temps devant lui pour étoffer son palmarès. Heureusement, sa capacité à se hisser au niveau des grands rendez-vous n’est plus à démontrer depuis deux ans. Avec un petit brin de réussite, il pourra alors retrouver la saveur du succès.

Belgium's Greg Van Avermaet celebrates as he crosses the finish line at the end of the 115th edition of the Paris-Roubaix one-day classic cycling race, between Compiegne and Roubaix, on April 9, 2017 in Roubaix, northern France.

Belgium's Greg Van Avermaet celebrates as he crosses the finish line at the end of the 115th edition of the Paris-Roubaix one-day classic cycling race, between Compiegne and Roubaix, on April 9, 2017 in Roubaix, northern France.AFP

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