Tour des Flandres : Valentin Madouas, presque monumental
Par Laurent Vergne
Publié 04/04/2022 à 00:29 GMT+2
TOUR DES FLANDRES - Magnifique tout au long de la course, Valentin Madouas a fini par coincer face à Mathieu van der Poel et Tadej Pogaçar avant de fondre sur eux dans le sprint final. Le Breton de l'équipe Groupama-FDJ a pris la 3e place. Sans regrets, mais avec fierté. Ce premier podium sur un "Monument" confirme ses progrès spectaculaires et son potentiel sur ce type de rendez-vous.
L'incroyable dénouement : Van der Poel encore sacré, Pogacar piégé, Madouas sur le podium
Video credit: Eurosport
Il y a cru. Le coup parfait. Le "hold up". Surgi de l'arrière avec Dylan van Baarle, Valentin Madouas a failli faire la nique à Tadej Pogacar et Mathieu van der Poel, de loin les deux hommes les plus forts de ce Tour des Flandres, mais qui ont joué avec le feu dans le dernier kilomètre en se regardant. Le premier s'est brûlé, le second a gagné. Mais qui sait si, sans cette maudite crampe dans le sprint, qui l'a contraint à se rassoir sur sa selle avec pour conséquence une perte de vitesse rédhibitoire, Madouas ne serait pas devenu le quatrième vainqueur français du "Ronde", pile trente ans après Jacky Durand ?
Le Breton s'est finalement contenté d'une place sur le podium, la troisième. Contenté, c'est vraiment le mot. Il a du mal à faire la fine bouche après une telle course et un tel résultat. "C'est déjà magnifique de faire un podium dans un monument (le premier pour un coureur français depuis Sylvain Chavanel, 2e en 2011, NDLR), a-t-il rappelé à l'arrivée. C'est une de mes plus belles journées de vélo. Ce n'est pas la plus belle parce qu'il n'y a pas la victoire, mais je suis battu par plus fort". Voilà pourquoi il y avait bien plus de satisfaction que de déception chez lui ce dimanche soir à Audernarde.
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Pogacar partout, Van der Poel parfait, Madouas sur la boîte : le résumé d'un Ronde ébouriffant
Video credit: Eurosport
Lorsqu'il a mis les pieds dans les Flandres pour la première fois en 2020, Valentin Madouas ne savait pas trop à quoi s'attendre. Du côté de la Groupama-FDJ, on n'ignore pas le potentiel du garçon depuis longtemps, mais lui-même se cherchait encore une identité. "A la base, j'avais juste envie de voir", avouait-il à la veille du Tour des Flandres sur le site officiel de son équipe. Il a vu (39e en 2020, 14e en 2021) et il a aimé. A 25 ans, il a sans doute trouvé sa voie.
"Je me suis naturellement posé la question, et je pense effectivement que les Flandriennes peuvent mieux me correspondre que les Ardennaises, juge-t-il aujourd'hui. Sur toutes ces courses, il faut être fort, mais sur les Flandriennes, beaucoup d'autres paramètres rentrent en ligne de compte : la tactique, la chance, la vision de la course... Sur les Ardennaises, ce n'est presque que le physique qui parle. Je reste persuadé que je peux être présent devant sur les Ardennaises si je suis à 100%, mais il y a peut-être plus d'opportunités et il est sans doute plus facile pour moi de faire un résultat sur les Flandriennes. Le fait que la course se décante beaucoup plus tôt me plait. Et puis, ce n’est jamais terminé, il peut toujours se passer quelque chose."
Dimanche, il a joué dans la cour des grands. Il aura même été le dernier à accompagner les deux monstres que sont Van der Poel et Pogacar. Peut-être une surprise pour beaucoup d'observateurs, mais pour son directeur sportif, Frédéric Guesdon. "Il a démontré qu'il était capable de suivre les meilleurs s'il était placé. Au vu ce qu'il avait montré cette semaine et précédemment, ce n'était qu'une demi-surprise de le voir suivre Pogacar et van der Poel", estime le dernier vainqueur français de Paris-Roubaix.
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Madouas : "Dans le sprint, je crampe donc je dois malheureusement me rasseoir..."
Video credit: Eurosport
Les jambes, tout le monde était convaincu chez Groupama-FDJ que Madouas pouvait les avoir. Mais le sens du placement s'avère presque aussi important sur une course comme le Ronde et c'est d'ailleurs ce point dont le Finistérien avait fait son principal axe de progrès cette semaine : "Je pense que le placement reste le point principal à régler pour moi. Je manque encore un peu d'expérience sur ces courses, je ne sais pas trop à quel moment remonter." "Quand je l'ai vu placé en bas du Koppenberg, j'étais rassuré. Il avait presque fait le plus dur", selon Guesdon.
Jamais terminé. Il a failli matérialiser de la plus extraordinaire des façons cette théorie dans le dernier kilomètre dimanche. Pour le reste, sa course ne peut que le conforter dans l'idée qu'il est fait pour ces courses-là. "Malheureusement, il me manque un petit peu de jambes dans le Vieux-Quaremont pour suivre les deux, ça se joue vraiment à des détails. J'ai fait un peu trop d'efforts pendant la journée", dit-il, exprimant là son unique (petit) regret du jour.
Si le champagne n'a peut-être pas coulé chez Groupama-FDJ, les sourires étaient de sortie. Car c'est bien la performance collective, au-delà du résultat de Valentin Madouas, qui est à savourer. Situé à un troisième échelon derrière les deux duos (Pogacar-Van der Poel, Madouas-Van Baarle), le Suisse a lui aussi fondu sur la tête pour prendre la 5e place, à deux secondes du vainqueur. Il avait des jambes de feu, dimanche. Mais il a joué le jeu de l'équipe. Avec un podium et deux Tops 5, c'est une réussite presque totale. Et pour Valentin Madouas, une journée presque monumentale. L'année prochaine, peut-être...
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Kung a laissé le sprint à Madouas : "Je n'ai voulu pas bouger alors que j'avais les jambes"
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