Arkéa B&B Hotels : Simon Guglielmi s'interroge sur son avenir, l'ultimatum se raproche pour l'équipe d'Emmanuel Hubert

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Simon Guglielmi participe au Tour de Luxembourg cette semaine et dispute peut-être l’une de ses dernières courses avec le peloton professionnel. Fidèle à l’équipe bretonne depuis quatre saisons, l’ultimatum se rapproche pour la formation d’Emmanuel Hubert qui n’a toujours pas trouvé de partenaire pour l’an prochain. À 28 ans, le coureur d'Arkéa B&B Hotels pense même à la retraite.

Simon Guglielmi lors du dernier Giro d'Italia, son principal objectif de sa saison

Crédit: Getty Images

Jour après jour, l’espoir s’amenuise pour Arkéa B&B Hotels. Pourtant, Emmanuel Hubert et ses hommes s’accrochent, toujours, encore. Simon Guglielmi, arrivé au sein de l’équipe bretonne en 2022, vit l’une de ses dernières courses de la saison et peut-être même de sa carrière, sur le Tour de Luxembourg. Après le briefing veille de course avec les directeurs sportifs, le Savoyard semblait paradoxalement plus détendu que jamais, libéré, durant les 30 minutes d’entretien téléphonique accordées. Il avoue penser à la retraite sportive : il se verrait bien devenir entraîneur. Chez le Savoyard, le sport, c’est toute sa vie. 
La fin de saison approche, comment jugez-vous votre année jusqu’à présent ? 
Simon Guglielmi : De manière globale, je suis un peu déçu. Je pense que sur le papier, c'est une de mes moins bonnes saisons avec pas mal de petits pépins. Mais je reste motivé parce qu'au final, il y a des années où le début de saison n'est pas top et puis il suffit d'une ou deux courses pour qu’elle devienne plutôt réussie. C'est sûr que je suis un peu déçu, mais je ne baisse pas les bras, il reste encore un beau Tour de Luxembourg et un beau Tour de Chine (Tour du Guangxi). 
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Simon Guglielmi sur le Tour de Wallonie 2025

Crédit: Getty Images

Comment expliquez-vous ces difficultés ?
S.G : Au début de saison, j'ai mis longtemps à retrouver la forme. Pourtant, j'ai passé un bon hiver, mais il y a des fois où ça ne s'explique pas. Je suis tombé malade sur le Giro, qui était mon objectif. J'ai chopé une bactérie intestinale sur la deuxième partie, donc j'ai fini vraiment en difficulté et je pense que ça m'a bien pompé de l'énergie pour la suite. Depuis, il y a le côté mental qui joue. Être dans l'incertitude pour l'année prochaine, ce n'est pas quelque chose qui m'est favorable. Je ne suis pas un coureur qui marche à la pression. J'ai besoin d'être serein pour bien faire les choses et la pression, ça ne me met pas un coup de boost, c'est plutôt l'effet inverse. Mais là, j'ai bien travaillé mentalement et j'ai réussi à passer un peu au-dessus de ça pour bien me préparer pour le Luxembourg. J'espère que ça va payer. 
Justement, comment vivez-vous cette fin d'année avec une menace grandissante de voir Arkéa-B&B Hotels s'arrêter ?
S.G : Il y a eu, comme beaucoup de coureurs, des moments difficiles. Quand tu te lèves le matin  et que tu sais que c'est compliqué pour l'année suivante, tu te poses des questions forcément. Tu essaies de faire au mieux pour performer, mais quand ça ne se passe pas exactement comme prévu… C'est vrai que je me pose des questions sur mon avenir.  On y pense souvent, le sommeil est un peu plus difficile à trouver. Il y a pas mal de choses qui se bousculent dans la tête. De mon côté, en tout cas, c'était plus dur de tout faire de manière optimale. Le côté mental s'est un peu dégradé. J'ai essayé de travailler au maximum là-dessus pour trouver des solutions pour accepter la situation et faire en sorte que ça ne me pénalise pas sur mes performances, et même sur mon quotidien hors vélo.
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L'équipe Arkéa - B&B Hotels au départ de la Bretagne Classic

Crédit: Getty Images

À quel point, en tant que coureur, êtes-vous mis au courant des démarches effectuées par Emmanuel Hubert, le manager de l'équipe ? 
S.G : Il a toujours été transparent dès le début, il nous a fait un mail en interne pour nous prévenir qu'il bossait au maximum, qu'il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour trouver des sponsors et que malheureusement, ça ne dépendait pas de lui. Il nous a dit qu'il faisait le maximum. Nous, de notre côté, on fait le maximum aussi. Finalement, s'il trouve, ce sera grâce à son travail, grâce au travail des coureurs, du staff, qui n'ont jamais baissé les bras pour le collectif.  Il y a même certaines équipes qui peuvent nous envier parce qu'on arrive encore à courir collectivement alors que beaucoup de coureurs n'ont pas de contrat. On reste une équipe soudée et je pense que c'est ce qui a permis aussi à Kévin Vauquelin de faire ce Tour de France-là. Au Tour du Limousin, tout le monde a donné le maximum pour Ewen (Costiou). Il gagne le général et je trouve que c'est beau d'avoir encore un état d'esprit comme ça dans un contexte instable. 
Sur un point personnel, est-ce que vous avez d'autres pistes si Arkéa-B&B Hotels venait à s'arrêter ? 
S.G : Je suis super heureux et épanoui dans cette équipe, on est une famille. Mon idée de base, c'est de rester, mais c'est vrai que ces dernières semaines… J'ai un agent, Christophe Le Mével, c'est son travail de sonner un petit peu à droite à gauche. Je sais qu'il le fait déjà depuis quelques semaines, mais je ne vous cache pas que c'est très compliqué. Je ne suis pas le seul dans ce cas-là. Le marché est très noué. Il y a quelques places de temps en temps qui se libèrent, mais toutes les équipes sont un peu dans l'attente de savoir ce que fait Arkéa, de savoir si Lotto et Intermarché fusionnent. Ça fait beaucoup d'incertitudes pour le petit écosystème du vélo et ça n'avance pas trop. Pour l'instant, je n'ai rien de concret pour l'année prochaine.
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Video credit: Eurosport

Comment vous vivez la situation ? 
S.G : Pour l'instant, ce qui m'a aidé, c'est que je commence à penser aussi à mon projet de reconversion parce que dans tous les cas, une carrière de vélo, il y a forcément une fin et je commence à... j'ai pas mal de choses qui m'intéressent hors vélo. J'ai cette chance d'être super bien entouré avec mes amis, ma famille, ma copine. Bien sûr, je n'aurais pas souhaité que ce soit si tôt, mais si ça doit arriver, il faut aussi rebondir et dans tous les cas ma carrière aura une fin. J'essaie de voir toutes les portes qui pourront s'ouvrir à moi par la suite si ça s'arrête.
Vous avez 28 ans, c’est relativement tôt pour une fin de carrière… Est-ce que vous allez nourrir des regrets si ça devait s'arrêter dans quelques semaines ?  
S.G : Des regrets non, parce que j'ai toujours fait le maximum d'un point de vue personnel. J'ai toujours une implication à 100% dans ma pratique.  J'ai toujours tout optimisé, que ce soit la récup, l'entraînement, toute la préparation. Donc, des regrets, je n'en aurais pas parce que j'aurais des regrets si j'avais mal fait les choses. Là, ce n'est pas le cas. Je serais forcément déçu parce que j'aime toujours autant le vélo et je m'éclate avec l'équipe. On a un super groupe, on a des super coureurs. C'est une bonne de copains aussi, au-delà d'être une équipe cycliste. Ce serait plus une déception de ne pas pouvoir continuer l'aventure quelques années. Mais non, ce ne seraient pas des regrets.
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Penser à l’après-carrière, est-ce un levier mental sur lequel vous vous êtes appuyé pour vous libérer de la pression ? 
S.G : C'est vrai que c'est un peu paradoxal, mais en fait, penser à l'après, ça m'a permis de me rendre compte de la chance que j'avais de faire ce métier. C'est un rêve de gosse. Je suis déjà tellement heureux d'avoir pu faire ça que j'ai envie de tout donner pour que ça continue. Ma foi, l'avenir n'est pas entièrement entre nos mains. Il y a une petite part qu'on peut maîtriser, ce sont nos performances individuelles pour tous les coureurs qui sont en fin de contrat. Je compte bien donner le maximum les prochains jours.
Sur le Tour de Luxembourg, beaucoup de coureurs vont vouloir se montrer au sein de l’équipe. Est-ce qu’il existe une forme de solidarité dans ce genre de situation ? 
S.G : Oui, surtout de certains coureurs qui ont déjà trouvé autre chose. Étant donné qu'on s'entend tous bien, il y en a qui vont, par exemple, donner un coup de main, faire un peu plus que ce qu'ils auraient peut-être fait normalement. Et ça, je trouve ça beau. Il y a des coureurs qui disent 'moi, j'ai déjà un contrat, vas-y, je vais t'aider aujourd'hui, essaie de faire quelque chose'. C'est beau d'avoir un état d'esprit comme ça, aussi collectif.
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