Transferts - "Il sait que pendant 3 ans, il aura des libertés" : pourquoi Julian Alaphilippe a choisi l'équipe Tudor ?

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Julian Alaphilippe a été officialisé ce lundi au sein de la formation Tudor Pro Cycling où il s'est engagé pour les trois prochaines années. Le Français, pisté par de grandes écuries, rejoint une équipe de deuxième division toujours en phase de développement. Pourquoi ce choix ? Prend-il des risques à 33 ans ? Tentative de réponse.

Julian Alaphilippe et Mattéo Trentin.

Crédit: Getty Images

On ne sait pas si Julian Alaphilippe a déjà été briefé par les équipes marketing de la Tudor Pro Cycling. Mais le Français, coureur de panache officialisé ce lundi, correspond bien au #BornToDare (né pour oser) collé un peu partout par l'entreprise et formation suisse. "C'est mon instinct, comme je le disais. J'ai écouté mon coeur, c'est la raison principale", a justifié le Berrichon dans L'Equipe.
"C’est le plus grand changement depuis le début de ma carrière. C’est la première fois que je roule dans une autre équipe et je pense que c’est bien de changer d’air après tant d’années", a exprimé le tricolore de 33 ans dans le communiqué de sa nouvelle équipe. Il faut dire qu'après 11 ans passées chez les pros de la Soudal Quick-Step, le temps commençait à devenir long. Et les relations avec son manager Patrick Lefevere insupportables.
Dans la formation fondée en 2018, qui a pris un tournant avec l'arrivée de Fabian Cancellara il y a deux ans, le double champion du monde (2020 et 2021) entend rafraîchir sa carrière. "ll aura plus de tranquillité à tous les niveaux avec le fait d'être dans une équipe étrangère, et il ne part pas vers l'inconnu", développe Jacky Durand, consultant chez Eurosport. "Mes besoins sont simples. On fait un sport difficile et je voulais un projet dont la base est solide, où j'ai besoin de ne penser qu'à la performance, à moi et à ma famille. Je sais que l'équipe va s'occuper de tout le reste", a admis "Alaf" à L'Equipe.

Aucun risque financier et sportif

Ajoutez à cela des bonnes relations avec Ricardo Scheidecker, patron du sportif de Tudor ou avec un coureur comme Matteo Trentin et vous obtenez de nouvelles bases aux allures solides. "Financièrement, ça doit bien se passer aussi, souligne Jacky Durand. Quand on a moins de 25 ans, on ne regarde pas forcément ça. Mais à un certain âge… Ça a dû peser dans la balance".
Pour le double champion de France (1993 et 1994), cet envol du "Loulou" ne constitue "pas un choix risqué financièrement et sportivement". La question est pourtant légitime car Alaphilippe quitte un cador (la Soudal a fait 3e du classement par équipes du Tour de France 2024, 4e au classement UCI) pour une écurie de 2e division qui n'a connu qu'un grand tour dans son histoire (le Giro en 2024).
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Alaphilippe et Evenepoel.

Crédit: Getty Images

Alaphilippe prend ainsi le risque de devoir accorder son calendrier au rythme des invitations reçues par l'équipe Tudor. "Cela fait longtemps qu'il a abandonné l'idée de jouer un classement général sur un grand tour de toute façon, développe Jacky Durand. C'est une équipe taillée pour les classiques où on peut tenter sa chance tous les jours. Pendant trois ans, il aura des libertés". Et pendant trois ans, l'équipe va continuer à se développer, dans le sillage de ce nouveau nom accompagné du recrutement de Marc Hirschi en provenance d'UAE. Des éléments auxquels seront sensibles ceux qui distribueront les invitations.

"Il n'aura pas à se mettre au service des autres"

C'est donc comme tête de gondole et pour participer au développement du projet que le Berrichon s'est tourné vers la formation helvète. "Je suis content d'avoir un rôle de leader, mais je sais aussi qu'il y aura des jeunes coureurs qui arrivent, que je peux montrer l'exemple, sur le vélo et à côté, et ça, ça me motive. C'est ce qui me fait plaisir", poursuit l'intéressé, soucieux "d'être épanoui" et bien dans sa peau.
Un nouveau statut pour une nouvelle pression ? "Chez Soudal, on avait l'impression que c'est lui qui avait le plus de pression sur les épaules. Je pense qu'il a vu le fonctionnement de Tudor, lance notre consultant. Tout le monde peut jouer sa carte dans cette équipe, il ne sera pas obligé de se mettre au service des autres. On met de côté ses ambitions personnelles quand on court avec Evenepoel".
S'il "rêve" de retrouver la Grande Boucle avec sa nouvelle équipe, ses ambitions sont déjà de renouer avec le succès. Sa dernière victoire sur une classique de premier rang remonte à la Flèche Wallonne 2021. Ces dernières semaines et notamment cette 2e place à la Clasica San Sebastian il y a 10 jours ont montré que l'appétit et les jambes étaient toujours là. Alors si le cadre permet à son panache de s'exprimer, l'horizon semble prometteur.
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Cycling - Clasica San Sebastian - Alaphilippe attack and last km

Video credit: Eurosport

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