"Un risque de burn-out" : Pourquoi Paul Seixas ne fera pas de grand tour en 2025

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Malgré son excellent Critérium du Dauphiné et les promesses qu'il a semées depuis son passage chez les professionnels en début d'année, Paul Seixas ne participera à aucun grand tour cette saison. A 18 ans, son équipe Decathlon-AG2R La Mondiale estime que ce serait trop prématuré. Jean-Baptiste Quiclet, directeur de la performance, détaille les risques.

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"Un grand tour cette année, c'est hors de question. Ce n'est même pas sur la table parce que tout simplement, je suis trop jeune. C'est ma première année professionnelle et je me développe encore." A la question de savoir s'il allait disputer une course de trois semaines cette saison, Paul Seixas, pépite du cyclisme français du haut de ses 18 ans, a répondu sans détour et il partage cet avis avec ses dirigeants. Parce qu'il est un grand leader en devenir, Decathlon-AG2R La Mondiale entend se montrer encore plus prudent avec lui.
A l'âge qu'il a, Paul Seixas ne devrait même pas être professionnel si l'on s'en tient aux standards qui ont pourtant bien évolué ces dernières années. Remco Evenepoel, le précurseur, avait par exemple 19 ans quand il est entré avec fracas dans le monde des grands. Mais Seixas est fait d'un autre bois et son excellent Critérium du Dauphiné l'a montré. Pour autant, il reste un gamin de 18 ans avec tout ce que cela implique. 

Attention au stress 

"Pour la répétition des efforts nécessaires sur un grand tour, il est préférable d'avoir accumulé une certaine durabilité, une qualité d'endurance particulière, explique Jean-Baptiste Quiclet, qui fut l'entraîneur de Romain Bardet et qui est désormais le directeur de la performance chez Decathlon-AG2R La Mondiale. Et pour développer ça, il n'y a pas beaucoup de choses à faire, si ce n'est… accumuler des kilomètres et du volume". Sur le dernier Giro, c'était par exemple 25 heures de selle qu'il fallait avaler entre les 4e et 9e étapes avant de répéter l'effort la semaine suivante et celle encore après. 
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A titre de comparaison, Seixas et les autres ont passé un peu moins de 30 heures sur le vélo en huit jours lors du Critérium du Dauphiné et le Français l'a d'ailleurs terminé dans un état de fatigue très avancé comme il l'a confié dimanche sur le Plateau du Mont-Cenis. "Pour moi, c'est comme dans une vie d'entreprise avec les phénomènes de burn-out, image Quiclet. Si tu augmentes la charge au-delà de la raison et que tu n'as plus les mécanismes de récupération, tu peux avoir une décompression physique, hormonale et psychologique parce que tu évolues dans un environnement où il y a beaucoup de stress". 

L'exemple Evenepoel 

Un bon exemple à suivre est peut-être celui d'Evenepoel, que la Soudal Quick-Step a couvé le plus longtemps possible. Le Belge a attendu sa troisième année chez les professionnels pour disputer un Giro qu'il n'avait d'ailleurs pas terminé. En 2022 il avait découvert et remporté la Vuelta mais n'est venu sur le Tour de France que deux ans plus tard. Paradoxalement, ces coureurs appelés à viser la victoire sur les plus grandes courses par étapes du monde nécessitent une approche encore plus millimétrée. "Un coureur que l'on construit pour être un leader demain va être mobilisé sur les 21 étapes, il va prendre le côté le plus dur d'un grand tour", précise Jean-Baptiste Quiclet. 
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La question s'est posée chez Decathlon-AG2R où l'on a conclu qu'il fallait prendre son temps et qu'envoyer un Paul Seixas sur la Vuelta en lui proposant de se concentrer sur quelques étapes et de se relever sur la plupart des autres n'était pas une option envisageable.  
"Sportivement, ça pourrait s'entendre, mais je trouve que dans la construction psychologique d'un leader, ce n'est pas la meilleure chose à faire que de débuter par une expérience avec des hauts et des bas assumés. Ils doivent connaître tout le 'package' complet et donc arriver dans de bonnes conditions", selon Quiclet. La donne serait complètement différente pour tous les autres types de coureur, même à niveau égal. Les coureurs qui peuvent gagner des grands tours un jour sont rares et donc précieux. 

Pas de grand tour pour Seixas en 2026 ? 

Paul Seixas sera-t-il prêt pour une course de trois semaines en 2026 ? On ne sait pas encore, répond-on chez Decathlon-AG2R La Mondiale. Comme elle l'a fait avant de prendre la décision de l'aligner sur le Critérium du Dauphiné alors que ce n'était pas l'option prioritaire à la base, l'équipe réévaluera son coureur tous les trimestres pour jauger sa progression. L'avantage, c'est que le coureur a passé trois ans dans la filière juniors, ainsi les entraîneurs disposent de données fiables pour Seixas. C'est d'ailleurs une partie de la raison d'être de ce programme jeunes chez Decathlon-AG2R La Mondiale.
En 2026, son équipe augmentera la charge à l'entraînement et lui fera aussi sans doute enchaîner deux courses d'une semaine en peu temps puis jugera en conséquence. "Toutes les options sont sur la table et si ça doit être sans grand tour, on le fera", promet Jean-Baptiste Quiclet. Il faudra donc peut-être attendre 2027 pour Seixas sur un grand tour. Il sera alors en fin de contrat mais n'aura surtout que… 20 ans.
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