Un titre de championne de France avant les Jeux pour Cordon-Ragot : "J'avais à cœur de faire taire la polémique"
Eurosport sur GoogleLe bleu-blanc-rouge avant les Jeux. Sacrée championne de France du chrono pour la septième fois il y a quelques jours, Audrey Cordon-Ragot a désormais les yeux tournés vers Paris 2024. Présente dans le documentaire "Second to None" consacré à son ancienne formation Lidl-Trek et diffusé sur Eurosport, la Bretonne s'est confiée sur son ex-maison et sur les derniers mois de sa carrière.
Audrey Cordon-Ragot sur la Danilith Nokere Koerse 2024
Crédit: Getty Images
L'horloge tourne pour Audrey Cordon-Ragot. Star du cyclisme féminin français qu'elle représentera aux prochains Jeux Olympiques (à vivre sur la plateforme MAX en intégralité à partir du 25 juillet), la coureuse de Human Powered Health a déjà les yeux rivés vers le rendez-vous parisien. A l'occasion de la sortie du documentaire "Second to None", dédié à l'aventure de son ancienne formation Lidl-Trek sur le Tour de France Femmes 2023 (premier épisode à retrouver samedi sur Eurosport), la championne a accepté d'évoquer son actualité et celle de ses anciennes consoeurs qui débarquent en force sur le nouveau Tour d'Italie féminin dimanche.
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Second to None, le documentaire exceptionnel au coeur de la formation Lidl-Trek sur le Tour de France Femmes 2023. La série est à suivre sur Eurosport et la plateforme MAX à partir du samedi 6 juillet 2024.
Crédit: Eurosport
Audrey, vous avez été l'une des pionnières de la Lidl-Trek féminine fondée en 2019 avec Lizzie Deignan, Elisa Longo-Borghini ou encore Ellen van Dijk. Est-ce qu'il y a une petite fierté d'avoir posé l'une des premières pierres de ce projet ?
Audrey Cordon Ragot : Carrément. C’était la première année où j’étais vraiment professionnelle avec un salaire digne de ce nom. C’était une nouveauté pour moi et les filles qui ont signé en 2019. C’était l’une des premières équipes rattachées à une formation masculine, avec beaucoup de choses en commun comme le staff ou les moyens. Je pense qu’on a vraiment été la première équipe à faire ça.
Dans le documentaire, vous évoquez "un groupe de gonzesses exceptionnelles" et que "quelque part, [vous faisiez] toujours partie de cette Trek family"...
A.C.R. : C’est une équipe spéciale surtout quand on voit le nombre de filles qui sont restées. C’est assez rare car il y a un gros turnover dans chaque équipe aujourd’hui. On savait pourquoi on venait, notamment sur le premier Tour de France et Paris-Roubaix. Cette osmose et ce groupe soudé, ce n’était pas qu’une apparence. C’est ce qui fait qu’on a beaucoup gagné. Chacune savait où était sa place et ce qu’elle avait à faire. On était l’une des premières équipes avec les rôles d’équipières qui étaient définies et valorisées un peu comme chez les garçons. On était chacune à 200 % et il n’y avait pas de sous-entendu.
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Realini : "Longo Borghini est mon modèle, j'ai beaucoup appris d'elle'
Video credit: Eurosport
Les filles ne tarissent pas d'éloges à votre propos notamment par rapport à votre costume de capitaine de route…
A.C.R. : J’ai déjà ce leadership naturellement et ce n’est pas forcément le cas de toutes les leaders qui ont un gros palmarès. Pour moi, ce n’était pas un souci. Les filles ont toujours apprécié le fait que je sache dire les choses directement après la course ou même pendant, quitte à prendre les mauvaises décisions. Ce rôle m’a un peu collé à la peau malgré moi, même si j’aurais aimé prendre le leadership sportivement parfois. J’ai gagné de très belles courses au sein de cette équipe.
Vous avez une relation très forte avec Elisa Longo-Borghini qui réalise un bon début de saison. Comment la sentez-vous avant d'attaquer le Giro et cet été de folie ?
A.C.R. : Elle a fait la préparation qu’elle voulait faire. Il n’y a pas eu de couac par rapport à l’année dernière où elle a été malade et blessée. Ça fait cinq ans qu’elle est championne d’Italie, le dernier sur un circuit qui ne l'avantageait pas forcément, et ça prouve qu’elle arrive à déjouer des collectifs. Je pense qu’elle a beaucoup de confiance et ça ne peut que fonctionner.
C'est de bon augure donc ?
A.C.R. : Il y a un gros niveau sur le Giro, toutes les meilleures sont là. Certaines font leur préparation pour les Jeux. Ça va lui permettre de voir ce que ça donne avant le Tour. Je pense qu’elle a à cœur d’aller chercher des victoires et d’être sur le podium de ce Giro.
Vous la sentez vraiment parmi les très grandes du peloton maintenant ?
A.C.R. : Sur la Vuelta, elle termine sur le podium avec beaucoup de fatigue. Elle a été le chercher avec les tripes. En pleine possession de ses moyens, ce sera l’une des seules à pouvoir tenir tête à Vollering. Elisa a tendance à se bonifier avec le temps. Elle n'a jamais été aussi forte et complète notamment sur le sprint. Elle a vraiment essayé de gommer ses petits points faibles. Ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle n’a pas un profil de grimpeuse. Elle est costaude sur tous les plans, un peu comme Demi.
Chez Lidl-Trek, il y a aussi Gaia Realini qui arrive. Son avenir s'annonce tout aussi brillant…
A.C.R. : C’est tout l’inverse d’Elisa. Elle est purement grimpeuse, c’est un petit gabarit. Elle est un peu désavantagée dès qu’il faut rouler sur le plat. Sur le Tour de Suisse, elle a eu de la chance que le chrono soit en bosses. Elisa a besoin d’elle pour essayer de déjouer Demi Vollering. L’avantage de la Lidl-Trek c’est d’avoir ce collectif de très bonnes grimpeuses qui peuvent essayer de déjouer la meilleure du moment.
Jeudi 20 juin 2024, vous sortez un chrono exceptionnel pour un septième titre de championne de France du contre-la-montre. On a senti énormément de soulagement de votre part…
A.C.R. : Je ne me rappelle pas du moment où j’ai passé la ligne, mais j’ai crié à plusieurs reprises, j’ai dû extérioriser ce soulagement. C’était une condition sine qua non que de gagner. Je m’étais mise la pression moi-même. J’avais à cœur de faire taire la polémique et de me rassurer. Les saisons passent et ne se ressemblent pas et c’est la beauté du sport. C’était important d’aller chercher cette première victoire de la saison en plus presque à domicile devant ma famille et mes amis.
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Cordon-Ragot et la "polémique" des JO : "Gagner avec un tel écart, c'est respecter mes adversaires"
Video credit: Eurosport
"Je sais que ça pousse derrière moi, je sais que ma sélection a été polémique. C'est du respect pour mes adversaires de gagner avec un tel écart". Votre sortie à notre micro n'est pas passée inaperçue après la course. Vous en avez discuté avec d'autres coureuses ?
A.C.R. : Je me suis rassurée, mais j’ai surtout beaucoup apprécié la réaction de Cédrine (Kerbaol) qui était la fille à battre ce jour-là, encore plus après la sélection. Elle était forcément déçue de ne pas être du voyage pour les Jeux. Elle avait aussi sa place de par ses résultats et sa jeunesse tout simplement. Elle a été hyper fair-play, elle m’a rassuré sur le fait qu’il n’y avait pas photo. Elle comprenait un peu mieux ma sélection et ça m’a fait énormément de bien. Cédrine était vraiment celle que j’avais le plus à cœur de rassurer.
La prochaine grande échéance, c'est Paris…
A.C.R. : Pour tous les athlètes français, les Jeux de Paris, ça va être hors du commun. Je ne me rends pas forcément encore compte de ce qui va se passer tant qu’on n’est pas dans le vif du sujet. C’est difficile de s’imaginer ce qui va se passer. Pour avoir vécu les Jeux à Londres avec les Britanniques, on sait que ça va être exceptionnel. C’est un surplus de motivation en plus. On sera l’une des disciplines avec le plus de spectateurs car ce sera une course gratuite sur la plupart du circuit. C’est compliqué de se projeter, mais j’ai vraiment très hâte.
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