Vuelta, Mondiaux, championnats d'Europe, Lombardie : après la chute de Tadej Pogacar, rien ne sera plus pareil
Eurosport sur GoogleJusqu'à ce samedi, jusqu'à 33 kilomètres de l'arrivée de la 8e étape de la Vuelta, Tadej Pogacar était cet ogre qui rafle tout et à qui il n'arrive jamais rien. Tout a volé en éclats en une fraction de seconde à cause d'un pauvre caillou échoué au mauvais endroit. Le bilan médical est lourd et il est difficile de l'imaginer sur un vélo en 2026. Pour lui et pour les autres, tout a changé.
L'accident de Pogacar décrypté : le caillou qui a provoqué son incroyable chute et son abandon
Video credit: Eurosport
De tous les chiffres plus incroyables les uns que les autres dans la carrière de Tadej Pogacar, celui de l'absence d'abandon dans une course par étapes depuis qu'il est professionnel - depuis les juniors même ! -, n'était pas le moins impressionnant. Il nous avait laissé le temps de s'habituer, de se lasser peut-être, de sa présence implacable. Sans lui, la Vuelta sera évidemment différente, la fin de saison aussi. Pour lui, cette chute marquera peut-être un tournant, une bascule.
- Commotion, fractures et opération à venir : lourd bilan pour Pogacar
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Avant toute chose, avant les conséquences sportives, avant la redistribution des cartes sur l'ultime grand tour de la saison, avant le vent de fraîcheur qui soufflera sur le cyclisme mondial dans les semaines à venir, il y a le sort d'un coureur, le sort d'un homme touché comme il ne l'a jamais été par une chute brutale. Dans le couple Zygart-Pogacar, Urska avait "frappé fort" avec sa chute face contre terre en Suisse, son compagnon lui a répondu à sa manière. Rien ne dit, même si son corps devait lui permettre, que Pogacar aurait envie de remonter le vélo d'ici la fin de saison.
Reverra-t-on le meilleur de Pogacar ?
Il faudra d'abord se reconstruire, subir une opération pour réparer sa clavicule gauche déplacée et fracturée. Jamais le Slovène n'avait connu ni une telle chute, ni un tel bilan médical dans sa carrière. Il suffit de se souvenir de quelques exemples fameux (Jonas Vingegaard au Pays basque en 2024, Remco Evenepoel en Lombardie en 2020 ou Julian Alaphilippe à Liège-Bastogne-Liège en 2022), dont lui en 2023 après son poignet fracturé sur Liège-Bastogne-Liège, quand il n'avait triomphé "que" du Tour de Lombardie ensuite, pour comprendre qu'il est très difficile pour un coureur, quel qu'il soit, de revenir aussi fort après un tel accident.
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Lourde chute, épaule et visage en sang : l'abandon choc de Pogacar
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S'il serait présomptueux d'affirmer ce samedi soir que Pogacar a laissé une partie de lui-même, à savoir la version 2024-2026, sur le bord d'une route espagnole, croire que tout sera aussi facile après serait évidemment une erreur. Si "Pogi" a pu atteindre sa version la plus aboutie, c'est aussi en ne connaissant aucun retour en arrière, aucune pause forcée. Ces longues semaines sans entraînement, même en fin de saison, lui coûteront bien sûr. Quand il reviendra, il devra, non pas repartir de zéro mais bien d'en bas. Peut-être, et sans doute même, restera-t-il le meilleur coureur du monde mais probablement pas au niveau qui est le sien depuis bientôt trois ans.
La Vuelta ne ressemblera à rien que l'on connaît
Son programme devait l'emmener aux Mondiaux de Montréal (27 septembre pour la course en ligne), aux championnats d'Europe chez lui en Slovénie (4 octobre) et au Tour de Lombardie, autant de courses dont il était à la fois le tenant du titre mais aussi l'immense favori. Il devait surtout lui permettre de compléter sa trilogie de grands tours en remportant (enfin) une Vuelta qu'il avait déjà mise au pas sans que l'on sache tout à fait s'il s'agissait d'assurer puis de se reposer en vue des objectifs futurs ou simplement la volonté de gagner dès qu'il pouvait, ce qui devient subitement beaucoup plus difficile de lui reprocher.
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Pogacar dans l'ambulance, Coquard au firmament : l'histoire d'une 8e étape folle
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Felix Gall et Enric Mas sont face à la chance d'une vie, Primoz Roglic devant une occasion à laquelle il ne croyait sûrement pas quand une voiture l'a renversé à l'entraînement et que son compatriote a annoncé sa participation. Sepp Kuss, Richard Carapaz ou Oscar Onley peuvent y croire. Qu'on se le dise, cette Vuelta ne ressemblera à rien que l'on connaît déjà, ou alors l'a-t-on oublié.
La fin de saison est devenue simplement plus excitante
Plus largement, c'est toute la fin de saison qui s'est subitement ouverte quand Pogacar a fait non de la tête. De Montréal à la Lombardie en passant par la Slovénie, le vainqueur était connu à l'avance. Sans lui, une foule de possibilités se fait jour. Il y aura des favoris, les Remco Evenepoel, Paul Seixas, Isaac Del Toro ou Wout van Aert mais l'absence de Pogacar aura la vertu d'élargir le champ de ceux qui y croient, ce qui change absolument tout.
Un Français pourrait bien succéder à Julian Alaphilippe, un Mexicain ouvrir le palmarès de son pays ou peut-être sera-ce un Belge, un Néerlandais, un Italien, un Equatorien, un Espagnol… Avec Pogacar, nous avions oublié le goût des courses où rien n'est écrit à l'avance. Sans lui, la fin de saison est devenue simplement plus excitante. Lui s'en moquera et on ne peut que lui souhaiter que cette période soit la moins pénible possible.
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