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"Seb restait sur sa faim"
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Publié 21/03/2006 à 17:00 GMT+1
Sébastien Loeb courra les 24 Heures du Mans 2006 avec Pescarolo Sport. Henri Pescarolo explique les circonstances de ces retrouvailles. Entretien.
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Quand cette participation de Sébastien Loeb aux 24 Heures 2006 est-elle devenue certaine ?
Henri Pescarolo : Il y a peu. Il était très frustré après les 24 Heures 2005. Il n'y était strictement pour rien dans l'abandon de sa voiture et il avait bossé énormément pour arriver au niveau des pilotes d'Endurance. Il avait le sentiment que ce travail n'avait pas été exploité complètement. La voiture était dans le rythme et avait abandonné sans avoir connu le moindre problème mécanique. Son co-équipier Soheil Ayari a été à l'origine des trois accidents de la voiture. La première fois avec avec le père Bourdais, la deuxième dans la nuit, avec la Dallara, dont le pilote a clairement déclaré que sa responsabilité était engagée. Enfin, la troisième et dernière, lorsqu'il a complètement détruit la voiture, tout seul. Là, je n'ai pas attendu pour lui dire que je ne comptais plus sur lui. Seb restait donc sur sa faim. C'est dommage, en tant que rallyman il pouvait réaliser l'un des plus grands exploits de tous les temps en sport automobile : gagner lors de sa première participation au Mans !
Le calendrier du WRC 2006 offrait une pause idéale pour une nouvelle participation. Pourtant, vous avez mis du temps à trouver cet accord. Pourquoi ?
H.P. : Dès le lendemain de la course, Sébastien m'avait dit que si son programme 2006 le permettait, il aimerait refaire Le Mans. A l'époque, il était en contact avec Ford. Il devait de toutes façons avoir l'autorisation de son futur employeur. En décembre ou janvier, il a reçu l'accord de Kronos Racing, mais on ne savait pas si Playstation continuerait de le supporter. Quand ces deux incertitudes ont été levées, sa participation est devenue évidente. Maintenant, il reste à remplir cette formalité de la signature car ce n'est pas encore fait. Seb vient d'annoncer de façon précoce sa participation, un peu en catimini, lors d'une conférence de presse. Je comptais officialiser tout ça en même temps que mes six pilotes. On aurait pu donner un plus grand retentissement à cette nouvelle.
Qui occupera le sixième baquet ?
H.P. : Je ne sais pas encore. J'attends la publication de la liste des voitures engagées. Certains pilotes m'ont demandé de patienter car l'engagement de leurs autos n'est pas sûr. Quoiqu'il arrive, je veux un pilote expérimenté au Mans, et capable de supporter la pression d'avoir un équipier tel que Sébastien (ndlr : Comas probable avec Hélary et Loeb). Je sais bien qu'Alexander Würz a remporté ses premières 24 Heures du Mans, mais cela reste une exception. Il me faut un pilote rompu au pilotage de nuit, dans le brouillard, sous la pluie.
Va-t-il participer aux prochains tests, au Castellet ?
H.P. : Oui. Comme cous le savez, l'Automobile Club de l'Ouest a supprimé les essais préliminaires et a réservé pendant deux jours le circuit Paul-Ricard pour les équipes inscrites aux 24 Heures du Mans ou en Le Mans Series. J'aurai mes six pilotes dimanche et lundi, mais Sébastien n'arrivera au Castellet que dimanche soir. Nous conduirons un test d'endurance dimanche, de 09h00 à minuit, et lundi, du matin au soir. Il nous faut couvrir 3.000 kilomètres.
En quoi Sébastien Loeb doit-il progresser ?
H.P. : Il lui faut juste oublier certaines habitudes de règle en WRC, comme "croiser", c'est-à-dire freiner et encore accélérer en même temps. Et puis, il avait été surpris par la charge aérodynamique d'un proto. Une voiture de rallye suit une valeur d'appui qui évolue de façon constante, à basse comme à haute vitesse, tandis qu'un proto gagne de l'appui de façon croissante avec la vitesse.
Physiquement, aussi, le cou est beaucoup plus sollicité dans un proto...
H.P. : Seb est baraqué comme une montagne mais les muscles du cou travaillent de façon différente. Il a fallu qui s'adapte de ce point de vue. Il connaît maintenant bien les contraintes imposées par un proto.
L'Audi R10 à V12 diesel a gagné dès sa première course ce week-end, à Sebring...
H.P. : Ils ont marqué l'histoire, c'est une première formidable. En même, leur performance me rend optimiste. Ils n'avaient aucune LMP1 contre eux et ils n'ont par conséquent jamais eu à forcer la cadence. Et ce ne sont pas les Porsche LMP2 qui les ont poussés dans leurs derniers retranchements. Au niveau performance, ce sera donc jouable pour nous au Mans. Au niveau fiabilité aussi, car une des R10 a dû abandonner. En consommation, ils sont bien. Néanmoins, on ne part pas perdant d'avance, loin de là. C'est simplement dommage qu'ils n'aient fait que Sebring avant Le Mans, car on va courir deux fois (ndlr : Istanbul et Spa) sans eux d'ici les 24 Heures. Nous n'aurons donc pas été confrontés avant la grande explication.
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