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Vincent Philippe, hommage à un champion

Vincent Philippe, hommage à un champion

Le 19/01/2020 à 14:13Mis à jour Le 19/01/2020 à 14:20

De notre partenaire Fimewc.com

Pilote emblématique du Championnat du Monde FIM EWC et pilier du Suzuki Endurance Racing Team depuis 2003, Vincent Philippe vient de raccrocher le cuir. Hommage à un champion en dix questions.

Depuis sa première victoire aux 24 Heures Motos en 2003, Vincent Philippe collectionne les victoires et les titres en Championnat du Monde FIM EWC. A 42 ans, le pilote français a décidé de mettre un terme à sa carrière de pilote professionnel. Vincent Philippe a conclu près de 30 années de compétition par une ultime victoire au Bol d’Or 2019. Dix questions pour découvrir un grand champion.

Le premier deux motorisé
Un 50 Peewee que mon père me louait de temps en temps. J’avais 6 ou 7 ans et je faisais des tours autour de la maison, puis j’ai eu une 50 Morini puis une 103 Peugeot équipée course.

La première compétition
Je faisais de la course de côte avec mon père en catégorie cyclo. Sur circuit, j’ai fait ma première saison en Coupe TZR 125 à 14 ans en 1992.

La première fois que tu as pensé : « je veux être champion »
C’était très tôt. J’en ai rêvé dès le collège vers 11 ans. Arrivé au lycée, j’en rêvais un peu trop, j’ai redoublé ma première mais je me suis repris et j’ai eu mon Bac.

Tes champions
Ma chambre était tapissée de posters de motos et de pilotes comme Mick Doohan, Kevin Schwantz, Wayne Rainey… J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour Mick Doohan. Puis il y a eu Valentino Rossi. J’ai même couru avec lui en 125 en 1997 au Castellet où j’avais une wild card.

Le meilleur souvenir en compétition
C’est difficile ! Après tant d’années de course, tu ne peux pas en garder qu’un. Je garde plutôt les moments clés comme ma sélection en Equipe de France Espoir. C’était pour moi le seul moyen de passer du niveau championnat de France au championnat du monde. Il y a eu ma première victoire aux 24 Heures Motos en 2003 avec le SERT. C’était ma première course avec le SERT. Il y a mon premier titre de Champion du Monde, parce c’est le rêve qui devient réalité. Mais il y a aussi le dernier titre mondial en 2016 avec Anthony Delhalle et la dernière victoire au Bol d’Or en septembre 2019.

Le pire souvenir en compétition
Le pire est d’accompagner un collègue (Anthony Delhalle) dans ses derniers moments. Ça restera mon plus mauvais souvenir. J’ai encore du mal à en parler. Au-delà de ça, le pire, c’est l’abandon en course parce que tu es blessé ou parce que tu n’y arrives plus.

Si c’était à refaire
Je ne suis pas du genre à refaire le monde avec des « si ». Je regarde devant et je ne regrette rien sauf peut-être de ne pas avoir fait une année de championnat du monde Superbike complète. Mais j’ai fait le maximum avec les moyens que j’avais.

Des conseils à donner à un jeune pilote
Avoir le goût du travail. La moto, c’est fun et c’est cool pour débuter. Mais pour aller vers le haut niveau, il faut du travail, de la persévérance et se donner les moyens. Il faut croire en ses rêves. Je suis issu d’une famille modeste qui, normalement, n’aurait pas dû me permettre de faire cette carrière. C’est encore plus difficile aujourd’hui si tu n’as pas de moyens. Mais il faut y croire et travailler.

Après avoir pratiqué Vitesse, Endurance, Supermotard, Enduro, Trial, Course sur glace et couru Le Touquet, quelle discipline manque à ton palmarès ?
Je vise le rallye-raid. Ça fait très longtemps que je m’y intéresse. Je sais que c’est dangereux, que c’est une grosse préparation mais c’est une aventure humaine et physique qui me plait énormément. Je vais m’y atteler bientôt. Cette année, je monte mon magasin moto à Besançon mais l’an prochain, je m’organiserai pour participer au Dakar 2022.

Comment gérer la rupture de rythme et passer de pilote pro à patron de magasin ?
Toute l’énergie que j’avais dans l’entrainement physique passe à la mise en place du magasin. Mais je n’arrête pas la moto complétement. J’ai le projet Dakar 2022 et j’ai envie de me faire plaisir en 2020 sur deux ou trois courses comme les 24 Heures de Barcelone – une course qui manque à mon palmarès- et les 6 Heures de Spa. Je vais aussi animer des stages de pilotage et commenter les courses du championnat du monde d’Endurance sur Europsort France.

Vincent Philippe
10 titres mondiaux : 2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2012, 2013, 2015 & 2016 FIM Endurance World Champion
9 victoires au Bol d’Or : 2004, 2005, 2006, 2008, 2009, 2010, 2011, 2016 & 2019
3 victoires aux 24 Heures Motos : 2003, 2014 & 2015

2019 Vainqueur du Bol d’Or
2004 1ère victoire au Bol d’Or
2003 1ère victoire aux 24 Heures Motos
2000 to 2002 pilote GP250
1999 1ère course d’Endurance
1998 & 1999 Champion de France Open 250
1996 & 1997 Champion de France de la Montagne 125
1992 1ère course en Coupe TZR 125