"Mon père me disait toujours : 'Si tu veux savoir à quoi ressemble la route devant toi, demande à quelqu'un qui la connait'. Je crois que nous avons trouvé cette personne." En embrassant le trophée Vince Lombardi, Joel Glazer, le propriétaire des Buccaneers, a rappelé à quel point Tom Brady a changé le visage de sa franchise.
Non, le numéro 12 n'est pas l'unique cause du triomphe des Floridiens, qui ont décroché leur 2e Super Bowl dimanche, dix-huit ans après le premier, en laminant Kansas City (31-9). Mais il est celui qui a rendu possible cette épopée. "La confiance qu'il insuffle à tout le groupe est inestimable", a souligné l'entraîneur Bruce Arians.
Tout n'a pas été rose pour Tampa Bay version Brady cette saison. Fin novembre, après une défaite contre... Kansas City, les Bucs affichaient un bilan de 7 victoires pour 5 défaites et leur présence en playoffs était, sinon compromise, en tout cas loin d'être garantie. Depuis, ils ont aligné huit victoires, quatre pour boucler la saison régulière, puis quatre de plus en playoffs pour aller chercher le titre. Au passage, sur ses trois derniers matches, Brady a eu le plaisir d’écarter Drew Brees, Aaron Rodgers et Patrick Mahomes...
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Tom Brady - Tampa Bay Buccaneers

Crédit: Getty Images

Je crois que nous savions tous comment ça allait se terminer, non ?
"Nous avons produit notre meilleur football au moment où cela compte le plus. Nous avons eu un mois de novembre difficile, maisB.A. (Bruce Arians, NDLR) a toujours eu confiance en nous, cette équipe a toujours gardé la foi", a rappelé Brady dimanche après le Super Bowl. Une telle foi que, le quarterback l'assure, les Bucs étaient convaincus de l'issue de l'ultime bataille : "Je crois que nous savions tous comment ça allait se terminer, non ?"
Si la défense de Tampa Bay a joué un rôle central dimanche soir en étouffant complètement la redoutable attaque de Kansas City et son maître à jouer Patrick Mahomes, Tom Brady n'en a pas moins été déterminant.
Après avoir lancé trois interceptions qui auraient pu coûter cher en finale de conférence contre Green Bay, il s'est montré cette fois d'une efficacité redoutable : 21 passes complétées sur 29, 201 yards et surtout trois touchdowns, tous avant la mi-temps, à deux reprises pour sa cible préférée, Rob Gronkowski, puis Antonio Brown. "Il a été incroyable tout le match, il a parfaitement pris soin du ballon", savoure Arians. En face, Mahomes, constamment harassé par la défense des Buccaneers, a lancé deux interceptions...

Il a tordu le cou à un reproche absurde

Avec cette copie d'une propreté absolue, Brady a logiquement été désigné MVP du match. C'est la 5e fois qu'il obtient cette récompense. Un record, évidemment. Comme le sont ses sept trophées. Statistique délirante. Depuis la création du Super Bowl en 1967, deux franchises détiennent le record de victoires : les Pittsburgh Steelers et les New England Patriots, avec six couronnes. A lui seul, Brady est donc désormais plus titré que n'importe quelle franchise, y compris les plus prestigieuses.
Il n'a pas voulu se prêter au jeu des comparaisons. "Chaque victoire est spéciale, chaque titre est incroyable, dit-il. Cette équipe est championne du monde pour toujours, personne ne pourra le lui enlever." Reste que le dernier en date est peut-être le plus beau de tous ses sacres. Parce qu'il a 43 ans. Parce qu'il a osé se remettre en cause en quittant New England. En amenant Tampa Bay (rebaptisé Tampa Brady par les fans) au sommet, il a tordu le cou à un reproche absurde qui lui était parfois adressé : il aurait été, avant tout, le produit d'un système, celui des Patriots et de son coach historique, Bill Belichick. Non. Il est simplement hors normes. Simplement le plus grand.
Dimanche soir, il n'a pas tiré la couverture à lui, insistant sur ce groupe dont il est "tellement fier". Sans la défense de fer et de feu des Bucs, qui a signé un pur chef-d'œuvre au Raymond James Stadium face aux Chiefs, tout aurait sans aucun doute été plus compliqué. Mais sans Tom Brady, rien n'aurait été possible.

Et de sept pour Tom Brady !

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Evidemment, je vais revenir
Déjà ancré dans la légende de son sport, et même au-delà de sa discipline, le Californien de naissance n'avait pas besoin d'une nouvelle consécration. Mais il en avait envie, comme il avait envie d'un nouveau défi. Lors de sa dernière saison à New England, il était souvent apparu frustré. Sans doute a-t-il senti que l'heure de tourner une page longue de deux décennies était venue. Il n'a pas spécialement choisi la facilité en signant à Tampa, franchise médiocre depuis des années.
Alors, oui, bien sûr, Rob Gronkowski est sorti de sa retraite, Antonio Brown est arrivé, tout comme Leonard Fournette. Des noms clinquants, mais ce genre de forteresse peut vite se transformer en château de cartes. Là, tout le monde a accepté de ramer dans le même sens et même lorsque le bateau a tangué au cœur de l'automne, il n'a pas coulé. Le mérite en revient à Bruce Arians et son staff, mais difficile, là encore, de ne pas y déceler l'aura de Brady. Parce que tout le monde sait qu'avec un tel capitaine à la barre, l'équipage arrive à bon port. La tempête, passagère, ne devient alors qu'un aléa. Le naufrage n'est pas une option. Alors on l’écoute et on le suit.
Le pire (pour le reste de la Ligue, s'entend) ? Ce compétiteur hors normes a toujours faim. Interrogé sur CBS dimanche soir quant à son avenir, il n'a surprise personne : "Evidemment, je vais revenir. Nous allons tous revenir."
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