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Entre show et froid
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Publié 28/02/2005 à 17:05 GMT+1
Jose Mourinho a donc décroché son premier trophée avec Chelsea. Un succès qui tombe à point nommé au terme d'une semaine très agitée, où la presse anglaise ne l'a pas épargné. Mais l'entraîneur portugais, par son comportement, se plait à souffler le show
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Il est incroyable, Jose Mourinho. Une fois encore, le coach le plus médiatique du football mondial a réussi à focaliser l'attention sur sa personne. Dimanche soir, l'Angleterre parlait davantage de son exclusion en pleine finale de la Coupe de la Ligue que de la victoire de ses joueurs, ou de la détresse de Steven Gerrard, héros malheureux de la rencontre. Non, le grand sujet du jour, c'était ce geste de Mourinho, se tournant vers la tribune, doigt sur la bouche, juste après l'égalisation de ses Blues et qui lui a valu de suivre la fin du match dans les vestiaires.
Dans le feu de l'action, tout le monde a cru que le Portugais demandait aux supporters de Liverpool de se taire. Mouchés, les Reds? Pas du tout. C'est en fait aux journalistes présents dans la tribune de presse que Mourinho s'adressait. Etonnant, dans la mesure où les journalistes se trouvent de l'autre côté de la tribune en question au Millenium Stadium de Cardiff. Ce fut en tout cas l'épilogue provocateur d'une semaine particulièrement tendue entre les deux parties.
"Ridicule"
Après la rencontre, l'ancien coach de Porto s'en est donné à coeur joie et la conférence de presse a tourné au règlement de compte. "La presse parle trop à mon avis, a-t-il expliqué pour justifier son attitude. J'ai le sentiment que les journalistes cherchent à déstabiliser Chelsea. Et bien, qu'ils ne parlent pas trop vite. Sous prétexte que nous avons perdu deux matches, vous avez voulu mettre la pression sur nous et nous faire perdre confiance".
Chelsea serait donc victime d'une entreprise de déstabilisation médiatique? La presse anglaise n'a certes pas pour habitude de jouer les enfants de choeur, mais les deux revers en question, à Newcastle en Cup puis en huitième de finale aller de la Ligue des champions à Barcelone, constituaient bel et bien un évènement pour une équipe quasi invincible depuis le début de la saison. Comment Mourinho peut-il l'ignorer? Omet-il également qu'en distillant avec un réel talent une certaine pointe de suffisance et d'autosatisfaction dans ses propos, il s'expose aux critiques?
Après l'élimination en Cup, il avait ainsi clamé un peu vite que son équipe ne perdrait pas à Barcelone, puisqu'il n'avait jamais perdu deux matches de suite depuis le début de sa carrière d'entraîneur. Chelsea a pourtant bel et bien perdu au Nou Camp. Oui, mais par la faute de l'arbitre. Mourinho a même demandé à ses dirigeants de porter plainte après le match, pour un incident survenu dans les vestiaires à la mi-temps&hellip et dont lui seul visiblement aurait été le témoin. Les quotidiens anglais ne l'ont pas raté. "Ridicule", titrait le Daily Mail vendredi matin.
Celui qu'on adore détester
Bref, le beau Jose ne peut s'étonner de se brûler lorsqu'il souffle lui-même sur les braises&hellip Mais le personnage se satisfait bien plus qu'il ne le prétend de cette situation. Que l'attention se porte sur lui ne semble pas pour lui déplaire. En à peine six mois, Mourinho est devenu l'entraîneur que la presse adore détester. Pour les tabloïds, il est un client en or. Pas un match, pas un jour sans une déclaration tapageuse ou provocante. Outre-Manche, il ne laisse personne indifférent.
Hâbleur, charmeur, indéniablement charismatique, le Lusitanien est en quelque sorte le premier entraîneur-star d'un nouveau genre. Les vedettes ne manquent pas dans l'effectif de Chelsea, mais la vraie vedette du club, c'est Mourinho. Mais son plus grand allié demeure son bilan, exceptionnel à Porto comme à Chelsea. Tant qu'il gagnera, il pourra toujours opposer cet argument à ses ennemis. Dès que le bateau commence à tanguer, comme ce fut le cas cette semaine, sa position se fragilise en revanche dangereusement. C'est un jeu dangereux, mais pour l'instant, c'est Mourinho qui en dicte les règles. N'en déplaise aux médias anglais&hellip
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