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Werder Brême : une lente et improbable descente aux enfers

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Bundesliga: Werder Bremen in der Krise

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ParFabien Esvan
17/05/2020 à 21:44 | Mis à jour 18/05/2020 à 18:04

BUNDESLIGA - C’est un monument du football allemand qui est sur le point de vaciller. A quelques heures de son retour sur le pré, le Werder Brême et ses cinquante-six saisons dans l’élite, sont plus que jamais au bord du gouffre. Chronique d’une improbable dégringolade.

Johan Micoud, Diego, Miroslav Klose, Torsten Frings, Ailton, Mesut Özil. Qu’il semble loin le temps où le Werder Brême et sa pléiade d’artistes régalait les amateurs de fussball outre-Rhin, mais également en Europe. Actuellement 17e de Bundesliga, à cinq points du Fortuna Düsseldorf, 16e et barragiste, les Verts et Blancs sont en train de vivre une saison cauchemardesque, aux antipodes de leur bon exercice 2018-2019.

Mai 2019. Huitième du championnat, le Werder vient d’ajouter le point final de sa saison aboutie. Quatrième meilleure attaque (en ayant d’ailleurs été la seule à marquer à chaque match de Bundesliga), les Grünweissen, sous la houlette de l’enfant du club Florian Kohfeldt, sont l’une des satisfactions de l’exercice écoulé. Un an plus tard, la situation est radicalement différente. En déliquescence depuis octobre 2019, l’ancien club de Valérian Ismaël n’y arrive pas et subit, presque partout où il va.

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Cadres vieillissants, jeunesse défaillante ; le cocktail qui tourne au vinaigre

Pourtant, rien ne prédestinait le Werder à lutter pour sa survie. Construit sur un mix mêlant joueurs d’expérience et jeunes à fort potentiel, le collectif de Florian Kohfeldt patauge. Troisième équipe la plus âgée du championnat avec 26,9 ans de moyenne d’âge (derrière le Borussia Mönchengladbach et l’Eintracht Frankfurt), le Werder peine à s’appuyer sur ses cadres, souvent blessés et fragilisés. Même l’expérience et l’aura du vétéran et légendaire Claudio Pizarro (41 ans cette année) apparaît vaine.

Du côté des jeunes, c’est un peu la même chanson. De nombreux joueurs jouent en-deçà de leur niveau de l’an dernier, à l’instar des frères Eggestein (Johannes et Maximilian, un temps cité au PSG) ou Davy Klaassen. Seules éclaircies dans ce marasme, l’éclosion de l’Américain Josh Sargent, mais surtout la confirmation du potentiel de Milot Rashica. Pour sa deuxième saison chez les Verts et Blancs, l’international kosovar rayonne. Avec ses 10 buts et 5 passes décisives toutes compétitions confondues, le milieu offensif est l’une des grosses satisfactions de la saison et a logiquement attisé les convoitises de nombreuses écuries européennes comme Liverpool, le Borussia Dortmund et le RB Leipzig.

Milot Rashica, en 2020.

Crédits Getty Images

Un seul être vous manque…

Si l’effectif est perturbé, le départ du capitaine Max Kruse, transféré à Fenerahce l’été dernier, y est sans doute pour beaucoup. Meilleur buteur du club entre 2016 et 2019 où il a inscrit 35 buts en 97 matches, leader incontesté sur et en dehors du pré, l’absence du joueur allemand se fait clairement ressentir dans les performances de l’équipe de Florian Kohfeldt.

De retour au club après y avoir été formé, Niclas Füllkrug, remplaçant attitré de Kruse, s’est rapidement blessé. Sans que personne ne parvienne à endosser le costume d’homme providentiel sur le front de l’attaque. Offensivement, seul Rashica parvient à tirer son épingle du jeu pour porter l’équipe à bout de bras. Et bien sûr, cela ne suffit pas. Avec un but inscrit tous les douze tirs, le Werder est la pire attaque du championnat, bien loin de ses standards de l’an passé. Le retour de blessure de Füllkrug devrait donc faire beaucoup de bien au Werder.

Max Kruse, lors de la saison 2018-2019.

Crédits Getty Images

Cascade de blessures et bricolage permanent

Mais Füllkrug n’est qu’une mauvaise nouvelle parmi tant d’autres. Depuis le début de la préparation estivale, Florian Kohfeldt doit jongler avec des blessés en pagaille principalement en défense. Et non des moindres puisque le latéral international suédois Ludwig Augustinsson ou le défenseur central Ömer Toprak, joueurs clefs la saison passée, ont loupé une grande partie de la saison.

Renouvelée presque tous les weekends, la défense prend l’eau, faute d’automatismes et de repères. Désorganisée, non alignée, l’arrière-garde brêmoise a laissé des boulevards à ses adversaires. Pour ne rien arranger, Jiri Pavlenka, le portier tchèque des Verts et Blancs, est bien loin de son niveau des années passées. Avec 55 buts encaissés en 24 sorties dont 18 sur coups de pied arrêtés, le Werder est la défense la plus perméable du pays.

Jiri Pavlenka von Werder Bremen

Crédits Eurosport

Face cette multiplication des blessures, le board brêmois a pris des mesures radicales en remodelant en profondeur le staff physique et psychologique. Fin février, le club a renvoyé son physiothérapeute en chef, Uwe Schellhammer et imposé un changement de stratégie à son directeur de la performance, Alex Dörrfuss. Avec un calendrier surchargé jusqu’à fin juin, la fin de saison est un véritable test pour le staff médical.

S’il est un adepte des changements de système en cours de match, Kohfeldt ne peut assurer de continuité à ses joueurs. Contraint de bricoler un nouveau onze chaque week-end, le jeune technicien de 37 ans n’a d’ailleurs jamais aligné la même équipe plus de trois matches consécutifs, matches de coupes compris. Outre les blessés, l’entraîneur du Werder ne peut quasiment pas s’appuyer sur ses remplaçants pour faire la différence. Et la statistique fait mal : aucun joueur sorti du banc n’a fait trembler les filets pour les Verts et Blancs.

Repenser son identité, l’impossible solution de Kohfeldt

Réputé comme l’un des techniciens les plus prometteurs du pays, Kohfeldt vit une saison très compliquée, bien loin des éloges et des louanges qui lui ont été tressés au cours des mois. Victime collatérale de l’avalanche de blessés, l’enfant du club peine à trouver des solutions viables pour relancer les Grünweissen. Adepte d’un jeu en transition ultra-rapide et du gegenpressing, le coach allemand aime que son équipe contrôle le jeu et domine son vis-à-vis, avec ou sans ballon. Mais avec les blessures et la baisse de régime de son groupe, la belle recette du succès semble avoir été oubliée. En Allemagne, beaucoup de suiveurs s’accordent sur un point : le jeu et la vision de Kohfeldt ne sont pas forcément adaptés à une telle opération sauvetage.

Et ce qui faisait la force et la marque de fabrique du Werder ces dernières saisons est aussi devenu sa plus grande faiblesse. Incapables de gagner à domicile depuis le 1er septembre (face à Augsburg, 3-2), les Werderaner ne capitalisent plus sur leur forteresse pour prendre des points.

Néanmoins, la tendance est loin d’être à un départ pour Kohfeldt. Si quelques voix se sont élevées contre l’entraîneur brêmois, les supporters du Werder lui font totalement confiance pour redresser la barre. Passé par les équipes de jeunes et la réserve, le tacticien, en poste depuis 2017, connait le club comme sa poche. Et du côté de Brême, on préfère s’appuyer dessus. Quitte à mourir avec ses idées.

Florian Kohfeldt salue les supporters du Werder Bremen, en décembre 2019.

Crédits Getty Images

La fatalité de la relégation ?

Alors est-il déjà trop tard ? Les sentiments sont partagés dans le nord de l’Allemagne. Beaucoup de supporters apparaissent résignés et se préparent à une relégation à l’échelon inférieur, quasi inéluctable. Depuis le 1er décembre, et une victoire à Wolfsburg (2-3), le Werder n’a pris que 4 points sur 33 possibles.

Pour ne rien arranger, la crise du coronavirus pourrait, comme pour les autres clubs, encore plus fragiliser la structure financière du Werder. Mais, du côté du Weserstadion, si on a longtemps envisagé un retour à l’échelon inférieur, on veut croire à un nouveau départ après la trêve imposée par le confinement.

Avec la réception du Bayer Leverkusen lundi, c’est un tout nouveau championnat qui débute pour les Werderaner. Les dirigeants, le staff et les joueurs l’ont martelé depuis leur reprise : les espoirs de sauvetage sont plus présents que jamais, notamment avec les retours de blessure. S’ils ne sont pas encore écartés de la course au maintien, une défaite viendrait lourdement handicaper la bande de Florian Kohfeldt dans son opération survie. La victoire est donc impérative. Pour s’éviter un tragique destin à la Hambourg 2018.

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