Mardi soir, en l'espace de 90 minutes de jeu, le PSG a vu ses 78% de chances de qualifications pour le dernier carré de la Ligue des Champions partir en fumée. L'espoir était mince pour les Blues de José Mourinho, mais ces derniers ont réalisé le match parfait et obtenu le score requis (2-0) pour entrer dans le dernier carré. S'il est toujours possible de refaire le match pendant des heures en reprenant les faits de jeu (et si Cavani avait marqué ? et si Maxwell avait devancé Demba Ba ? etc...), la vision d'ensemble de la double confrontation est sans appel : sur les 180 minutes de jeu, Chelsea a été supérieur au PSG. Surtout qu'à l'aller, les Parisiens ont dû attendre que leurs adversaires explosent physiquement pour prendre l'ascendant en deuxième mi-temps.
Dans la guerre qui opposait les deux entraîneurs, la bataille tactique a aussi largement tourné à l'avantage de José Mourinho. Si s'incliner face au Portugais n'a évidemment rien d'infamant, plusieurs points font tâche dans le bilan de Laurent Blanc, qui jouait là son deuxième quart de finale de Ligue des Champions en tant qu'entraîneur, le premier face à un très grand d'Europe. Prenons déjà le visage affiché par le PSG lors des deux rencontres. A l'heure où les ajustements tactiques aident souvent à faire la décision dans les plus grands matchs, les Parisiens ont abordé les deux quarts de finale de la même manière. L'intention était louable - l'envie de jouer est un moteur chez le coach parisien - mais la réalisation laborieuse, d'autant plus que le PSG a perdu Zlatan Ibrahimovic entre les deux rencontres, soit l'homme le plus important de son système de jeu. 
Laurent Blanc avait une semaine, et deux buts d'avance, pour préparer un plan de jeu autour d'Edinson Cavani. Sur le papier, l'idée a de quoi être alléchante : l'Uruguayen excelle dans le jeu rapide et l'a démontré avec brio durant ses années napolitaines. Oui mais voilà, "El Matador" est passé à côté de son match et à côté de cette fameuse occasion de la 78e minute, qui aurait pu changer toute l'histoire. Mais ne faudrait-il pas aussi se demander pourquoi sa première véritable opportunité est intervenue aussi tard dans le match ? 
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Le PSG a été trop conservateur
09/04/2014 À 09:44

Matuidi Maxwell PSG Chelsea 2014

Crédit: Panoramic

Cavani a fait du sous-Ibrahimovic

De la première à la dernière minute, l'Uruguayen a joué contre-nature. Jusqu'au coup de sifflet final, il a évolué dans le rôle laissé vacant par Zlatan Ibrahimovic. Il a ainsi décroché à plusieurs reprises pour faciliter les sorties de balle de ses milieux ; en phase défensive, faisant même moins qu'Ibrahimovic qui pressait par séquence lors du match aller, il s'est planté dans le rond central face à David Luiz et n'a quasiment jamais accompagné le pressing de ses milieux de terrain jusqu'à Terry ou Cahill. Un comble pour lui qui a débarqué dans la capitale avec l'étiquette de l'attaquant infatigable, capable de revenir défendre très bas (comme avec la sélection uruguayenne) et d'aller presser très haut la relance adverse (dans les temps forts du Napoli). 
La passivité de Cavani a été d'autant plus dommageable dans ce match retour qu'elle a ouvert la porte au coaching payant de Mourinho. Voyant que Terry et Cahill étaient toujours sans opposition, le coach portugais a fait le pari d'alléger son milieu de terrain (sur lequel le PSG avait focalisé son pressing en début de partie) pour ajouter des attaquants et mettre la pression sur la défense parisienne en usant de longs ballons. Une option tactique basique mais logique vu la physionomie et le contexte de la rencontre. Mais même après la sortie de Lampard, le PSG n'a pas changé sa manière de presser. Il a d'ailleurs aussi refusé de reculer, conservant son 4-3-3 en allant même jusqu'à positionner Marquinhos au milieu de terrain pour finir la rencontre. L'ancien défenseur de la Roma n'a eu aucun impact dans ce rôle puisque Chelsea pilonnait déjà la défense parisienne en sautant par-dessus ses milieux. 
Evidemment, un entraîneur est toujours dépendant du niveau d'un soir de ces hommes. José Mourinho en avait d'ailleurs fait l'expérience à l'aller, en retenant que son équipe avait encaissé trois buts sur trois erreurs individuelles. Mais il a rectifié le tir en remobilisant ses troupes : bilan, un véritable sans-faute des Blues mardi soir. 

Edinson Cavani Chelsea PSG 2014

Crédit: LaPresse

Avec Ba, Mourinho a montré l'exemple

Il existe une possibilité qui dédouanerait totalement le coach parisien du poids de la défaite et de l'élimination : que Cavani - pour rester sur cet exemple - n'ait pas appliqué ses consignes. Mais dans ce cas aussi, l'entraîneur a sa part de responsabilité. Il suffit de jeter un coup d'oeil à ce qu'il s'est passé dans l'autre camp : tout au long de la saison, Demba Ba a dû faire avec les critiques de José Mourinho. Mardi soir, il entre en jeu, se démène sur le front de l'attaque et dans les airs, marque et finit même la rencontre en position de libéro pour répondre à la montée d'Alex côté parisien.
Faire adhérer onze titulaires à un projet de jeu est une chose, trouver une utilité tactique ou technique à chaque membre de l'effectif en est une autre. Quand José Mourinho fait rentrer en jeu Demba Ba, son troisième attaquant sur le papier, son équipe s'adapte. Quand le staff parisien a huit jours pour préparer une formation avec Cavani en pointe, l'Uruguayen débute le match et donne l'impression faire du sous-Zlatan pendant 90 minutes. 
Dans ses précédentes aventures, Laurent Blanc s'était heurté à des limites structurelles et techniques pour exprimer pleinement son potentiel. Même si la manière avait déplu à chaque fois, atteindre un quart de finale de Ligue des Champions avec les Girondins et s'incliner en quart de finale de l'Euro face à l'Espagne n'était en soit pas des échecs au vu de l'ambition et des joueurs composant les deux équipes. En rejoignant le PSG l'été dernier, Blanc s'était vu offrir une opportunité quasi inespérée, alors que sa carrière d'entraîneur connaissait son premier ralentissement : à la tête de la machine parisienne, il allait enfin pouvoir démontrer qu'il était fait du même bois que les meilleurs techniciens du moment. Une opportunité à double tranchant, Blanc est aujourd'hui - et pour la première fois - un entraîneur exposé à la critique sans qu'il ne puisse bénéficier de circonstances atténuantes. Si le PSG est encore loin des géants, il aura besoin que son entraîneur grandisse avec lui pour atteindre les sommets du Vieux Continent. 

Demba Ba s'envole, Maxwell et le PSG à terre

Crédit: Panoramic

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