Panoramic

D'Iniesta à Zamora, les 11 qui ont fait l'Espagne

D'Iniesta à Zamora, les 11 qui ont fait l'Espagne

Le 29/06/2013 à 14:53Mis à jour Le 30/06/2013 à 00:58

Qui ne s’est jamais laissé aller à classer des joueurs, des équipes ou des matches avec des critères plus ou moins subjectifs ? C’est ce que fait régulièrement foot123.fr dans la rubrique "les 11…". Aujourd’hui, c’est au tour de l’Espagne, nation dominante du football actuel, de passer sous l’œil de la rédaction.

Championne du monde et double championne d’Europe en titre, l’Espagne est sans conteste la nation dominante du football mondial actuel. Emmenée par une génération dorée exceptionnelle (Casillas, Xavi, Xabi Alonso, Iniesta), la Roja propose ce qui se fait de mieux depuis maintenant six ans. Souvent "championne du monde des matchs amicaux", elle n’avait jamais réussi à passer le cap chez les seniors. Mais ça, c’était avant. En remportant l’Euro en 2008, la Seleccion s’est décomplexée et se livre désormais à une domination sans partage de la planète football. Du beau jeu, offensif, basé sur le collectif. L’Espagne plaît, enchante, envoûte avec des joueurs hors-normes. Focus sur les onze plus grands joueurs qui ont revêtu le maillot de la Roja.

1 – ANDRES INIESTA : 2006 – aujourd’hui (85 sélections – 11 buts)

Il n’est pas le plus grand, pas le plus rapide, pas le plus puissant des footballeurs mais son aisance technique n’a d’égale que son intelligence de jeu. D’une élégance fabuleuse balle au pied, il trône fièrement au sommet de la pyramide du football ibère. Capable d’évoluer au milieu de terrain mais également sur l’aile gauche, Andrés Iniesta s’adapte à ses coéquipiers et ses adversaires tel un caméléon surdoué. Du haut de son mètre 70 et de ses 65 kilos, le maestro catalan passerait inaperçu dans toutes les rues du monde. Mais, sur la pelouse, le discret devient étincelant. Peu bavard et introverti, le joueur de 29 ans sort de sa boîte toujours au bon moment. Déjà en 2009, face à Chelsea, le FC Barcelone est en grande difficulté. Au bord de l’élimination, les Catalans se reposent sur le pied droit de son enfant prodige pour se qualifier en finale de Ligue des champions. Iniesta gagne subitement le statut de Don Andrés dans les cœurs barcelonais.

Mais ce n’est qu’un prélude à son chef d’œuvre, l’aboutissement d’une carrière. Pour un joueur de sa trempe, quel plus bel écrin pour briller qu’une finale de Coupe du monde ? En 2010, les Espagnols affrontent les Pays-Bas pour le rendez-vous le plus important de leur histoire. Incapables de se départager, les deux formations filent tout droit en prolongation. Il reste quatre minutes à jouer avant la terrible séance des tirs-au-but. Le moment choisi par Don Andrés pour frapper. Servi par Fabregas, le petit Espagnol va devenir grand, très grand en crucifiant le portier néerlandais. Un but qui résume parfaitement la clairvoyance du milieu catalan, auteur d’une talonnade au début de l’action afin de décaler Fabregas. Elu meilleur joueur de la finale, Iniesta récidivera deux ans plus tard en étant sacré homme du match en finale de l’Euro 2012 face à l’Italie. La consécration pour l’un des joueurs les plus talentueux qui n’aura jamais eu droit au Ballon d’Or. Le héros national.

Palmarès en sélection : Champion du monde (2010), double champion d’Europe (2008, 2012), élu meilleur joueur de la finale de la Coupe du monde 2010, élu meilleur joueur de la finale de l’Euro 2012 et de la compétition.

Eurosport

Il est indissociable de son compère Iniesta. Tout comme son camarade de jeu, Xavi est un petit format au grand talent. De son vrai nom Xavier Hernandez Creus, le milieu de terrain barcelonais dicte le rythme des rencontres comme un pendule cadence le tempo. Le lutin catalan est l’un des meilleurs joueurs n’ayant jamais décroché le Ballon d’Or. Souvent bien placé (3e en 2009, 2010 et 2011), il n’a jamais obtenu la distinction ultime. Sobre et discret, à l’instar de son camarade Iniesta, Xavi brille par sa qualité de passe en profondeur et son timing parfait qui lui a permis d’être à deux reprises meilleur passeur de Liga (22 passes en 2009, 15 en 2010). Peu décisif devant les cages adverses, Xavi est comme du bon vin : il se bonifie avec le temps. Au fil des années, il marque plus de buts.

Véritable plaque tournante en club, mais également en sélection, Xavi est très certainement le meilleur passeur au monde. Capable d’effectuer des passes que personne n’aurait imaginées, il est le prototype du joueur bonifiant les autres. Pas étonnant de voir David Villa être le meilleur buteur de l’histoire de la Roja avec un tel passeur derrière lui. Devenu indispensable, Xavi est avec ses 124 sélections le recordman de capes pour un joueur de champ, devancé simplement par son actuel gardien Iker Casillas (146) et une autre légende, Andoni Zubizarreta (126). Un soir de février 2011, face à la Colombie, Xavi a réussi une performance exceptionnelle en ne manquant aucune de ses 76 passes. Une perfection, à l’image du maître à jouer de la Roja. Le maestro.

Palmarès en sélection : Champion du monde (2010), double champion d’Europe (2008, 2012), élu meilleur joueur de l’Euro 2008, recordman des sélections pour un joueur de champ (128). Prince des Asturies des sports, plus haute distinction pour un sportif en Espagne

Imago

Le recordman de sélections avec la Roja. "Un mythe du football" selon son sélectionneur Vicente del Bosque. San Iker protège les cages de l’équipe nationale depuis désormais 13 années. Le portier du Real Madrid (également recordman de matchs avec la Maison Blanche) représente à lui seul la génération dorée espagnole. International à seulement 19 ans, Casillas est le gardien dominant du début du XXIe siècle. Avec Buffon, il est le modèle de tout jeune joueur désirant prendre place entre les bois. Peu à l’aise dans les airs au début de sa carrière, Casillas a progressé chaque saison un peu plus, au point de devenir un candidat crédible au Ballon d’Or en 2008, 2010 ou encore en 2012. Mais être gardien est un désavantage quasi-rédhibitoire que seul Lev Yachine a réussi à surmonter en 1963.

Agile, félin, charismatique, capable de garder son sang-froid lors des moments cruciaux le portier de 32 semble être un savant mélange entre Bernard Lama et Fabien Barthez. Mis sur le banc au Real Madrid par Jose Mourinho en 2013, Casillas conserve malgré tout la confiance de son sélectionneur Vicente del Bosque et de ses coéquipiers qui voient en lui un leader charismatique essentiel. Déjà recordman de sélections, Casillas est tout simplement le gardien ayant terminé le plus de rencontres internationales sans encaisser le moindre but (83 matchs) devant Edwin Van der Sar. L’ange-gardien espagnol.

Palmarès en sélection : Champion du monde (2008), double champion d’Europe (2008, 2012), capitaine des sélections lors des titres en 2008, 2010, 2012, meilleur gardien de la Coupe du monde (2010), meilleur gardien du championnat d’Europe (2008, 2012), recordman de sélections avec l’équipe d’Espagne (146), recordman de matchs sans encaisser de buts en sélection (83). Prince des Asturies des sports avec Xavi.

AFP

Depuis ses débuts, David Villa a toujours évolué dans l’ombre des plus grands. Issu de la même génération qu’El Nino Fernando Torres, El Guaje (le Gamin en Asturien) a vu ses performances éclipsées par les réussites de Raul puis par celles du joueur de l’Atletico Madrid et de Liverpool. Pourtant, à seulement 20 ans, David Villa brille déjà au Sporting Gijon avant de rejoindre le Real Saragosse où il va se révéler, au point de devenir international. En quittant l’Aragon pour Valence, l’homme qui inscrit un but tous les deux matchs va devenir un élément indispensable de la Roja. Trapu, puissant, au physique somme toute ordinaire, le sosie de Jean-Pascal va connaître une progression linéaire avant de se révéler être un finisseur complémentaire et indispensable à des passeurs comme Iniesta, Xavi et Xabi Alonso.

Dévoreur d’espaces, "MaraVilla" n’est pas du genre à rester en pointe, préférant décrocher ou partir sur un côté afin de libérer des espaces. Pourtant, s’il n’est pas un renard des surfaces, l’Asturien va confirmer le rythme tenu en club (un but tous les deux matchs) avec la sélection. Sans faire de bruit, en 90 sélections, l’attaquant de 31 ans a inscrit 56 buts, devenant le meilleur buteur de l’histoire de la Roja devant son Altesse Raul ("seulement" 44 réalisations). Décrié au Barca, David Villa démontre à chaque sortie avec l’équipe nationale qu’il reste un redoutable attaquant, un chasseur de buts qui peut frapper à tout moment. Son unique déception avec l’Espagne, avoir manqué l’Euro 2012 pour une blessure contractée au tibia. Une fracture qui aura ralenti la carrière jusque-là exemplaire d’El Guaje.

Palmarès en sélection : Champion du monde (2010), champion d’Europe (2008), meilleur buteur de l’histoire de la Roja (56 buts), meilleur buteur de l’Euro 2008 (4 buts), co-meilleur buteur de la Coupe du monde 2010 (5 buts)

AFP

Le prodige du football espagnol. Fernando Torres a, dès son plus jeune âge, été adoré par les supporters (et supportrices) qui voyaient en lui la nouvelle perle du football ibère. A seulement 17 ans, celui qui est surnommé El Nino (le Petit, l’Enfant) par toute l’Espagne va se révéler sous le maillot de l’Atletico. Précoce, il va prendre le brassard de capitaine et devenir international à 19 ans. S’inspirant de Cristian Vieri qu’il a côtoyé une saison à l’Atletico (en 1997), Torres va développer un jeu très complet. Véritable esthète à l’aise lorsque les espaces se libèrent, l’attaquant va progressivement étoffer sa palette. Meilleur passeur et en constante progression dans le jeu aérien, il apprend à jouer avec ses partenaires. Encensé, El Nino va définitivement adopter la stature d’idole nationale un soir de juillet 2008 où, en finale de l’Euro, il troue les filets allemands pour l’unique but de la rencontre, offrant ainsi le premier titre international à la Roja depuis 1964.

Celui qui aura ramené pléthore de trophées dans les catégories de jeunes (Euro des moins de 16 ans en 2001, Euro des moins de 19 ans en 2002) a débloqué le compteur chez les seniors, décomplexant une nation souvent brillante mais communément appelée "la championne du monde des matchs amicaux" pour souligner son incapacité à répondre présente lors des grandes compétitions. Mais, progressivement, la star adulée va être décriée. Incapable de frapper et marquer de loin, Torres apparaît limité lors de certains rendez-vous. Des critiques entamant la confiance d’El Nino qui va progressivement voir sa place être remise en cause, notamment par David Villa, mais également Cesc Fabregas, repositionné en attaquant par Vicente del Bosque. Mais, comme tout grand joueur, Fernando Torres sait répondre présent et a prouvé en étant meilleur buteur de l’Euro 2012 qu’il est plus qu’un simple attaquant pouvant dépanner. Il est désormais, avec son coéquipier Juan Mata, le seul joueur à avoir remporté l’ensemble des compétitions internationales les plus importantes (Coupe du monde, Euro, Ligue des champions, Ligue Europa).

Palmarès en sélection : Champion du monde (2010), double champion d’Europe (2008, 2012), meilleur buteur Euro 2012 (3 buts), unique buteur de l’histoire lors de deux finales différentes à l’Euro (2008, 2012), meilleur buteur de l’histoire de l’Espagne à l’Euro

PA Photos

Le descendant de Fernando Hierro. Formé à Séville, Sergio Ramos fait partie de ces joueurs qui ont explosé très vite au plus haut niveau. A 19 ans seulement, le latéral droit reconverti défenseur central rejoint le Real Madrid contre un peu moins de 30 millions d’euros et fait ses débuts en équipe nationale. Au Real, il portera le numéro 4 du mythique Fernando Hierro. Tout sauf une erreur de casting de la part de la Maison Blanche qui tient là son taulier mais également celui de la sélection.

A seulement 27 ans, Sergio Ramos Garcia comptabilise déjà 106 sélections. Doté d’un physique modeste pour un défenseur central (1,83 m), il brille par son excellent timing dans le jeu aérien, son sens de l’anticipation et sa grinta. Passionné de tauromachie, il allie la puissance du taureau avec le tranchant de la pointe du verdugo lors de ses montées en tant que latéral droit. Guerrier des pelouses, gravure de mode en-dehors, il est en pleine force de l’âge et l’un des futurs gardiens du temple lorsque les actuels leaders (Casillas, Xavi, Xabi Alonso) se retireront de la Roja. En parfaite osmose avec son gardien, tant en club qu’en sélection, il est la poutre de la défense espagnole. Indispensable.

Palmarès en sélection : Champion du monde (2010), double champion d’Europe (2008, 2012). Elu meilleur latéral droit de la Coupe du monde 2010, meilleur latéral droit de l’Euro 2008, meilleur défenseur de l’Euro 2012.

Reuters

Le grand absent de la Coupe des confédérations. Avec Xavi et Iniesta, il est le troisième "cerveau" de la Roja. Seul Madrilène du trio, le Basque de naissance est le parfait complément de ses compatriotes en sélection. Plus défensif que ses acolytes, il est parfaitement intégré au système adopté par Vicente del Bosque. A 31 ans, Xabi Alonso a ses plus belles années derrière lui mais apporte toujours toute son expérience à la récupération espagnole. Passé par l’Angleterre durant cinq saisons, le natif de Tolosa a acquis une puissance physique et une résistance aux contacts très utiles dans une équipe espagnole basée sur les passes, l’évitement et le contournement de l’adversaire.

Doté d’une vision du jeu et d’une qualité de passe au-dessus de la moyenne, le Madrilène voit tout avant tout le monde. Vicente del Bosque utilise Xabi Alonso, homme d'expérience, juste devant la défense. Un peu comme Pirlo avec l’Italie, le milieu défensif de la Roja est un organisateur reculé. Placé juste devant la défense, il est le pivot sur lequel se reposent ses défenseurs afin de distiller les bons ballons vers l’avant. Avec une frappe de balle puissante, il est une arme supplémentaire dans l’arsenal espagnol. Un joueur qui brille dans l’ombre, au point d’être le deuxième joueur de champ à compter le plus de capes avec la Seleccion (107). Un maillon discret mais pourtant essentiel à la bonne tenue du jeu ibérique.

Palmarès en sélection : Champion du monde (2010), double champion d’Europe (2008, 2012)

dpa

L’enfant de la Masia. Fidèle parmi les fidèles, Carles Puyol a fait l’ensemble de sa carrière au FC Barcelone, devenant un symbole du club catalan mais également un joueur charismatique de la Roja. Pas aussi talentueux que ses compatriotes présents dans cette liste, le joueur à la coiffure venue tout droit des années 70 a guerroyé durant dix années aux quatre coins du monde avec la Roja. Vice-champion olympique en 2000, il découvre l’équipe nationale la même année, à 22 ans. Formé au poste de latéral droit, le défenseur multitâche a glissé dans l’axe sous les ordres de Louis Val Gaal avant de dépanner sur le côté gauche de la défense.

De taille modeste (1 mètre 78), peu rapide, le joueur à la chevelure proéminente compense par un goût du combat poussé. Peu avare d’efforts, Puyol donne 100% de ses capacités lors de toutes ses rencontres. Un engagement total qui coûte cher au Catalan puisqu’il souffre depuis maintenant de nombreuses années de diverses blessures aux genoux. Des blessures qui, à désormais 35 ans, poussent très certainement le Barcelonais à parler de sa carrière avec la Roja au passé. Pilier de la défense nationale durant dix ans, il fait néanmoins partie des rares centenaires que compte le football espagnol.

Palmarès en sélection : Champion du monde (2010), Champion d’Europe (2008)

Eurosport

Le premier membre de ce classement à ne pas avoir remporté la Coupe du monde 2010. Andoni Zubizarreta est un symbole de l’autre côté des Pyrénées. Il aura été le porteur du témoin, l’intermède entre deux générations. Successeur de Luis Arconada dans les cages espagnoles, Zubizarreta a été pendant treize années l’ultime rempart de la Furia Roja. Capable des plus grands exploits, comme de grosses boulettes comme face à Nigeria lors de la Coupe du monde 1998 où il inscrit un improbable but contre son camp, il aura fait vibrer les cœurs espagnols durant quatre Coupes du monde et deux Euros. Il aura patiemment attendu l’éclosion de la nouvelle génération pour laisser sa place.

Très populaire et débordant de charisme, le Basque de naissance, Catalan d’adoption, a été le capitaine d’une équipe au talent indéniable mais qui, comme ses devancières, n’a jamais pu briller lors des compétitions internationales. Sobre et agile, le portier détonnait également avec sa préparation psychologique poussée. Zubizarreta a pris sa retraite en 1998, à l’âge 37 ans, sur une ultime victoire pour l’honneur face à la Bulgarie (6-1). Une compétition qui résume le paradoxe de la carrière de "Zubi", capable de l’excellence face aux pauvres Bulgares mais aussi de s’écrouler de façon incompréhensible face au Nigeria. Le symbole d’une génération gâchée.

Palmarès en sélection : Néant

Imago

Lui aussi a connu le fiasco de la Coupe du monde 1998. Véritable chasseur de buts, Raul Gonzalez Blanco est un joueur comme on en fait peu. Racé, avec un sens du but inné et un jeu de tête exceptionnel, la légende du Real Madrid a également porté l’attaque de la Roja durant près de dix années. Considéré comme l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération, Raul a porté les espoirs de tout un pays après l’échec retentissant de la Coupe du monde 1998. L’attaquant madrilène est devenu la figure de proue d’une équipe débordante de talent dans toutes les lignes (Canizares, Hierro, Guardiola, Luis Enrique entre autres). La phase qualificative pour l’Euro 2000 symbolisera son explosion. En seulement 9 matchs, le Madrilène va faire trembler les filets à 11 reprises. Deuxième dans la course au Ballon d’Or en 2001, il s’est avancé pour la Coupe du monde l’année suivante avec le statut de meilleur avant-centre du monde mais, blessé, il ne pourra aider son équipe à franchir l’écueil des quarts de finale et malgré une compétition individuelle réussie (3 réalisations en 4 rencontres), le retour au pays se fait une nouvelle fois de manière précoce.

Capitaine de la Roja, il a, à seulement 25 ans, battu le record de réalisations avec l’équipe d’Espagne (qu’il a poussé à 44 buts), avant que David Villa ne le détrône. Avec 5 buts en 11 matchs de Coupe du monde (et 3 éditions, 1998, 2002, 2006) et 44 réalisations avec le maillot de la Furia Roja, il s’est révélé d’une efficacité diabolique, donnant le tournis à toutes les défenses et des maux de tête à tous les sélectionneurs voulant le stopper. Un avant-centre exceptionnel qui aura vu sa progression stoppée par une blessure aux ligaments du genou en 2005. Plus appelé sous l’ère Aragones, le meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des champions (71 buts) bénéficiera néanmoins toujours d’un fort soutien populaire, voyant son nom scandé à chaque rencontre de la Roja. Une idole.

Palmarès en sélection : Néant

Reuters

Larry O’Brien, Bill Russell, Red Auerbach, Rafael Moreno Aranzadi “Pichichi” ou encore Ricardo Zamora. Ils sont peu à avoir eu l’honneur de donner leur nom à un trophée de leur vivant. Le portier légendaire de la Roja en fait partie puisque le titre honorifique de gardien encaissant le moins de buts en Liga porte son nom. Zamora était un géant, dans tous les sens du terme. Du haut de son mètre 94, il toisait les adversaires. Son talent faisait le reste. Icône du football des années 20 et 30, Zamora est, aujourd’hui encore, considéré comme l’un des plus grands portiers de l’histoire. A 15 ans seulement, il a débuté en senior avec l’Espanyol Barcelone avant de passer à "l’ennemi", le FC Barcelone. En 1920, à 18 ans, il est le leader de la première équipe d’Espagne à s’envoler pour les Jeux Olympiques d’Anvers et avec laquelle il décroche la médaille d’argent. La première récompense internationale pour la Roja. Durant quinze ans et avec 46 sélections au compteur (un record pour l’époque), "Le Divin" a arpenté les pelouses européennes et mondiales avec notamment à ses côtés des joueurs de la trempe de Jose Maria Pena ou encore Josep Samitier.

Leader dans l’âme, Zamora portera le brassard de capitaine lors du Mondial 1934 en Italie. Félin, charismatique, Zamora était en avance sur son temps. Un précurseur dans tous les sens du terme puisqu’il est devenu la première superstar du football espagnol, apparaissant notamment dans des spots publicitaires. Casquette vissée sur la tête, il s’envolait régulièrement pour sortir des ballons improbables. Transféré au Real Madrid en 1930 (pour le transfert le plus cher de l’époque avec 100 000 pesetas), Zamora était un homme de convictions. Pris dans la guerre civile qui frappa l’Espagne (il a été emprisonné par les Républicains), il a quitté l’Espagne en bateau, direction Nice. Durant trois saisons, la France pourra se délecter de ses exploits. De retour de l’autre côté des Pyrénées, le portier devenu entraîneur prendra en main la destinée de la sélection en 1952. Une tentative manquée. Son seul véritable échec mais qui n’altèrera pas son image. La première icône du football espagnol.

Palmarès : Vice-champion olympique (1920), Médaille d’Or de l’Ordre Royal du Mérite Sportif espagnol

Eurosport

0
0