L'histoire du FC Barcelone est liée à celle de Lionel Messi. Alors que le club blaugrana, emmené par un grand Messi, auteur d'un triplé, pensait avoir relancé sa saison après son succès homérique au Bernabeu en Liga le 23 mars dernier (3-4), la dure réalité est rapidement revenue frapper à la porte du champion d’Espagne en titre et de son joueur phare. En l'espace de trois rencontres, le club blaugrana a tout perdu : la C1 face à l'Atletico (1-1, 1-0), la Liga - sauf miracle - chez le modeste Grenade (défaite 1-0) et la 27e Copa del Rey de son histoire face à un Real Madrid beaucoup plus dangereux offensivement et surtout plus frais. Trois rencontres, trois défaites; un seul but marqué. Une telle période de disette n'avait plus eue lieu depuis janvier 2003 chez la maison Barcelone.

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Le symbole de la rechute barcelonaise est à chercher dans la méforme que subit l'Argentin depuis le 5 avril dernier et son doublé face au Bétis Séville (succès 3-1 du Barça). Depuis cette rencontre, loin d'être positive pour des Blaugrana en manque d’idées et de jus notamment, Messi a disparu des radars et n'arrive plus à faire la différence. Aligné à deux reprises en Ligue des champions avec le duo Neymar - Iniesta dans le trio offensif de Gerardo Martino, l'Argentin traîne des pieds depuis la visite au Calderon en 1/4 de finale retour de Ligue des champions. Étouffé par le dispositif tactique de Simeone à Madrid, Messi a rejoué aux abonnés absents à Grenade et à Mestalla, mercredi soir. Le jeu du Barça en a pâti, sa force offensive s'est complètement envolée.

Gerardo Martino a parfaitement reconnu les faiblesses offensives de son équipe en conférence de presse : "Le coup est rude car nos attentes sur cette rencontre étaient grandes. Nous avons eu le contrôle du jeu, il nous a manqué de la profondeur et nous avons payé cher ces deux contre-attaques de notre adversaire (...) Mais au-delà de notre domination dans le jeu, nous n'avons pas eu de situations concrètes devant le but." En l'espace de deux semaines, Barcelone a perdu son jeu - avec une multiplication des centres à la clé un fait pas anodin pour un club avec de telles racines de jeu au sol - et perdu ses répères, notamment dans les 30 derniers mètres adverses.

Lionel Messi dépité après la finale de la Coupe du Roi 2013

Crédit: AFP

Le but marqué de la tête par Marc Bartra est d'ailleurs un trompe-l'oeil général. Les multiples essais offensifs du technicien (six hommes utilisés, déplacement infructueux de Neymar à droite) n'ont également pas dû aider des joueurs habitués à la stabilité et au turn-over quasi inexistant sous l'ère Guardiola et Tito Vilanova. Si les changements incessants du "Tata" (mise au repos de Xavi, voire d'Iniesta) n'ont pas affecté l'entrejeu catalan, ils ont complètement perturbé le secteur offensif. Messi et sa position d'électron libre ne dérogent pas à la règle.

Depuis janvier : Messi c'est 26 matches disputés, dont 21 en intégralité

Une statistique sortie par la presse espagnole a déclenché les radars au sujet de l'Argentin : à Vicente-Calderon, lors du 1/4 finale retour de C1 face à l'Atletico, le natif de Rosario n'avait parcouru que 1,5 kilomètre de plus que son gardien José Manuel Pinto. Un chiffre complètement improbable pour ce type de joueur, qui raffole du jeu en profondeur, et qui tire sa force de son jeu balle au pied. La finale de Copa del Rey a confirmé ce chiffre et les craintes : l'Argentin n'a en effet pas touché un seul ballon dans son propre camp lors de la première période. Le buteur catalan s'est simplement cantonné à remiser des ballons aux 20-25 mètres du camp madrilène, à jouer les pivots pour Neymar, Fabregas et Iniesta sur le côté gauche. Ses quelques incursions sur l'aile droite, côté du terrain qu'il avait globalement cessé d'arpenter ces dernières saisons, n'ont rien apporté de dangereux. La spéciale : fixation-crochet et tir excentré depuis l'angle de la surface ne marche plus. Face au Real, tout cela s'est vu.

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En l'espace de 90 minutes, Lionel Messi n'a pu se mettre en position de tirer qu'à une seule reprise. Trouvé à l'entrée de la surface après une action combinée à trois à l'initiative d'un Fabregas tout aussi perdu, l'international albiceleste a collé quelques frayeurs au Real Madrid et à Iker Casillas avec une jolie frappe flottante travaillée du pied droit. Mais cette mise en évidence est restée sans suite. L'Argentin s'est ensuite contenté de faire le minimum syndical au niveau de l'implication. S'il n'a pu montrer autre chose c'est probablement qu'il n'en avait pas les possibilités. Bien remis de sa blessure au biceps fémoral de la cuisse gauche, le joueur blaugrana a enchaîné un rythme de compétition effréné depuis le 8 janvier dernier, date de son retour à la compétition lors de la réception de Getafe en Copa del Rey.

Depuis cette date, il a disputé tous les matches du FC Barcelone : soit 15 rencontres de Liga, 4 de Ligue des champions et 7 en Coupe du Roi. Sur 26 rencontres, il en a disputé 21 dans leur intégralité. Ce qui arrive à Messi, c'est un contre-coup physique. A deux mois de la Coupe du Monde, cet état de fait qui semble évident, est un avertissement à double inconnue pour l'Argentine qui dépendra de la forme de son capitaine au Brésil. Mais la première victime de ce passage à vide est bien le FC Barcelone qui a complètement dénaturé son jeu. Le résultat est implacable, les Blaugrana se dirigent vers leur première saison blanche depuis 2007/2008. A moins d'un énième sursaut ?

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