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Marc-André Ter Stegen, l'autre cyborg

Ter Stegen, l'autre cyborg

Le 21/04/2018 à 12:20Mis à jour Le 21/04/2018 à 12:27

D'abord confronté à la concurrence au Barça, Marc-André Ter Stegen est désormais le gardien incontournable du futur champion d'Espagne. Auteur de performances hebdomadaires exceptionnelles, l'Allemand est même en train de bousculer l'idole nationale Manuel Neuer avant la Coupe du monde. À juste titre.

Il y a des matches plus compliqués à aborder que les autres. Le week-end dernier, ce Barça-Valence était sans aucun doute un match à forte pression pour le FC Barcelone, et ce pour trois raisons.

La première ? L'adversaire, troisième au classement et lancé dans une série de 25 points pris sur 27 possibles lors des neuf dernières journées de Liga. La deuxième ? Le contexte : éviter la défaite pour dépasser le mythique record de la Real Sociedad, à savoir trente-huit journées sans revers en championnat. La troisième ? Se relever de l'élimination en C1 suite au cauchemar de Rome (1-4, 3-0). Un naufrage collectif dans lequel Marc-André Ter Stegen, auteur de nombreux arrêts, était bel et bien l'unique survivant.

Dans l'ombre d'Oblak…

Pour permettre à son Barça d'établir un record historique en Liga, le portier a sorti le bleu de chauffe contre Valence en première période. Une manchette de patron sur une frappe de Gonçalo Guedes d'une part, puis un arrêt réflexe exceptionnel pour dévier le tir à bout portant de Rodrigo sur sa barre transversale d'autre part. Avant que les Barcelonais ne creusent l'écart grâce à Samuel Umtiti, le rôle de MATS fût fondamental pour garder sa cage inviolée. Lancé dans sa dynamique, le show Ter Stegen s'est encore produit mardi dernier à Vigo pour arracher un match nul inespéré (2-2). De quoi le considérer comme l'un des tous meilleurs gardiens au monde ? Sans aucun doute.

Marc-Andre ter Stegen lors de FC Barcelone - Atletico Madrid en Liga le 21 septembre 2016

Marc-Andre ter Stegen lors de FC Barcelone - Atletico Madrid en Liga le 21 septembre 2016Getty Images

Pourtant, si Marc-André Ter Stegen a beau être le gardien titulaire de l'un des plus grands clubs d'Europe, il apparaît comme un Raymond Poulidor nouvelle génération au moment d'être comparé aux meilleures individualités. En Liga, l'homme qui empêche l'Allemand d'être le meilleur à son poste d'un point de vue statistique, c'est Jan Oblak.

Muraille percée seulement quinze fois en trente-deux journées, le dernier rempart de l'Atlético de Madrid cumule vingt rencontres sans encaisser le moindre but dans cette Liga 2017-2018. Ter Stegen est deuxième, avec dix-neuf buts encaissés pour dix-huit "clean sheets". D'accord, mais Oblak peut-il se vanter d'être invaincu en championnat depuis quarante rencontres consécutives ? Non.

… et du palmarès de Neuer

En Allemagne, pays réputé pour sa formation d'excellence en matière de gardiens de but, Ter Stegen n'est pas considéré comme le numéro un au sein de la Nationalmannschaft, et ce malgré sa saison XXL au Barça. La faute à qui ? À Manuel Neuer, bien entendu.

Champion du monde au Brésil il y a quatre ans, le gardien du Bayern Munich connaît une longue traversée du désert suite à sa rechute au métatarse du pied gauche, de nouveau fracturé le 16 septembre 2017 contre Mayence (4-0). Revenu fin mars au centre d'entraînement bavarois pour reprendre la course, Neuer souhaite, semble-t-il, optimiser son retour en vue du mondial russe. Mais placer Ter Stegen sur le banc malgré ses prestations de haut rang en équipe nationale serait-il juste ? À Joachim Löw de trancher.

Marc-Andre ter Stegen lors de Allemagne - Norvège le 4 septembre 2017 à Stuttgart,

Marc-Andre ter Stegen lors de Allemagne - Norvège le 4 septembre 2017 à Stuttgart,Getty Images

Pour se faire une idée, le sélectionneur peut en tout cas se pencher sur les étapes franchies par ce gardien convertible en libéro. Arrivé sur le tarmac de l'aéroport de Barcelone à l'été 2014 en provenance du Borussia Mönchengladbach, le blondin a d'abord passé deux saisons complètes à partager les compétitions avec Claudio Bravo : la Liga pour le Chilien, la C1 et la coupe du Roi pour Ter Stegen. Au final, le club réalise le triplé dès 2015, et les prouesses de Ter Stegen passent au second plan derrière la médiatique MSN.

En 2016-2017, le profil de Bravo intéresse Pep Guardiola qui en fait sa priorité de recrutement avec son nouvel employeur Manchester City. Plus jeune et plus prometteur à l'avenir, Ter Stegen sort vainqueur d'un bras de fer long de deux ans et prend le pouvoir intégral dans les buts du Barça.

Le banc de touche comme aire de repos

Depuis l'exercice 2016-2017, Ter Stegen a participé à quatre-vingt-dix rencontres sous le maillot du Barça sans jamais lever le pied. Rotation des gardiens oblige, l'homme de 25 ans ne devrait pas être titulaire pour la finale de Coupe du Roi face au FC Séville, laissant à Jasper Cillessen le soin de protéger la cage catalane comme convenu depuis leur cohabitation.

Concernant le reste de l'équipe en revanche, le Barça va aligner ses cadres de l'entrejeu après les avoir fait souffler à Vigo. Pour Ter Stegen, ce sera l'heure d'observer les fulgurances de Lionel Messi, Andrés Iniesta ou Luis Suárez en tant que spectateur. Un qualificatif loin de lui coller à la peau.

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