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Coupe d'Italie, Roma-Lazio : (encore) une Coupe pour sauver les meubles
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Publié 26/05/2013 à 07:58 GMT+2
Les deux clubs romains, qui s'affrontent dimanche (18h), misent sur la Coupe d'Italie pour effacer leur parcours en Serie A. Une habitude, selon Johann Crochet.
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Dimanche, on saura quel club romain aura réussi à sauver sa saison. Respectivement sixièmes et septièmes de Serie A, les Giallorossi et Biancocelesti ont déçu cette saison, et même si les trajectoires des deux clubs romains sont bien différentes, le résultat est le même : seul ce trophée pourra permettre aux tifosi de ne pas passer un été en pleine dépression. Pour le club perdant, outre la saison ratée, il faudra aussi supporter une défaite contre le rival en finale de Coupe d'Italie. De quoi mettre un peu de piment dans une compétition souvent laissée à l'abandon.
Une passion toute relative
"La Coupe des pauvres" : voilà ce que les Italiens pensent, au mieux, de leur Coupe nationale. Au pire, c'est la Coupe des losers. Cette Coupe d'Italie n'a jamais intéressé les "calciophiles". La seule raison pouvant décupler leur dose d'enthousiasme est la présence de leur club de cœur en finale. Avant le match pour l'attribution du trophée, la Coupe d'Italie est le "truc" qui rajoute des matchs dans un calendrier déjà chargé, se déroule dans des stades vides, en milieu de semaine et n'apporte ni gloire ni argent.
Quand un gros club a raté sa saison, cette Coupe d'Italie devient un objectif, car elle assure une place en Coupe d'Europe la saison d'après. C'est certes, pour la "Coupe d'Europe du pauvre" (cette manie qu'ont les Italiens de hiérarchiser est navrante), mais cela compte quand même. Pour le prestige, pour calmer les tifosi, pour ramasser un peu d'argent, les excuses sont bonnes pour s'intéresser à la Coupe d'Italie quand les choses vont mal en championnat. Car les gros clubs italiens ne vivent que pour un trophée : le Scudetto. Puis, c'est une qualification en Coupe d'Europe qui devient intéressante. La Coupe d'Italie ? Simple cache misère diraient les tifosi.
Roma et Lazio en 2013, même combat !
Cette saison, la Roma et la Lazio ont déçu. Si l'un des deux a des circonstances atténuantes (Lazio), l'autre a échoué lamentablement pour la troisième année consécutive. Avec un budget en hausse, un recrutement onéreux et des objectifs élevés, la Roma n'a pourtant pas réussi à se qualifier pour une Coupe d'Europe par le biais du Championnat. Trop inconstants, trop peu concentrés et impliqués, les Giallorossi ont perdu tous leurs espoirs en 2013, après une première moitié de saison conclue à quatre points de la deuxième place, occupée par … la Lazio !
Le début d'année 2013 a été aussi compliqué pour la Lazio. La circonstance atténuante est l'Europa League avec un quart de finale perdu contre Fenerbahçe. Les tifosi peuvent évoquer également un recrutement bien moins clinquant que celui de la Roma. Mais cela n'explique pas totalement la chute vertigineuse de cette Lazio, deuxième à la trêve hivernale et septième à la fin de la saison, avec seulement 25 points pris en 20 journées ! Les Biancocelesti ont laissé filer la fin de Championnat et, avec, leurs derniers espoirs de participer à une Coupe d'Europe à travers la Série A.
Un derby se gagne dans la tête
Parmi tous les poncifs que l'on peut entendre la semaine précédent un derby, et cela vaut pour tous les derbies du monde, il y a cette phrase : "un derby se gagne dans la tête". Comme variante, on trouve "un derby se gagne la semaine qui précède le match" ou encore "la supériorité technique est annihilée par l'esprit de gagne". Ces évidences sont d'une banalité sans nom et pourtant, à Rome, peut-être plus qu'ailleurs, c'est souvent vrai. Si l'on regarde par exemple les quatre derniers derbies romains, la Lazio en a remportés trois, ne concédant qu'un match nul lors du dernier affrontement. Et pourtant, l'effectif de la Lazio est loin d'être d'aussi bonne qualité que celui de la Roma, et les Giallorossi ont des joueurs – individuellement – plus techniques et capables de faire la différence à eux seuls. Mais voilà, cela ne suffit pas et la faiblesse mentale, la jeunesse et le laisser-aller des joueurs de la Roma est souvent puni par la grinta, l'expérience et la roublardise des Biancocelesti.
Si on ne se place que d'un point de vue mental, la Lazio a toutes les chances de remporter cette finale de Coupe d'Italie face à une Roma capable du meilleur, mais trop souvent du pire. Cette année, cette différence entre, d'un côté une équipe jeune, technique et fantasque (Roma) et de l'autre une équipe solide, solidaire et cynique (Lazio) a été plus marquée que jamais. Cette finale sera peut-être une nouvelle occasion de le constater.
1997-1998, Boksic et Signori font le bonheur de la Lazio
Parmi les cinq Coupes d'Italie remportées par la Lazio, celle de la saison 1997-1998 est certainement la plus belle et la plus intense. Déjà, le parcours de la Lazio est remarquable : en 8es de finale, les Biancocelesti éliminent Naples avant de terrasser la Roma (6-2 sur l'ensemble des deux matchs) au tour suivant. Lors de ce double derby, la Lazio est largement supérieure et les Giallorossi multiplient les bourdes en défense. En demi-finale, la Lazio s'impose face à la Juventus, championne d'Italie, grâce à un but de Boksic à Turin (0-1) et un doublé du jeune Nedved, sans ses cheveux longs, au retour (2-2).
En finale, la Lazio affronte le Milan de Capello, très décevant en Championnat (10e), tandis que la Lazio n'a terminé qu'à la 7e place. Il s'agit, encore cette fois, du trophée qui peut sauver la saison. Après une courte défaite à l'aller à San Siro (1-0), la Lazio reçoit à l'Olimpico et se retrouve menée sur un coup-franc d'Albertini au retour des vestiaires. Mais le club romain fait éclater la défense du Milan qui cède trois fois en cinq minutes avec un Gottardi en feu (auteur du but de l'égalisation et décisif sur le penalty qu'il provoque, transformé par Jugovic). La Lazio s'impose 3-1 au retour et gagne sa deuxième Coupe d'Italie, quarante ans après la première. À la tête de l'équipe, Sven-Göran Eriksson remporte, lui, sa troisième coupe, quatre ans après celle glanée avec la Sampdoria, et douze ans après celle remportée avec … la Roma. Boksic et Signori (cédé en janvier) terminent la compétition avec six buts chacun.
2006-2007, la Roma prend sa revanche sur l'Inter
Sur les ruines du Calciopoli, Roma et Inter s'apprêtent à se disputer âprement chaque année les deux trophées majeurs en Italie. Après deux finales consécutives gagnées par l'Inter contre la Roma, les deux clubs se retrouvent en finale lors de l'édition 2006-2007 de la Coupe d'Italie. Véritable point fort de la Roma de Spalletti, le milieu de terrain romain (Pizarro, De Rossi, Mancini, Perrotta) régale et inscrit douze des seize buts de l'équipe à partir des quarts de finale. Après avoir éliminé Trieste, Parme et l'AC Milan, la Roma se frotte à l'ogre intériste en finale.
Le match aller reste comme l'un des plus beaux matchs de l'histoire du club romain. Après cinq minutes, la Roma mène déjà 2-0 grâce à Totti et De Rossi. A la demi-heure de jeu, le score est déjà de 4-1 après d'autres réalisations de Perrotta et Mancini pour la Roma, Crespo pour l'Inter. À la fin de ce match fabuleux, la Roma l'emporte 6-2 après un doublé de Christian Panucci. Au match retour, l'Inter croit à la remontée grâce à deux buts de Crespo et Cruz, mais Perrotta douche les derniers espoirs des Nerazzurri dans les dix dernières minutes, grâce à une incursion dont il a le secret. La Roma remporte sa huitième Coupe d'Italie et détient toujours le record, avec la Juve, du plus grand nombre de victoires dans cette compétition, avec neuf trophées. Une victoire contre la Lazio et la Roma deviendrait la première équipe à gagner dix fois la Coupe d'Italie. Voilà qui devrait être un stimulant suffisant pour la finale de dimanche après-midi…
Johann CROCHET : Créateur de footballtagcloud.com, pigiste, Johann Crochet a l'habitude de dire qu'une bonne journée commence par une revue de presse italienne et qu'une bonne année se mesure au nombre de matches de Serie A vus dans les stades. Par goût, il suit aussi le foot néerlandais et les championnats scandinaves.
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