Personne ne s'attendait à ça. Ce devait être une boucherie. Comme d'habitude. Un cavalier seul au beau milieu d'une Ligue 1 en lambeaux. Douze points d'avance l'an passé lors d'une saison à 27 journées, voilà qui laissait penser que Paris allait, encore et toujours, danser sur le ventre de ses poursuivants sur une saison à 38 sorties. D'autant que Paris appuyait fort l'été dernier (Icardi, Kean, Rafinha, Florenzi, Danilo) quand le championnat de France, miné par la pandémie mondiale et des droits TV chancelants, vendait ses bijoux de famille pour sauver ce qui pouvait encore l'être. Sauf que rien ne s'est passé comme prévu.
Le PSG va entamer le printemps avec la trouille au ventre. Une première depuis quatre ans et le titre perdu face à l'AS Monaco. Depuis, il a devancé ses adversaires au soir de la dernière journée avec, en moyenne, 14 points d'avance. Il en a aujourd'hui trois de retard sur Lille. En Coupe de France, c'est un peu la même histoire. Puisqu'il faut remonter à 2014 pour trouver trace d'une défaite de Paris avant les tirs au but. Depuis, il remporte ses matches par 2,7 buts d'écart et, généralement, les doigts de pied en éventail.

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Pas outsider mais plus favori

Et pourtant, aussi curieux que cela puisse paraître, le PSG va entamer ce mercredi l'une des semaines les plus importantes de sa saison sans que la Ligue des champions n'y soit pour quelque chose hormis le tirage au sort de ses quarts de finale vendredi. "C'est une semaine importante pour nous tous, a expliqué Mauricio Pochettino dans un doux euphémisme. On travaille depuis deux mois et demi, notre responsabilité c'est d'avoir des résultats et de gagner des matchs. A chacun d'apprécier notre part de responsabilités et d'en tirer un avis définitif ou non. Ce qui est sûr, c'est qu'il est important de gagner et d'être compétitif. C'est ce que nous allons essayer de faire."
Si Paris joue une grande partie de son avenir, c'est parce qu'il est vulnérable en son royaume. Pour la première fois depuis des lustres, une sortie de route en Coupe semble même envisageable et Paris aborde deux rencontres consécutives sinon dans la peau d'un outsider au moins dans un costume qui n'est plus celui du favori absolu.

Un point sur 18 face au top 4

La faute à toute une palanquée de défaites qui a écorné son statut. Sept défaites en 29 journées, ce n'est plus un accident mais un mal profond, une vraie fragilité. La dernière face à Nantes dimanche au Parc (1-2), relégable avant le coup d'envoi de la rencontre, a levé les derniers doutes même si les circonstances particulières de ce revers, les cambriolages conjugués de Marquinhos et Di Maria en plein match, l’expliquent en partie. Bien sûr, c'est aussi une question d'état d'esprit et d'envie mais un peu plus que ça aussi. Surtout face aux gros, ce qui tombe plutôt mal à l'heure d'affronter Lille au Parc des Princes et Lyon entre Saône et Rhône.

Presnel Kimpembe (PSG) face à l'OL

Crédit: Getty Images

En L1, Paris n'a pris qu'un point sur 18 possibles face au Top 4 et aux trois autres prétendants au titre. Et si on étend le raisonnement à la Ligue des champions face à Manchester United, Leipzig et le Barça, Paris, sur douze matches références depuis le début de saison, a simplement brillé collectivement au Camp Nou et compté sur un fantastique Neymar, et un très bon Marquinhos, à Old Trafford. Voilà pourquoi la perspective d'une élimination en Coupe de France à Lille et d'une défaite qui l'éloignerait du titre à Lyon ont gagné en épaisseur. Et pas seulement depuis la défaite face à Nantes et le miracle du Parc face au Barça.
A force de se répéter que ça va finir par passer, que Paris conserve de la marge sur la concurrence, qu'il va finir par accélérer, on a fini par en douter. C'est la semaine, sans doute la dernière, où il pourra le prouver. Une défaite face à Lille et Paris fera une croix sur un titre, un revers à Lyon et il n'aura plus son destin en main en championnat. Cette année, le sprint démarre plus tôt que prévu. Dès ce mercredi.
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