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Hegerberg, un forfait qui force l'admiration… et donne tant de regrets

Hegerberg, un forfait qui force l'admiration… et donne tant de regrets

Le 07/06/2019 à 17:56Mis à jour Le 08/06/2019 à 21:11

COUPE DU MONDE FEMININE - La Norvège fait son entrée en lice samedi face au Nigeria (21h00) sans sa star, Ada Hegerberg. Très engagée dans la lutte contre les inégalités entre joueurs et joueuses, la première Ballon d'Or de l'histoire a ses raisons pour ne pas rejoindre une sélection dont elle refuse de porter les couleurs depuis 2017. Son absence n'en est pas moins préjudiciable pour le tournoi.

Beaucoup de classe et une belle pointe d'amertume. C'est l'impression laissée par Ada Hegerberg lors de sa dernière sortie. Sur le terrain, la Norvégienne a brillé de tout son éclat. Avec un triplé, elle a littéralement porté l'Olympique lyonnais vers un nouveau sacre européen face au FC Barcelone (4-1). Elle ne pouvait pas mieux justifier son statut d'individualité dominante au niveau mondial, déjà concrétisé quelques mois plus tôt quand elle était devenue la première Ballon d'Or de l'histoire. Elle ne pouvait pas non plus rendre son absence à la Coupe du monde toujours plus regrettable.

Ne plus porter les couleurs de la Norvège, c'est sa décision. Hegerberg l'a prise après le fiasco de l'Euro 2017, où sa sélection avait terminé bonne dernière de son groupe en phase de poules, sans marquer le moindre but. "Cette décision n'est pas seulement une conséquence de l'Euro cette année mais elle est basée sur mes expériences avec les équipes nationales depuis longtemps, avait expliqué l'attaquant norvégienne. Je vais à l'avenir utiliser toute mon énergie à Lyon, c'est là que je peux me développer en tant que joueuse".

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Elle n'est pas revenue sur sa décision. Même si cette Coupe du monde a lieu en France, ce pays qu'elle connaît si bien depuis qu'elle a posé ses valises sur les bords du Rhône en 2014. Et même si la fédération norvégienne a consenti des efforts pour répondre aux revendications de sa star. Un pas considérable a été franchi en 2017 quand le NFF a décidé d'aligner le salaire des footballeuses sur celui des footballeurs. Mais ce geste n'a pas suffi à la convaincre de revenir en sélection. Car l'engagement d'Hegerberg est loin de se résumer à une question d'argent.

"Les jeunes filles n’ont pas les mêmes opportunités que les garçons"

La Norvégienne est à la pointe de la lutte contre les inégalités entre les joueurs et les joueuses. Et ce cadre dépasse largement celui des revenus. "La base de la base, c'est dans les attitudes, le respect pour les filles qui jouent au foot, a expliqué Hegerberg dans les colonnes du Parisien. Si cette base de respect existe, il y aura plus de moyens, d’installations, d’investissements. Tout est lié. Il y a une évolution et c’est tant mieux. Mais il y a encore beaucoup trop de beaux discours. Certains jours, je suis à bout et je me demande ce qu’il faut faire pour changer les choses. Rien n’avance assez vite."

Sa prise de position est d'autant plus forte dans un pays comme la Norvège, considéré comme l'un des pays les plus sensibles à la cause féminine. Cela en dit long sur ses exigences. Mais surtout sur le poids de son expérience personnelle. "Je constate que les jeunes filles n’ont pas les mêmes opportunités que les garçons, la façon dont on les traite et les conditions qu’on leur offre, a détaillé Hegerberg dans les colonnes du Monde. C’est ce que j’ai vécu en sélection, je n’ai jamais eu la place de m’exprimer et de rester moi-même depuis toute jeune."

Hegerberg a fait un choix fort. Celui de de ne pas se montrer sous ses couleurs nationales pour donner corps à son engagement. De ne pas disputer une Coupe du monde, à 23 ans, malgré tout ce que cela peut représenter pour une footballeuse. Elle force le respect. Même s'il restera toujours cette pointe d'amertume. Le meilleur moyen d'exprimer sa volonté et le meilleur cadre, c'était peut-être sur le terrain pendant ce Mondial. Par son talent, par ses buts, par son leadership et toutes ses qualités qui en font l'une des meilleures joueuses au monde, sinon la meilleure. La France, dans le même groupe que la Norvège, a des raisons de se réjouir de son absence. Mais pour le jeu, c'est un crève-cœur qu'elle ne soit pas de la fête.

Vidéo - CdM (F) - Hegerberg : "J'espère que l'on assistera à une belle Coupe du Monde"

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