Eurosport
Xabi-Busquets, contestés
Par
Publié 06/07/2010 à 18:50 GMT+2
L'Espagne de 2008 évoluait avec le seul Senna devant la défense. Le duo Xabi - Busquets fait grincer des dents, notamment celles de Luis Aragones, le prédécesseur de Vicente Del Bosque. Pourtant, voir en elle l'origine des difficultés de l'Espagne est un peu gonflé...
Eurosport
Crédit: Eurosport
Un seul être vous manque et... tout est repeuplé. L'adage est quelque peu travesti mais c'est dans ce sens que Vicente Del Bosque semble l'avoir compris. Le sélectionneur espagnol qui a délibérément décidé de se priver de Marcos Senna, pierre angulaire de la formidable machine espagnole qui a mis l'Europe à ses pieds en 2008, l'a remplacé sur le pré non pas par un, mais deux hommes. Depuis le début de la Coupe du monde, l'Espagne évolue avec une paire de récupérateurs constituée de Xabi Alonso et de Busquets.
Le Madrilène et le Barcelonais se partagent les tâches. Quand Xabi Alonso apporte une touche technique et se projette plus franchement vers l'avant pour apporter le surnombre, Sergio Busquets passe le plus clair de son temps à couvrir les montées de son partenaire, s'occupe de nettoyer le milieu de terrain et, aussi, de surveiller ses arrières lorsque le talentueux Piqué décide d'aller faire un petit tour ballon au pied dans les trente ou quarante derniers mètres adverses. Sur le papier, la paire parait complémentaire et rappelle quelques doublettes qui ont fait le bonheur de l'équipe de France.
Aragones pas d'accord, Cruyff non plus
Tout le monde ne voit pas les choses de cette manière. De l'autre côté des Pyrénées, les avis sont plutôt partagés. Luis Aragones, le prédécesseur de Vicente Del Bosque, a été le premier à tirer sur la doublette. Après la défaite initiale face à la Suisse (0-1), El Sabio de Hortaleza s'est lâché, ne comprenant pas pourquoi Del Bosque avait décidé de passer à deux récupérateurs au lieu d'un. "Ce n'est pas la meilleure équipe qui a gagné, seulement celle qui était le mieux organisée", avait-il lancé dans les dents de son successeur. Depuis, Aragones n'a pas revu son jugement. L'Espagne a beau être en demi-finale de la Coupe du monde pour la première fois de son histoire, ça ne lui va pas. Johan Cruyff n'est pas non plus favorable à l'association.
Les deux hommes ont-ils raison ? Les résultats leur donnent tort. La manière un peu moins. Face au Paraguay (1-0), la Roja a peiné et, sans Casillas et quelques éclairs, aurait pu rester sur le carreau. Xabi Alonso et Sergio Busquets, fils l'ancien gardien du Barça, n'ont pas toujours été au niveau escompté. Les deux sont bien dans leur rôle et savent ce qu'ils ont à faire. Pour autant, il arrive qu'ils se marchent sur les pieds et n'ont pas toujours l'impact espéré. Que faire ? Repasser à un seul récupérateur ? L'Espagne n'a pas de deuxième Senna. Remplacer l'un des deux, en particulier Busquets qui est moins expérimenté mais ne démérite pas ? On parle de Fabregas. Mais aligner une paire Xabi Alonso - Fabregas reviendrait à copier les Anglais et jouer avec Lampard et Gerrard. On sait ce que ça donne. De surcroit, compte tenu des performances catastrophiques de Torres, Vicente Del Bosque a sans doute besoin du joueur d'Arsenal à un autre endroit sur le pré qu'à la récupération.
Problèmes de riches
Le "problème" des Espagnols est peut-être ailleurs. "Le ballon ne circulait pas rapidement, les joueurs ne cherchaient pas les espaces suffisamment bien", avait aussi dit Aragones après le match de la Suisse. Depuis le début du Mondial, l'Espagne ne joue bien que par moments. La fluidité n'est pas celle de 2008. Et Xabi Alonso et Busquets n'en sont pas les seuls responsables. La Roja manque peut-être d'autre chose. Comme d'un peu de fraîcheur. Depuis deux ans, les internationaux sont sur le pont, Euro en 2008, Coupe des Confédérations en 2009 et Coupe du monde cette année. Pas un été sans activité. Ajoutez à cela des saisons bien remplies avec leurs clubs respectifs et vous avez sans doute plus qu'un début d'explication aux difficultés supposés d'une équipe en lice pour remporter la Coupe du monde. Problèmes de riches ? En quelque sorte.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité