Les vuvuzelas en question

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Pour le première fois, le Comité d'organisation du Mondial 2010 a évoqué l'intediction des vuvuzelas "si un pays se plaint". Les fameuses trompettes, dont le bourdonnement exaspère de nombreux joueurs et entraîneurs, font l'objet de nombreuses critiques depuis le début du tournoi.

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Crédit: Eurosport

Le débat sur les vuvuzelas a été relancé dimanche après que le chef du Comité d'organisation du Mondial 2010, Danny Jordaan, a indiqué qu'il n'excluait pas d'interdire ces trompettes en plastique dont le bourdonnement incessant exaspère de nombreuses équipes et observateurs étrangers. "Si un pays en lice se plaint, nous agirons. Nous avons aussi entendu les télévisions et les spectateurs et c'est quelque chose à quoi nous réfléchissons. La réflexion est en cours", a déclaré Danny Jordaan à la BBC, en réponse à une question sur une éventuelle interdiction des trompettes sud-africaines.
Ces propos du chef du LOC ont été amendés quelques heures plus tard par son propre responsable de la Communication. "Les vuvuzelas sont un phénomène culturel liés à notre pays et au football", a déclaré Rich Mkhondo, cité par l'agence de presse Sapa. "Notre directeur Danny Jordaan n'a jamais dit qu'ils pourraient être interdits." "Pour clarifier ce que Jordaan a dit: si les vuvuzelas sont utilisés pour attaquer ou blesser d'autres supporters, ou jetés sur le terrain pendant un match, nous réfléchissons aux moyens d'empêcher les gens de les emporter avec eux au stade", a ensuite commenté M. Mkhondo.
"Je préfèrerais qu'on chante"
Dany Jordaan avait pourtant été explicite. "Nous essayons de mettre de l'ordre. Nous avons demandé de ne pas jouer de vuvuzela pendant les hymnes (...), je sais, c'est une question difficile mais pour l'instant, nous essayons de la régler de notre mieux", a-t-il dit à la BBC. A titre personnel, l'organisateur en chef de la Coupe du monde ne semble pas très convaincu par les trompettes: "Je préfèrerais qu'on chante Shosholoza (chant traditionnel sud-africain), et d'autres chansons, ça créerait une ambiance formidable au stade"."On essaie d'encourager (les spectateurs) à chanter. A l'époque de la lutte (contre l'apartheid), on chantait simplement. Pendant toute notre histoire, nous avons chanté", a-t-il rappelé.
Cette déclaration est intervenue alors que de nombreux médias, supporters et joueurs étrangers ont exprimé leur désapprobation contre le bruit, qu'ils jugent infernal, des vuvuzelas. "Vous nous tapez sur les nerfs !", s'insurgeait samedi le quotidien populaire Bild en Allemagne, où les autorités ont interdit les vuvuzelas sur les places publiques réservées aux supporters qui suivent le Mondial sur des écrans géants. Du coté des joueurs, Xavi Alonso ou Cristiano Ronaldo sont montés au créneau. "Beaucoup de joueurs n'aiment pas ça", a commenté dimanche le Portugais. "Les équipes ne disent que du mal des vuvuzelas, mais il faut respecter", a-t-il toutefois tempéré.
"On ne peut pas communiquer"
Jusque là, les acteurs du Mondial composent avec ce bruit assourdissant. Un son de 127 décibels, soit plus qu'un tambour (122 décibels), qu'une tronçonneuse ou qu'un coup de sifflet de l'arbitre (121,8 décibels). Les entraîneurs semblent être les principales victimes. Impossible de faire passer des consignes en plein match. "Les vuvuzelas, c'est comme si vous aviez quelqu'un dans votre dos qui vous hurle constamment dans les oreilles... Si tu veux pouvoir entraîner normalement, il faut pouvoir parler aux joueurs", s'est ainsi inquiété le sélectionneur des Pays-Bas, Bert van Marwijk. Et le problème persiste sur le terrain. "On ne peut pas communiquer, c'est hyper gênant. On ne communique que par gestes, témoigne Yoann Gourcuff. Des fois, on est seul, on remet le ballon alors qu'on aurait pu se retourner. On ne peut pas prévenir les coéquipiers". Décidemment, ces vuvuzelas n'ont pas fini de faire du bruit...
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