L'après-midi fut aussi torride que morose. Pourtant, le cadre était grandiose. Le Maracana, difficile de faire plus clinquant. L'Allemagne, difficile de faire plus prestigieux. Et pourtant, ce fut une après-midi à vous filer des regrets pour toute une vie. Les Bleus sont passés à côté de leur rendez-vous, un quart de finale de Coupe du monde, maîtrisé sans trembler par une Mannschaft clinique. 14e minute, faute de Pogba, coup franc de Kroos, tête d'Hummels, lucarne et rideau. La France est sortie de la Coupe du monde brésilienne sans y avoir vraiment cru. Quatre ans plus tard, les revoilà en quart. L'Allemagne n'est plus là et c'est l'Uruguay qui s'avance face à elle. Est-elle mieux armée quatre ans plus tard pour rejoindre le dernier carré mondial pour la première fois en douze ans ?
A première vue, il ne reste pas grand-chose de Rio. Lloris, Varane, Pogba, Matuidi, Griezmann et Giroud. Six joueurs sur 23, ça ne pèse pas bien lourd. En y regardant de plus près, plus de la moitié de l'équipe-type russe et toute sa colonne vertébrale étaient déjà du voyage en Amérique du Sud. "Ils ont grandi", témoigne Guy Stephan, adjoint de Didier Deschamps depuis 2013. "L'équipe a évolué. Ce que les joueurs ont pu acquérir, ça va amener un plus." La grosse différence quatre ans plus tard ? L'ambition. Au Brésil, le quart était l'objectif. En Russie, il n'est qu'une étape.
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En 2014, le quart était l’objectif, il n’est plus qu’une étape

Après la phase de poules, Bacary Sagna et Morgan Schneiderlin avaient eu l'outrecuidance de claironner qu'ils visaient la victoire finale et Didier Deschamps leur avait remonté les bretelles. En 2018, Giroud, Mbappé, Pogba et Griezmann ont dévoilé les ambitions avant la Coupe du monde : pour eux, c'est la deuxième étoile ou rien. Une défaite vendredi n'aurait pas la même signification qu'à Rio. Cette Coupe du monde serait considérée comme un échec malgré le 8e de finale flamboyant. 2014 devait permettre de reconquérir l'opinion public, quatre ans après Knysna. Le parcours à l'Euro et l'éclosion d'une nouvelle génération a gonflé les ambitions. Si la France échoue vendredi, le débat existera autour du maintien de Didier Deschamps. Au Brésil, la question ne s'est jamais posée.
Depuis 2014, la France a-t-elle progressé ? Difficile d'être catégorique. Par séquence, sans doute. Mais elle n'affiche pas cette constance dans le jeu qui lui permet de trouver une solution à tout et d'aborder la suite avec des certitudes établies. Entre-temps, elle s'est, en revanche, trouvée son leader. Antoine Griezmann, le plus souvent remplaçant au Brésil, a succédé à Karim Benzema et il s'est trouvé un sergent de choix appelé à devenir bien plus qu'un bras droit : Kylian Mbappé.

Plus percutant

"Il y a des nouveaux joueurs qui sont arrivés, plus jeunes et plus percutants devant", témoigne Griezmann. Le potentiel offensif des Bleus semble supérieur et, contrairement au Brésil, les Bleus ont déjà un match fondateur dans ce mondial. "Face à l'Argentine, dans une ambiance sud-américaine, on a prouvé notre caractère et qu'on ne doutait pas", a continué Grizou. "On est une équipe difficile à battre." Avant l'Allemagne en 2014, la France n'avait pas battu grand-monde. Le premier test l'a mis à la porte. Cette fois, face à l'Uruguay, elle s'avance dans la peau du favori. D'une courte tête mais favori tout de même. Autant dire qu'une sortie de route rendrait l'après-midi plus morose encore.
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