Allemagne - Corée du sud (0-2) : Cinq failles symboliques pour un échec historique

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COUPE DU MONDE - L'Allemagne a subi la plus grosse désillusion de son histoire en se faisant sortir du Mondial 2018 dès la phase de poules, une première pour la Mannschaft, après sa défaite face à la Corée du sud (2-0). Un échec cuisant et inattendu. Mais il n'est pas arrivé sans raison. Ce qui faisait la force du champion du monde en titre a fait sa faiblesse en Russie.

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2 buts en 72 tirs : une inefficacité totale en attaque

C'est normalement la principale qualité de l'Allemagne. En Russie, c'était son principal défaut. Les Allemands n'ont eu aucune efficacité dans les deux surfaces. Surtout en attaque. Au total, ils ont adressé 72 tirs sur l'ensemble de leurs trois matches de poules. Plus que tout autre équipe jusqu'ici. Et pour seulement deux buts inscrits.
Il y a eu des poteaux, des barres, des gardiens adverses en état de grâce… Mais cela ne suffit pas à résumer le manque de réalisme allemand. Les hommes de Joachim Löw n'avaient pas cette efficacité qui caractérise habituellement la Mannschäft. Au très haut niveau, ce type de lacune qui se paie au prix fort. Même pour l'Allemagne.

Où était la "Deutsche Qualität" ?

L'Allemagne, c'était d'abord une qualité de jeu. Un bloc compact, un style de jeu axé sur la possession de balle et la coordination de mouvements, une capacité à changer de rythme et une supériorité technique. C'est cette combinaison qui lui avait permis d'être sacrée en 2014. Mais il faut que tous les éléments soient réunis.
En Russie, l'Allemagne n'avait aucune compacité. L'équipe de Löw était coupée en deux sur chaque transition défensive. Le repli était largement insuffisant. Et à chaque perte de balle, elle était systématiquement exposée sur les contre-attaques. Ses adversaires ont parfaitement exploité cette lacune, notamment le Mexique et la Corée du sud.

Löw a eu tout faux

Dès le début. C'est plus facile à dire après coup, mais la vitesse et la percussion de Leroy Sané auraient certainement fait un bien fou à cette Mannschäft. Mais elle avait quand même suffisamment d'atouts pour franchir ce premier tour. Joachim Löw n'a pas su s'en servir. Le sélectionneur n'est jamais parvenu à trouver la solution tactique pour solidifier sa défense. Il n'a pas non plus dégagé une hiérarchie claire dans son équipe.
Le onze aligné face à la Corée du sud avait de quoi laisser perplexe. Alors qu'il avait pris des décisions fortes en écartant Özil et Khedira face à la Suède, un pari gagnant, Löw les a remis dans son onze de départ face à la Corée du sud. Il a aussi aligné d'entrée Leon Goretzka, qui manquait légitimement de rythme puisqu'il n'avait pas joué la moindre minute lors des deux premiers matches. Le résultat et les performances de ces joueurs ne valident pas ces choix. Löw s'est trompé. Et sur un match décisif, c'est fatal.
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Des cadres sans voix, des individualités hors-sujet

L'absence de Philipp Lahm allait forcément se faire sentir. Mais on n'imaginait pas à ce point-là. L'Allemagne a semblé sans leader dans la difficulté. Ses cadres n'ont pas su prendre le relai. De Manuel Neuer à Thomas Müller en passant par Sami Khedira, Mesut Özil, Toni Kroos, ou Jérôme Boateng. Aucun n'a pris les choses en main pour rameuter ses troupes quand les choses ont mal tourné, c’est-à-dire à chaque match de ce premier tour.
Sans leader moral, l'Allemagne n'a pas pu compter non plus sur des leaders techniques. Kroos a joué ce rôle face à la Suède, malgré son erreur sur le but suédois. Mais sans confirmer face à la Corée du sud. Quant aux autres, c'est le néant. Boateng, Özil, Müller et Khedira ont été bien en deçà de leur niveau habituel. Et si l'Allemagne n'a jamais répondu sur le plan collectif, c'est surtout parce que ses principales individualités étaient aux abonnés absents.

Des jeunes sans influence

L'Allemagne avait gagné la Coupe des confédérations sans ses cadres. Elle avait présenté une relève des plus prometteuses, et ce Mondial devait permettre aux jeunes pousses allemandes de prendre le relai des plus anciens. Ils n'y sont pas parvenus. Notamment Julian Draxler. Meilleur joueur de la Coupe des confédérations, le Parisien a été invisible en Russie. Joshua Kimmich n'a pas été plus à son avantage. Ses oublis dans le repli ont souvent pénalisé la défense allemande.
Plus en vue, surtout face à la Suède, Timo Werner a montré trop de déchet dans le dernier geste. Il y a aussi ceux qui méritaient certainement de jouer davantage. Comme Julian Brandt, plein de jus à chacune de ses entrées en jeu, mais jamais titularisé par Joachim Löw. Ou Leon Goretzka, lancé dans le grand bain trop tard. Cette jeune génération n'aura finalement pas eu le rendement attendu en Russie. A l'image de cette Allemagne arrivée à l'heure de la remise en question.
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