Le temps d'une minute, le Brésil a retenu son souffle. A la 70e minute, à Samara, le temps s'est arrêté. Tous les regards étaient rivés sur Neymar, plié de douleur près du banc de touche brésilien. Se touchant la cheville après une vilaine semelle de Miguel Layun, on a pensé à cette nuit de février où, dans la froideur du Parc des Princes, le Parisien s'était blessé tout seul, l'empêchant de disputer le reste de la saison avec son club.
Le foot, c'est un sport d'homme
La Seleção allait-elle encore devoir faire sans son joueur maître pour le reste de la compétition, comme en 2014 après sa blessure au dos face à la Colombie ? Les questions ont été nombreuses. Mais assez vite effacées tant le numéro 10 brésilien gambadait presque comme si de rien n'était quelques minutes plus tard. Alors, forcément, ça agace. Et c'est Juan Carlos Osorio qui a sorti la sulfateuse juste après le mach pour s'en prendre à Neymar.
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"L'arbitrage a favorisé le Brésil. Perdre autant de temps sur le terrain à cause d'un joueur (Neymar) est une honte pour le football, a grondé le sélectionneur mexicain. Avant d'en remettre une couche : "Le foot, c'est un jeu d'hommes et pas de clowns". Voilà pour l'attaque. A raison, sans doute. Mais s'attarder sur le cinéma Neymar revient à occulter l'essentiel : le Brésilien est en forme. En très grande forme même.
En difficulté face à la Suisse, malchanceux puis buteur face au Costa Rica, pas très influent face à la Serbie, le numéro 10 a sorti ses habits de lumière au meilleur moment. Quand la Seleção commence à avoir vraiment besoin de lui. Il a fallu attendre la 25e minute pour comprendre quel Neymar était présent à Samara. Son coup de rein délicieux a laissé Alvarez sur les fesses avant qu'Ochoa ne repousse sa tentative. Une fulgurance qui a rappelé certaines vécues par les défenseurs de Ligue 1 cette saison laissant à penser qu'il était sur la bonne voie. Ce n'était finalement qu'un début.
Car le meilleur était encore à venir. D'abord sur l'ouverture du score. Après avoir repiqué dans l'axe, l'Auriverde a magnifiquement décalé Willian d'une subtile talonnade. La flèche brésilienne a transpercé la défense mexicaine avant de la remettre à Neymar qui s'est jeté pour marquer son deuxième but en Russie (1-0, 51e).

Meilleur buteur du Mondial depuis 2014

Alors que Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ont quitté la Russie la tête basse au moment de ces huitièmes de finale, le "Ney" a décidé de lever la sienne et faire grimper son niveau de jeu ce lundi. Avec ce but, il présente déjà six buts en Coupe du monde, autant que les deux autres extraterrestres. Il peut même se targuer d'être le meilleur buteur de la Coupe du monde si l'on additionne les éditions 2014 et 2018 (à égalité avec James Rodriguez). Il a surtout ouvert son compteur en match à élimination directe, là où "la Pulga" et CR7 ont toujours échoué.
Et si certains s'offusquent de son attitude sur le terrain, c'est aussi vite oublier à quel point Neymar se fait matraquer. C'est simple, aucun joueur n'a subi plus de fautes que lui en Russie (22). Ce lundi, ce fut encore le cas. Preuve que les adversaires ont bien compris qu'en annihilant l'homme aux multiples coupes de cheveux, ils auraient plus de chances de neutraliser le Brésil.
Mais, quand il est dans une telle forme, personne n'arrête Neymar. La défense mexicaine a fini par le comprendre, un peu tard, sur sa dernière accélération qui a permis à Roberto Firmino, après une déviation d'Ochoa, de marquer le but du break (2-0, 88e).
Trop de gens s'excitent
Après le match, le "Ney" est revenu sur le traitement si particulier dont il fait l'objet et sur certaines déclarations mexicaines d'avant-match, tapageuses, se plaignant de ses "exagérations". "C'est compliqué, c'est toujours comme ça pour moi, je souffre beaucoup, on m'a marché dessus en dehors du terrain, ce n'était pas très loyal, on ne peut pas faire ça, mais bon qu'est-ce qu'on peut faire, ils ont beaucoup parlé mais ils sont éliminés" a expliqué un Neymar rageur. *
Puis, en conférence de presse, il a en rajouté une couche : "Je pense que c'est plus une tentative de me déstabiliser qu'autre chose. Je me moque des critiques, et je ne m'occupe pas de celles de la presse non plus. Je n'ai pas parlé à la presse ces deux derniers matches car je ne veux pas trop de polémiques, trop de gens s'excitent". Cinq mois après, Neymar est de retour. Et semble très clairement monter en puissance. Une bonne nouvelle pour la Seleção. Une bien plus mauvaise pour les autres nations encore qualifiées. Cinéma ou pas, Neymar risque de faire encore beaucoup de dégâts.
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