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Coupe du monde - France - Argentine : Kazan, l'acte de naissance de Kylian Mbappé
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Publié 30/06/2018 à 23:42 GMT+2
COUPE DU MONDE – Samedi à Kazan, Kylian Mbappé s'est affranchi de ses modèles et est devenu celui qu'il cherchait à être depuis ses débuts en Bleu. Le phare, le leader. Personne ne sait si cela durera dans ce Mondial mais une chose est certaine : sa carrière internationale vient de prendre un violent tournant vers le haut.
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Jusqu'ici, il lui manquait ce petit quelque chose. Un peu de finition, un peu de repli défensif. Kylian Mbappé, 19 ans, avait réussi ses débuts en équipe de France mais, après 18 sélections, il n'avait pas encore ce grand match qui sied à son statut naissant. Le 8e de finale à Kazan et l'Argentine lui ont offert un cadre juste assez légendaire pour son talent. Deux buts et un penalty provoqué plus tard, Kylian Mbappé a renvoyé l'Albiceleste et Lionel Messi à Buenos Aires. Son acte de naissance en Bleu. Celui en tout cas dont on se souviendra à l'heure de regarder dans le rétroviseur.
L'avant-match avait été phagocyté par le quintuple Ballon d'Or mais l'histoire de cette rencontre portera à jamais la trace du gamin de Bondy : "Nous sommes tombés sur un joueur comme Mbappé qui était dans un jour incroyable et qui nous l'a fait sentir", a constaté un Jorge Sampaoli bien impuissant. "On ne peut pas enlever le mérite qui revient à Mbappé, qui était très difficile à contrôler aujourd'hui."
Ne lui parlez plus d'Henry ou de Ronaldo mais de Mbappé
Très difficile pour ne pas dire impossible. Les vingt premières minutes ont assez clairement donné la direction de son match : droit devant avec des semelles de feu. Trois appels dans le dos : un penalty et deux coups francs dangereux, Mbappé n'a pas tardé pour transformer la défense argentine en piquets de slalom. Et même à 2-2, alors qu'il n'avait pas encore marqué, la fusée bleue aurait mérité le trophée de meilleur joueur du match. Son doublé n'a évidemment pas gâché l'affaire. Un pas de tango pour donner l'avantage, un plat du pied pour creuser l'écart. Limpide. En 90 minutes, il a cessé d'être cet immense crack révélé en Ligue des champions. A Kazan, il s'est révélé au monde entier.
Fini le jeu des comparaisons, il n'est ni Thierry Henry, ni Ronaldo le Brésilien. Il est Mbappé et c'est désormais à lui que les gamins du monde veulent ressembler. Les 30 000 Argentins attendaient Messi, ils ont vu Mbappé. Ce n'est pas un passage de témoin parce que personne ne sait de quoi l'avenir sera fait. Mais il est amusant de constater que la flèche tricolore a éclaté aux yeux du monde en envoyant, peut-être, la puce argentine en retraite internationale.
"Content qu'il soit Français"
"Je suis content qu’il soit Français", s'est réjoui Didier Deschamps après la rencontre. "Il a une telle marge de progression. Dans un match aussi important, il a montré tout son talent. Et même s’il a dû défendre, cela ne l’a pas empêché de très bien attaquer." Le message est passé. Parce que le début de carrière du Parisien en équipe de France est forcément bridé par ce que lui demande son coach. Mbappé n'est pas en pointe, pas encore, et doit s'astreindre à des courses défensives contre-nature.
Après le Pérou, dans un discours trop unanime pour ne pas y voir une volonté de le caresser dans le sens du poil, ses équipiers avaient loué son sacrifice. Ce samedi, les mots sont différents : "Exceptionnel, c'est exceptionnel", s'est extasié un Florian Thauvin qui avait bien du mal à trouver ses mots. C'est ce rôle de finisseur qui construira sa légende en bleu-blanc-rouge. Elle vient de naître dans la touffeur de Kazan. Nijni Novgorod, Saint-Pétersbourg et Moscou l'attendent à leur tour.
De notre envoyé spécial à Kazan, Martin Mosnier
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