Coupe du monde - France - Pérou : L'heure de changer de braquet
Par Maxime Dupuis
Publié 20/06/2018 à 22:43 GMT+2
COUPE DU MONDE – Après avoir gagné en toussotant samedi face à l'Australie (2-1), la France vise un deuxième succès qui la rapprocherait sérieusement des huitièmes de finale. Avec une équipe qui devrait faire la part belle aux revenants, avec Matuidi et Giroud, elle doit aussi penser à rassurer et s'affirmer.
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Le contexte
Cinq jours après avoir fait le plein de points et de doutes, l'équipe de France remet le couvert à Iekaterinbourg. L'air de la quatrième ville de Russie réussira a-t-il mieux aux Bleus que Kazan où les joueurs de Didier Deschamps ont peiné plus que de raison face au mur australien ? A l'arrivée, une victoire arrachée sur le fil grâce à l'entrant Olivier Giroud qui, sur une action, a apporté aux Français une réponse différente au problème océanien. Une réponse que ni Griezmann, dans un mauvais jour et plus proche de la douche que du terrain quand Behich a trompé son portier, ni la doublette Mbappé - Dembélé, rois du tout droit, n'avaient approché…
Jeudi, l'équipe de France n'aura pas un mur face à elle, sinon dans ces drôles de tribunes qui s'annoncent bicolores, partagées entre le blanc et le rouge mais propriété d'un seul pays : le Pérou. Ses supporters, sevrés de Mondial depuis 36 ans, n'en pouvaient plus d'attendre. Si leur bonheur d'être en Russie est égal au désir de la Blanquirroja d'en découdre sur le terrain, Didier Deschamps et ses hommes auront intérêt à monter en gamme.
A la dureté australienne, les Péruviens devraient opposer aux Français un mélange plus subtil de grinta et de football plus technique. Battus par les Danois lors de leur entrée en lice (0-1), les hommes de Ricardo Gareca n'ont pas énormément d'autre alternative que de gagner. Hugo Lloris et sa troupe, qui honorera sa centième cape, ne possèdent pas beaucoup plus de marge. Parce qu'autre chose qu'un succès et qu'une partie accomplie ferait sérieusement désordre alors que Deschamps devrait redonner vie au 4-2-3-1. Même avec une qualification dans la poche.
Le joueur à suivre : Blaise Matuidi
Ils sont beaucoup à devoir une revanche à Didier Deschamps. Mais peu à être revanchards comme lui. Laissé sur le banc samedi à Kazan, Blaise Matuidi va retrouver sa place dans le onze bleu, jeudi soir. Remonté comme un coucou lors des séances ayant séparé les deux premiers matches des Bleus, le milieu de terrain de la Juventus devrait apporter sa grinta, son leadership et, surtout, son abattage. Un peu tout ce qui a manqué aux Tricolores face à l'Australie. Seul point d'interrogation : le positionnement du joueur. Si l'on se fie à la mise en place de mercredi, le Bianconero évoluera en position très avancée, à gauche du trident offensif tricolore. Un drôle de pari.
Trois stats à avoir en tête
40. Comme le nombre d'années qui séparent la France d'une défaite en Coupe du monde face à une formation sud-américaine. La dernière fois, c'était lors du Mondial 1978 à Buenos Aires face à l'Argentine (2-1).
100. C'est l'événement annexe du jour : Hugo Lloris va honorer sa 100e sélection face au Pérou. Une décennie en bleu qui lui permet d'entrer dans un cercle fermé, avec Thuram, Henry, Desailly, Zidane, Vieira et Deschamps.
7. Le Pérou n'a gagné aucun de ses sept derniers matches de Coupe du monde (5 défaites, 2 nuls).
Ils ont dit
Didier Deschamps (sélectionneur de l'équipe de France)
Ricardo Gareca (sélectionneur de l'équipe du Pérou)
Notre avis
Sur le papier, ce France - Pérou a tout du tournant. Et dans un virage plus serré qu'il n'en a l'air. Si les Bleus peuvent se qualifier dès jeudi - en espérant un résultat favorable dans l'autre match du groupe -, ils doivent avant tout monter en puissance et se stabiliser en terme de système. Sur le papier, le retour au 4-2-3-1 ressemble à une solution de sécurité. Mais l'inconnue des hommes ne sera pas levée tant qu'on n'aura pas vu la bande à DD évoluer sur le pré de Iekaterinbourg.
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