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Espagne-Russie : Andres Iniesta est-il intouchable ?
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Publié 30/06/2018 à 22:54 GMT+2
COUPE DU MONDE - Andres Iniesta connaît un début de Mondial délicat. Le stratège barcelonais centralise parfois les critiques formulées à l'encontre du jeu de la Roja durant la phase de poules. De là à remettre en cause son statut de titulaire pour le 8e de finale face à la Russie dimanche (16h00) ?
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Il est trop vieux, trop lent, plus assez endurant… Les oreilles d'Andres Iniesta ont sifflé quelques fois depuis le début de la Coupe du monde. Au sein d'une équipe d'Espagne critiquée malgré sa première place dans le groupe B, le héros du Mondial 2010 en prend parfois pour son grade. Oui, Don Andres. L'un des plus grands joueurs de la dernière décennie. Celui qui incarnait la supériorité d'une Roja dominante entre 2008 et 2012. Et qui serait l'une des causes de ses problèmes aujourd'hui.
Le raccourci est rapide. Iniesta peut facilement incarner les maux de cette équipe d'Espagne qui peine à changer de rythme en attaque et souffre d'un repli insuffisant de ses milieux en défense. A 34 ans, il n'a plus tout à fait la même mobilité que par le passé ni la même capacité à répéter les courses. "C'est un footballeur extraordinaire, difficilement égalable, mais manifestement, Iniesta est au crépuscule de sa carrière, affirme ainsi l'ancien gardien international Santiago Canizares dans des propos relayés par L'Equipe. Ce n'est pas une opinion, c'est une constatation."
Un constat qui traduit aussi une tendance. Celle de voir des successeurs pour prendre définitivement le relai d'une génération dorée dont Iniesta est l'un des symboles forts. Les performances et l'impact sur le collectif d'Isco, probablement le meilleur Espagnol depuis le début du tournoi, vont dans ce sens. Mais d'autres joueurs comme Thiago Alcantara ou Koke semblaient aussi devoir profiter de ce Mondial pour prendre plus d'impact. Et patientent encore derrière Iniesta. Ce qui n'est pas sans faire grincer quelques dents.
"Depuis que j'ai 30 ans, j'entends que je suis trop vieux"
Le jugement peut cependant paraitre sévère concernant le nouveau joueur du Vissel Kobe. Iniesta reste un leader technique au sein de la Roja. Et l'un de ses joueurs décisifs. S'il avait commis une erreur technique inhabituelle sur le premier but encaissé face au Maroc, le Barcelonais s'était parfaitement rattrapé dans la foulée en offrant l'égalisation à Isco. Il a rappelé à cette occasion à quel point l'Espagne, toujours en difficulté pour donner ce coup d'accélérateur dans les 30 mètres adverses, avait encore besoin de sa créativité.
Iniesta semble d'ailleurs intouchable aux yeux de ses coéquipiers. Les critiques dont il a pu faire l'objet depuis le début de la Coupe du monde ont été balayées par les joueurs de la Roja. A l'unanimité. "Les mots me manquent pour parler d'Iniesta, a lancé Dani Carvajal avec une admiration non feinte. C'est notre étoile et notre guide.C'est l'un de nos leaders, qui prend les clés quand le match devient compliqué. Il cherche la passe, le tir... il fait un Mondial spectaculaire et j'espère qu'il va continuer ainsi."
Le désormais ex-Barcelonais est particulièrement motivé dans ce sens. En Russie, Iniesta dispute son dernier Mondial. Et il ne va pas se laisser atteindre par les critiques. "Depuis que j'ai 30 ans, j'entends que je suis trop vieux, a lancé le milieu offensif de la Roja en conférence de presse. Je ne suis personne pour reprocher à qui que ce soit ce qui a été dit. Chacun a son opinion. Mais quoi que les autres disent à mon sujet, j'ai toujours essayé de donner le meilleur de moi-même et de faire les choses du mieux possible."
C'est comme cela qu'Iniesta s'est rendu indispensable en équipe d'Espagne. Et qu'il l'est encore aujourd'hui. Pas pour ce qu'il lui a apporté par le passé. Mais bien pour ce qu'il continue de lui offrir, avec sa classe et son talent, sans compter ses efforts. Même à 34 ans, même face à une concurrence terrible dans un secteur surchargé en sélection, Don Andres a gardé sa place de titulaire. Il ne l'a pas volée. C'est surtout qu'il la mérite toujours.
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