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L'antisèche de France-Pérou (1-0) : Ce n’est toujours pas le Pérou, mais…

L'antisèche : Ce n’est toujours pas le Pérou, mais…

Le 21/06/2018 à 19:35Mis à jour Le 21/06/2018 à 21:01

COUPE DU MONDE - L'équipe de France s'est qualifiée pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde grâce à sa courte victoire face au Pérou (1-0), jeudi à Iekaterinbourg. Sur le fond, c'est l'idéal. Sur la forme, il y a encore du travail même si le retour au 4-2-3-1 et l'intensité que les Bleus ont opposé à l'envie péruvienne sont les points positifs de la soirée.

Le jeu : Du très bon, parfois…

Disparu des radars après deux années de bons et loyaux services, le 4-3-2-1 est réapparu plus vite que Didier Deschamps ne l'avait imaginé. Après le raté de samedi face à l'Australie (2-1), le sélectionneur de l'équipe de France a décidé de revenir aux basiques. Au classique. A un détail près : si Olivier Giroud a toute sa place dans ce système éprouvé, c'était moins évident pour Blaise Matuidi, qui a démarré milieu offensif gauche. Sur les phases de replacement, le Bianconero s'est très souvent retrouvé sur une ligne de quatre, à plat. Avec Kylian Mbappé en alter ego, à droite de la pelouse.

Si l'entame a été loin de ce que l'on était en droit d'espérer, les Bleus ont pris le dessus au fil de la première période, jusqu'à se montrer bien au-dessus des Péruviens après l'ouverture du score de Mbappé. Leur mainmise a accouché de belles séquences mais a duré jusqu'à la pause. Au retour, les débats ont été équilibrés et c'est un combat que les hommes de Didier Deschamps ont dû gagner face aux Péruviens.

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Les joueurs : Kanté et Pogba, c'est un grand oui !

On peut mesurer 165 centimètres et être immense. Sur sa lancée de l'Australie, N’Golo Kanté a réussi un match de choix face au Pérou. C'est simple : en plus de régner sur l'entrejeu et récupérer/intercepter/dévier un nombre incalculable de ballons, le milieu de Chelsea a aussi pris ses aises dans l'orientation. Et s'est plus que bien débrouillé. A ses côtés, Paul Pogba a été tout aussi remarquable. Il est à l'origine du but bleu mais ne s'est pas contenté de ça. Il commence petit à petit à ressembler au patron qu'il souhaite devenir.

Olivier Giroud, lui, a rappelé combien il était indispensable et irremplaçable dans ce rôle de pivot qu’il est le seul à pouvoir tenir. Dans le combat, il a également donné le la. Comme Samuel Umtiti en défense. Blaise Matuidi, lui, a peut-être sécurisé le côté gauche mais il a montré ses limites quand il fallait passer la marche avant. Antoine Griezmann, lui, n'est pas encore entré dans son tournoi.

Le facteur X : La folie "blanquirroja"

On n'a jamais vu le public marquer un but. Mais les Péruviens, qui avaient littéralement pris possession du stade de Iekaterinbourg, ont tout fait pour aider les leurs à y parvenir. De la première à la dernière minute, ils ont poussé leur équipe comme jamais. Cela restera une anecdote dans l'histoire du Mondial. Mais il eut été injuste de ne pas leur rendre hommage.

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La décla : Didier Deschamps, sélectionneur des Bleus

" On est qualifié, c'était notre objectif, j'ai une grosse satisfaction par rapport à ce qu'ont produit les joueurs. La première place sera l'objectif pour le 3e match (face au Danemark mardi, ndlr), mais d'abord on va savourer car on a gagné nos deux matches et ce n'est pas le cas de tout le monde."

La question : Le chantier bleu a-t-il avancé ?

Dans une ville qui a vu disparaître une dynastie impériale il y a un siècle quasiment jour pour jour, l'équipe de France a posé la première pierre de l'empire qu'elle souhaite bâtir aux portes de l'Asie, avec des vues sur le monde. Les Bleus ont battu le Pérou (1-0) sans réussir un match qui restera dans les livres d’histoire. Et les voilà d'ores et déjà qualifiés pour les huitièmes de finale, avec un petit point à prendre face au Danemark pour assurer la première place. A part ça, que retiendra-t-on de ce périple oriental des Bleus ? Déjà, que le 4-2-3-1 leur va mieux au teint. Et qu'il y a sans doute mieux que Blaise Matuidi pour animer le couloir gauche.

Mais s'il faut se réjouir d'une chose - qu'il faudra embarquer dans l'avenir et ressortir à Moscou mardi face au Danemark -, c'est ce goût du combat qu'ont enfin affiché les Bleus. Si tout n'a pas été parfait et que seules quelques séquences bien senties sont venues relever une prestation collective juste acceptable, on retiendra que les Tricolores ont mordu dans le ballon. Et fait preuve d’envie. A l'image de Samuel Umtiti, N’Golo Kanté ou Olivier Giroud qui n'ont pas donné leur part au chien quand il fallait mettre le pied et défier les Péruviens. On ne bâtit pas un empire sans fondations solides. Ce jeudi, elles l’étaient un peu plus qu’à Kazan. C’est un premier pas. Un petit. Mais un pas quand même.

Hugo Lloris et Paul Pogba

Hugo Lloris et Paul PogbaGetty Images

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